TRIINU nous invite à visiter son Estonie et ses angoisses avec un clip

Pierre Sopor 6 mai 2023

Triinu échappe aux étiquettes : folk, blues, goth... Sa musique emprunte un peu à tout ça avec poésie et extravagance, tout en puisant aussi dans les racines estoniennes de l'artiste. Alors que des violons affolés nous saisissent à la gorge et que d'étranges fantômes semblent poursuivre la musicienne dans son dernier clip, Wasps, celle-ci explique qu'il est ici question de revisiter son pays natal après des années passées à l'étranger, de la culpabilité et de l'angoisse que l'on peut ressentir mais aussi de trouver un moyen de finalement retrouver une certaine sérénité en même temps que ses racines. On vous laisse découvrir le résultat ci-dessous, viscéral, fou et élégant à la fois.

Wasps, c'est une ballade gothique et symboliste. Des guêpes bourdonnent autour du verre de vin d'une jeune femme rongée par l'anxiété et la culpabilité. Trop longtemps loin de son pays, il n'y a plus que la tombe de sa grand-mère qui l'y attend. Dans ce titre fleuve, triinu nous embarque dans un voyage émotionnel, porté par un arrangement navigant entre l’intensité rock du power trio, l’onirisme d’un violon et d’une cithare, et la voix de la chanteuse tiraillée entre anglais et estonien, entre ses racines et son futur.  Le clip de Lucie de Castro-Zaleski et Julie Treboutte souligne ce désir de retour aux sources par un travail autour des photos de l’enfance de triinu dans la campagne estonienne, auprès de sa grand-mère. Par ailleurs, les “wasps”, les guêpes symbolisant l’anxiété, se superposent en animation à l’environnement de l’artiste expatriée en France, loin de son pays natal, poursuivie par les fantômes de ses ancêtres.

Photo de Charles Schneider.