Chronique | My Great Blue Cadillac - Virus

Pierre Sopor 06 septembre 2016

En voilà un nom de groupe qui tranche radicalement au milieu de la scène goth :  MY GREAT BLUE CADILLAC ! Tout de suite, ça dégage un petit quelque chose de retro, ça nous évoque des coupes banane résistant au vent au volant de grosses décapotables rutilantes. Et pourtant, il n'est pas question de rockabilly ici, mais bien de post-punk aux relents industriels, sombre, brut et froid, aux sonorités parfois typées 80's. Le duo français sort avec Virus son premier EP, un 45 tours, sur le label finlandais Fairy Dust Records et qui sera distribué par Manic Depression en France. Tout de suite, ça sonne moins ensoleillé.
Virus s'ouvre sur Away, où l'association d'une basse puissante et accrocheuse et d'une batterie rageuse crée une tension qui n'est pas sans rappeler le CHRISTIAN DEATH de la période Rozz Williams. Ça envoie, les refrains percutent bien et restent en tête, les influences cold et post-punk sont criantes, mais c'est aussi diablement rock'n'roll. Let It Out, après une introduction plus lente où l'ADN d'ALIEN SEX FIEND se laisse deviner, remet une couche de colère spontanée. MY GREAT BLUE CADILLAC nous fait certes éclater ses refrains vindicatifs à la tête, mais le fait avec une certaine décontraction, malgré la colère, malgré le désespoir qui peut se dégager de leur musique, le groove est indéniable. Et pourtant, Virus, le morceau-titre, ralentit le rythme pour mettre une place une ambiance plus poisseuse, plus noire, qui, avec ses percussions et son chant éraillé, rappelle forcément les pistes les plus vicieuses de MINISTRY, malsaines mais à la basse toujours séduisante. Tonight conclue l'EP sur une note plus punk, renouant avec l'énergie et la spontanéité des deux premiers morceaux.
C'est d'ailleurs cette énergie, ce côté brut, direct, qui séduit chez MY GREAT BLUE CADILLAC. C'est cette impression de recevoir de plein fouet les tripes du duo en pleine tête. Car leur musique n'est pas spécialement polie ni raffinée. C'est une décharge d'énergie, quelque chose de parfois sale et rageur mais toujours honnête. Les morceaux sont courts, accrocheurs, on ne tourne pas autour du pot. Virus est efficace, et le duo y affirme une identité forte qui, forcément intrigue. On leur souhaite le meilleur pour un avenir qui s'annonce bien, notamment en première partie de CHRISTIAN DEATH... Et on a hâte d'en entendre plus !