DARKCELL : quand les ténèbres envahissent l'Europe

Interview | DARKCELL : quand les ténèbres envahissent l'Europe

Julien 17 juillet 2019 Julien

Début 2019, le groupe de metal industriel originaire d'Australie DARKCELL nous livrait via le label darkTunes son nouvel album eponyme, une oeuvre puissante qu'on a largement appréciée et que nous avions d'ailleurs chroniqué pour vous par ici. De retour d'une tournée au Royaume-Uni et d'un passage au Wave-Gotik-Treffen, le chanteur et fondateur du groupe Jesse Dracman a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions afin d'en savoir un peu plus sur le groupe, le nouvel album et les projets futurs de l'horrifique formation.

Votre nouvel album éponyme est sorti en 2019. Comment s'est passé l'enregistrement ? Comment avez-vous géré les collaborations, notamment avec Tim Skold et Lindsay Schoolcraft ?

L'album est sorti en avril, et on n'aurait pas pu être plus contents du résultat final. C'est un album qui nous a poussés dans nos retranchements et nous a amenés à travailler encore plus que sur aucun autre de nos albums sortis jusqu'ici. On avait quelques démos en début d'année dernière, et on a eu la chance de pouvoir en faire écouter quelques extraits à Chris Fehn (ex-SLIPKNOT). Il était très enthousiaste et ses retours nous ont aidés à exploiter davantage notre potentiel. On a fait d'autres collaborations ensuite, avec le rappeur d'horror core KIDCRUSHER, et notre "Frère du Chaos" Jonathan Devoy (FROM LOVE TO VIOLENCE/ex-JERK).

Travailler avec Tim et Lindsay a été un honneur. Skold est un de nos fans et on avait travaillé sur un remix pour lui auparavant, et quand il nous a proposé de bosser sur un titre (Nightrider), c'était trop beau pour qu'on refuse. Quand on a composé le dernier morceau Midnite, je pouvais distinguer un certain type de voix qui collerait parfaitement dessus, et je savais que quelqu'un d'aussi talentueux et passionné que Lindsay saurait donner au titre l'émotion qu'il mérite.

Quels ont été les retours sur l'album, et particulièrement en Europe ?

L'accueil de l'album a été très bon et c'est le meilleur qu'on ait reçu jusqu'ici. L'Europe a clairement apprécié nos sons et c'est exaltant de savoir que nos efforts ont été récompensés et que notre travail a été apprécié par une plus grande audience.

Vous avez rejoint le label darkTunes pour cette sortie. Est-ce que ce changement vous a apporté de nouvelles opportunités ?

Carrément. DarkTunes nous a été d'une grande aide pour atteindre le public européen et gagner en notoriété, et nous a donné la chance de jouer au Wave-Gotik-Treffen cette année.

Vous revenez d'une tournée aux Royaume-Uni. S'agissait-il de votre première en Europe ? Comment le public a-t-il réagi ? Est-ce que l'atmosphère était différente que ce à quoi vous êtes habitués en Australie ?

C'était notre première tournée en Europe, et certainement pas notre dernière. La réaction du public à chaque concert est allée au-delà de nos espérances et cela nous a vraiment aidés à développer notre show davantage. Les européeens aiment la musique et on a été chanceux de recevoir le genre de réponse qu'on a eue. C'est clairement une autre ambiance.

Parlons du Wave-Gotik-Treffen, est-ce que c'était la première fois que vous y mettiez les pieds, même en temps que festivalier ? Est-ce que vous êtes restés toute la durée du festival ? Vous avez découverts des groupes intéressants ? Quels est votre meilleur souvenir de là-bas ?

Oui c'était la première fois qu'on y allait, et c'était une expérience hallucinante. On est restés pendant toute la durée du festival et on a vu pas mal de groupes. On a enfin pu voir LORD OF THE LOST dont on est de grands fans, on a croisé de super groupes comme KILLUS, OMNIMAR et SYNTH ATTACK - qui sont du même label que nous (darkTunes, ndlr), et aussi des groupes interessants d'EBM ou de folk médieval.

Mon meilleur souvenir c'est d'avoir joué devant l'un des plus gros public qu'on n'ait jamais eu et de voir des gens porter nos t-shirts et chanter nos chansons. Quel super sensation de ressentir ça dans cette partie du monde. Le travail acharné et les sacrifices en valaient la peine.

Est-ce que vous avez reçu depuis des offres pour jouer en France dans un futur proche ?

Pratiquement toutes les salles où on a joué veulent nous revoir, et on passera par la France la prochaine fois, c'est sûr.

Un nouveau label Européen, une tournée européenne qui s'achève... Est-ce que vous allez finir par vous installer à Londres ou Berlin, comme beaucoup de musiciens australiens l'ont fait avant vous ?

Haha j'aimerais bien, mais je ne pense pas que ça arrivera. On fait les choses différement des autres groupes, et on préfère suivre notre propre voie. Il y a pas mal de défauts dans l'industrie musicale et on essaye de s'en sortir comme on peut malgré les embûches et d'avancer à notre rythme.

Pouvez-vous nous parler du projet Psycho Circus ? Ce n'est pas souvent qu'un groupe soit également organisateur de festival. Qu'est-ce ça fait de travailler de l'autre côté de la scène ?

C'est un évènement qu'on avait envie de créer depuis un moment, combiner la musique et les arts du Cirque. Les retours de la première édition étaient si enthousiastes qu'on était sûrs d'avoir démarré quelque chose de fun qui donnerait l'occasion à n'importe qui de faire la fête. C'est un travail fait avec le coeur et nous travaillons avec des gens sympas et des groupes de qualité.

Par curiosité, pourquoi avoir changé la typographie de DARKC3LL en DARKCELL ?

Les gens avaient du mal à nous trouver sur internet, donc pour éviter les confusions on a remplacé le 3 par un E. Je préfère la typographie originale (rires) !  Le changement fonctionne cependant et nous sommes simplement ravis que les gens aiment ce que nous faisons.

Vous ouvrirez pour COMBICHRIST au mois d'octobre en Australie. De plus, Postmortem Matt a mixé l'un des titres de leur nouvel album (Broken United). Quelles relations entretenez-vous avec le groupe ?

On est potes ! Je me suis lié d'amitié avec Andy de COMBICHRIST pour qui nous avons déjà ouvert sur nos premiers concerts, il y a un moment déjà. C'est un mec super, il surveille de près ce que nous faisons. Quand il a demandé si on pouvait mixer l'un de ses sons, j'ai dit que Matt était un vrai magicien dans ce domaine, et il a fait ce qu'il fallait sur Broken United.

Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions. Un dernier mot pour vos fans français ?

On se voit bientôt la France, et merci à tout nos fans français qui sont venus nous voir à Londres. Hail !

Interview réalisée le 06 juillet 2019 par Julien