NUL. : un super-groupe qui a beaucoup de choses à dire

Interview | NUL. : un super-groupe qui a beaucoup de choses à dire

Mandah 15 mai 2021 Mandah FRÉNOT Yoann CLOCHON

Ne vous fiez pas à la prononciation française, NUL. est un supergroupe qui réunit trois musiciens déjà connus dans les mouvements visual kei et rock (japonais) avec, et non pas des moindres, le retour de HIZUMI au chant (D'espairsRay), MASATO (defspiral) et Kishi Toshiyuki (abingdon boys school). C'est à l’occasion de la sortie de leur tout premier album, TRIBRID ARCHIVE, que nous avons donné rendez-vous au trio dans un studio situé à Ikebukuro (Tokyo) pour leur poser des questions et les faire poser devant nos cameras.

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Pourquoi avoir décidé un trio ?
Kishi Toshiyuki : Au tout début, HIZUMI et moi pensions monter un projet ensemble. Seuls, tous les deux. Lui en tant que vocaliste et moi en tant que programmeur. C’est ainsi que tout a commencé. Nous avons ensuite ressenti que quelque chose manquait, un guitariste en l’occurrence. Rajouter un bassiste et un batteur nous semblait trop banal. Être trois nous semble suffisant et nous démarque du reste. 
HIZUMI : Il est courant que les groupes de rock soient formés autour de quatre ou cinq personnes. C’est plus ou moins la norme, n’est-ce pas ? J’ai donc trouvé intéressant de monter un trio car c'est peu commun. C’est nouveau et cela représente un défi. L’avantage est que chacun de nous trois maîtrise des choses différentes. Nous pouvons faire la plupart du travail sans l’aide de personne. Chacun possède ses propres points forts. Je pense que notre musique jouit de ces différentes forces. L’inconvénient est que, comparativement aux autres groupes, la charge de travail est plus conséquente (rires). 

D’où vient le nom de NUL. ?
HIZUMI : Je me souviens que le nom m’est apparu alors que je marchais dans la rue. J’ai pensé que ça sonnait bien, je ne connaissais pas sa réelle signification. J’ai donc fait mes recherches et pensé que la définition s’appliquait bien au groupe. Cela veut dire : partir de rien. Recommencer à zéro était éreintant et dur et à la fois très excitant et motivant. Cela veut également dire que notre état d’esprit, notre univers ne s’applique à aucun autre groupe. Et je me suis dit que pour un groupe qui veut créer quelque chose de nouveau, c’était parfait.
Kishi Toshiyuki : J’ai décidé ensuite de styliser le nom et d’ajouter un point. 

Comment vous êtes-vous formés ?
Kishi Toshiyuki : J’ai produit des albums de D’espairsRay. Cela fait donc un petit moment que nous sommes potes, HIZUMI et moi. Quand il a cessé ses activités avec le groupe, nous sommes restés en contact. Nous avons continué à nous voir, à aller boire des verres ensemble (entre autres). Pendant ces sorties, nous avons pas mal discuté de musique et notamment du fait qu’il serait vraiment cool de faire quelque chose ensemble, juste pour le plaisir. Au tout début du projet, nous n’étions donc pas très sérieux. Nous étions simplement deux amis avec une envie commune : faire de la musique pour leur propre plaisir. Nous ne pensions pas amener ce projet aux yeux et oreilles du public. Mais plus nous nous voyions, plus nous buvions d’alcool, plus nous voulions officialiser notre projet. C’eût été un beau gâchis de garder cela pour nous (rires). 

Comment avez-vous été amené à travailler avec MASATO ?
HIZUMI : Je suis un ami intime de MASATO. Cela fait un bon petit bout de temps maintenant que l’on traine ensemble. Nous nous voyons de temps en temps pour prendre des photos. On aime tous les deux la photographie. Durant ces sorties en extérieur, nous parlions de musique et évidemment, je lui ai parlé de mon projet musical. Je lui ai dit avoir besoin d’aide avec les parties de guitare. Il était prêt à m’aider. Mais j’étais un peu embarrassé par ma requête car je savais qu’il était déjà occupé avec son groupe principal. Je ne savais pas non plus s’il serait intéressé de rejoindre NUL.. Finalement, il a accepté et j’en suis vraiment heureux. C’est ainsi que le groupe est né. 

MASATO, comment as-tu vécu cet épisode ?
MASATO : HIZUMI et moi sommes très bons amis. Notre amitié est née il y a des années, pendant la tournée « 2008 Rockstar Taste of Chaos festival » en Amérique. HIZUMI officiait alors  pour D’espairsRay et moi, j’étais le guitariste du groupe The Underneath. Nous n’étions pas encore très proches à l’époque. Mais tourner ensemble un mois, dans un pays étranger, nous a rapprochés. Nous sommes ensuite retournés au Japon et notre amitié s’est renforcée. Nous avons pris conscience de nos nombreux points communs, nous nous entendions vraiment bien et du coup, je lui ai dit « si tu veux faire un jour de la musique ensemble, je suis carrément chaud ». Finalement ce jour est arrivé. Quand il m’a proposé de rejoindre son projet, j’étais plus qu’heureux.

Quel est le but du groupe sur le long terme ?
HIZUMI : Nous n’avons pas de but sur le long terme. Mais je crois qu’on peut tous s’accorder sur le fait que notre objectif actuel est de tourner un peu partout dans le monde. A cause de la crise sanitaire globale actuelle, on ne peut être vraiment sûr de ce qu’il adviendra. J’espère qu’on pourra tourner assez rapidement. 
Kishi Toshiyuki : Je suis d’accord. Tourner est mon objectif premier également. 
MASATO : Mais c’est un réel problème. Depuis que nous avons sorti notre premier album, nous n’avons pas eu la chance de tourner. On a pu donner qu’un seul concert avec public, et deux autres en streaming, sans public. Cela ne le fait pas du tout ! J’espère que nous pourrons monter sur scène ensemble rapidement. C’est mon souhait le plus sincère. 

J’espère que vous pourrez tourner rapidement.
Pour ceux qui n’ont pas encore écouté l’album, comment le décririez-vous?

HIZUMI : Je pense qu’il est un mélange de nos expériences passées avec nos ex-groupes ou nos groupes respectifs. Mais parce qu’il est le fruit d’un nouveau groupe avec différents membres en son sein, je crois que nous avons réussi à créer quelque chose d’unique. Avec cet album, nous ne nous sommes pas reposés sur nos lauriers. Nous avons vraiment essayé de ne pas compter sur nos réussites passées. Je crois fortement que NUL. a sa propre identité, son propre univers dans lequel j’aimerais que les gens s’immergent. 
Kishi Toshiyuki : Quel genre faisons-nous selon toi Mandah ?
Mandah : Je ne veux pas vous mettre une étiquette sur le groupe mais je crois que votre musique s’apparente au rock industriel.
Kishi Toshiyuki : Oui, je crois bien. Pour le moment, nous faisons de la musique rock indus. Mais nous ne savons pas ce que nous ferons dans le futur. 

Combien de temps cela a-t-il pris en tout pour finir l’album ?
HIZUMI : Beaucoup trop de temps (rires). Du tout début de l’enregistrement au produit final, une année et demi s’est écoulée.
Kishi Toshiyuki : Ouais, malheureusement. Nous avions bien prévu d’enregistrer l’album et de le présenter au public en l’espace d’une année mais à cause du virus Corona, nous avons reporté beaucoup de choses au niveau de l’organisation.  

CORONA a-t-il eu un autre impact sur le groupe ?
MASATO : Nous avons tout fait en ligne. Nous ne nous sommes pas vus physiquement. Nous avons enregistré nos parties séparément à la maison. Une fois terminées, on s’envoyait des e-mails dans le but d’avoir des retours pour perfectionner ces dites parties. Nous avons procédé de cette manière du début à la fin. 

Quel était votre processus créatif exactement ?
Kishi Toshiyuki : Pour ma part, tout est une question d’inspiration. Je peux puiser celle-ci dans un riff de guitare, un battement rythmique d’une batterie ou encore une mélodie d’un refrain. Je construis ensuite le morceau à partir de là. Je ne sais jamais ce que la chanson finale deviendra. Mon approche est très spontanée et dépend grandement de mon inspiration sur le moment. Je construis tout en même temps à partir d’une toute petite source d’inspiration. C’est ainsi qu’est mon mode de création. 
MASATO : En ce qui me concerne, je décide d’abord le genre de morceau que je veux créer. Je décide toujours de l’atmosphère d’une chanson avant d’essayer de la composer. Est-ce que je veux quelque chose de joyeux, lumineux ou triste, sombre ? Ensuite je la compose d’une traite comme Kishi. Je lui envoie le morceau en question. Par le biais de quelques échanges e-mails, nous en discutons jusqu’à ce que nous en soyons satisfaits

Avez-vous des anecdotes sur l’enregistrement de l'abum ?
HIZUMI : (longue pause) En fait, ce n’est pas que nous ayons quelque chose à cacher, c’est juste que nous n’avons aucune histoire à raconter. Comme nous l’avons dit précédemment, nous avons tout fait en ligne à cause du virus qui court et par conséquent, nous ne nous sommes pas vus en personne.

Pensez-vous que Corona ait eu un impact sur le son de l’album ?
HIZUMI : Ouais, très probablement. Si nous n’avions pas fait tout en ligne, le résultat aurait été complètement différent, non ? Peut-être a-t-il eu une influence positive ? C’est étrange d’utiliser le terme "positif" dans ces circonstances. Travailler en ligne a des avantages parce que cela permet aux personnes concernées d’harmoniser leurs emplois du temps. J’espère en revanche que nous aurions la possibilité d’enregistrer le prochain album ensemble dans un studio d’enregistrement. 
Kishi Toshiyuki : En ce qui me concerne, cela ne changera pas ma façon de créer des chansons ni ma façon de produire de la musique en général. Je travaille la majeure partie du temps seul. Le problème que l’on a eu était que cela nous a été imposé et le fait de ne pas pouvoir se voir faisait traîner en longueur la création des morceaux. Nous n’avions pas de date butoir. Je pense que la conséquence de cela était l’altération de notre propre jugement. C’était l’aspect négatif de la création de l’album. J’espère que le prochain album sera plus simple à faire et aussi qu’on aura la possibilité de se voir pour décider ensemble des dates importantes. 

Le titre de l’album est un mot inventé, "tri" qui signifie "trois" et "brid" de "hybrid" (anglais), qui signifie unique. Ai-je raison ? Si non, que signifie TRIBRID ARCHIVE ?
MASATO : Ouais !
HIZUMI : C’est exactement ça (sourit).
Kishi Toshiyuki : Félicitations (rires) !
HIZUMI : En fait, nous voulons vraiment mettre l’emphase sur le fait que nous sommes 3. Comme tu l’as dit précédemment, être 3 nous diffère des autres car c’est peu commun. J’ai fait le design de la pochette, j’ai essayé d’appuyer le fait que nous sommes un trio. C’est la raison pour laquelle j’ai utilisé un triangle sur l’artwork. Un triangle a trois angles mais reste une même unité.

Comment est-ce que vos collègues de D’espairsRay, abingdon boys school et desfpiral ont-ils réagi à NUL. ?
Kishi Toshiyuki : Je n’ai pas encore eu d’écho (rires).
HIZUMI : Pareil ici, je n’ai rien reçu pour le moment. Mais je pense qu’on ne recevra rien du tout de toute façon. Quand les groupes se rencontrent, ils ne discutent pas de la musique de chacun. Enfin, nous ne donnons jamais un avis sur celle-ci. 
Kishi Toshiyuki : Il y a beaucoup de jalousie et d’envie dans ce milieu (rires). 
HIZUMI : Ouais, il peut être difficile de ne pas se comparer, comparer nos musiques respectives, qui nous sommes, avec les autres. Ces sentiments sont si insidieux et destructeurs dans la mesure où tu peux finir par souhaiter l’échec aux autres. Donc je pense que c’est pour cela que nous parlons pas de nos musiques. 
Kishi Toshiyuki : Et toi MASATO, tu as parlé de la musique de NUL. aux mecs de defspiral ?
MASATO : Je leur ai donné le CD mais je n’ai jamais eu de retour. Je sais simplement de manière certaine qu’ils l’ont écouté.
Kishi Toshiyuki : En fait, je l’ai offert à HOTEI il y a petit moment. Il l’a écouté attentivement et m’a envoyé un long retour par e-mail avec les points positifs et négatifs. Il m’a donc bien donné son point de vue personnel. Je ne vais pas m’éterniser sur le sujet. Tout ce que je peux dire c’est que le mail était globalement très positif. Il m’a dit qu’il aimait beaucoup le disque et que j’avais fait du bon travail. J’en suis heureux (sourit). 

J’en suis sûre.
Le groupe a donné son tout premier concert au Shibuya REX en août 2019. Comment était-ce ?

HIZUMI : Tout est passé beaucoup trop vite. Honnêtement, je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait autour de moi. Je ne me suis pas laissé autant aller que je l’espérais. Au moment où j’ai réalisé que les tests son étaient finis, je devais monter sur scène. Avant que je m’en rende compte, le concert touchait à sa fin. Évidemment, ce fut un moment génial. Mais j’ai l’impression que cela a duré le temps d’un battement de cil. Le temps passe vite quand on s’amuse. J’ai vraiment eu l’impression d’une seconde. J’ai tellement hâte de partir en tournée. Pouvoir chanter de nouveau était exceptionnel, et en particulier aux côtés de deux amis très chers à mon cœur. 
Kishi Toshiyuki : En ce qui me concerne, avant le concert, j’attendais beaucoup de nous sur scène. J’aurais aimé que l’on donne bien plus. Peut-être avais-je trop d’attentes ? J’étais vraiment très excité quant à ce concert, je voulais tout donner. Je ne me sens aucunement déçu en revanche. J’ai ressenti un réel plaisir et sentiment d’accomplissement. Créer quelque chose de zéro, l’apporter au public est quelque chose de merveilleux. Mais je crois que l’on aurait pu donner deux fois plus de nous-mêmes. 
MASATO : Il y avait de nombreux fans d'HIZUMI devant la scène. Ils et elles étaient très certainement de fidèles fans de D’espairsRay. Quand HIZUMI est arrivé sur scène, leurs visages se sont illuminés. Ils et elles avaient l’air tellement heureuses de le voir de retour après 8 ans d’ absence. J’étais moi-même très heureux de pouvoir voir cela. J’en garde un souvenir merveilleux. J’espère que l’on pourra tourner rapidement mais la santé et bien-être des gens est ce qui importe le plus. La tournée peut attendre. 
HIZUMI : Quel mec sérieux tu es (rires).

Comment étaient les concerts sans public que vous avez donnés ?
Kishi Toshiyuki : C’est clairement différent et cela représente un nouveau défi. Mais nous savons que la performance sera suivie et cela rend l’expérience quasiment similaire à un concert physique. Je veux dire que ce n’est pas comme si le public était absent, c’est juste qu’il n’est pas au même endroit que le groupe. Les gens sont physiquement présents ailleurs. On est tous présents dans des lieux différents.
HIZUMI : C’est différent mais pareillement génial. 
MASATO : Pour moi personnellement, j’ai eu l’impression de tourner un clip vidéo. Il n’y avait pas de public physiquement présent mais il y avait une tonne de techniciens. Mais bon, nous savions que les gens étaient là quelque part et du coup, nous avons tout donné. 

HIZUMI, tu avais mis un terme à ta carrière musicale il y a 8 ans à cause de soucis vocaux, tu es maintenant de retour. Comment va la santé ?
HIZUMI : Je vais beaucoup mieux mais je ne suis pas totalement guéri. Je suis toujours un traitement pour ma condition. J’ai une routine particulière et prend soin de ma voix quotidiennement. J’ai quitté le monde de la musique à cause de celle-ci et pendant un petit moment, j’ai haï chanter parce mes symptômes faisaient leurs siennes. Mais comme je l’attendais, j’étais très nostalgique quand j’allais voir les amis en concert. Je suis bel et bien de retour maintenant et j’en suis heureux. Je suis aussi très reconnaissant du fait que certaines personnes aient attendu mon retour sur le devant de la scène. Je suis désolé que cela ait pris du temps mais j’avais peur de causer des problèmes auprès de mes potes. 

Ta manière de chanter a-t-elle changée ?
HIZUMI : Ma façon de chanter n’a pas changé. Je chante toujours de la même manière. La musique que nous créons avec NUL. correspond à ce que je peux faire vocalement. Je pense que je m’essayerai à de nouveaux styles dans le futur, non pas parce que je souffre d’une maladie, mais parce que j’ai envie d’explorer de nouveaux horizons.

MASATO, tu es actuellement en pleine tournée avec defspiral. Comment se passe t-elle ?
MASATO : Tout se passe à merveille. C’était un petit peu bizarre au début car, à cause de Corona, on a dû suspendre la tournée. On a finalement pu reprendre en 2021. Cette une tournée qui célèbre notre dixième anniversaire. C’est un événement spécial. J’ai pu ressentir tout l’engouement et la joie du public. Je suis si reconnaissant d’avoir pu contribuer au groupe pendant dix années. Je suis très reconnaissant du soutien des fans. 

HIZUMI et MASATO, vous postez des photos intéressantes sur Instagram. Aimez-vous la photo ?
MASATO : Merci beaucoup. Cela m’embarrasse un peu. Cela fait un petit moment que je n’ai posté quelque chose d’intéressant. Mais sinon oui, HIZUMI et moi adorons la photographie. On avait même l’habitude de sortir pour prendre des photos ensemble. J’utilise un Olympus OM-D. Ce n’est pas un appareil plein format. Je déteste les machines lourdes. La taille et le poids de cet appareil sont parfaits pour moi. J’essaye de faire de mon mieux avec (rires). Quand je prends des photos, j’aime avoir avec moi tout mon matériel est c’est la raison pour laquelle j’achète des choses très légères. 
HIZUMI : Moi, j’utilise un Nikon D610 qui est un appareil plein format. J’ai plein d’objectifs mais tout ce matériel est très lourd, ce qui est assez chiant. Contrairement à MASATO, je n’aime pas tout prendre avec moi. On est différents en fait (rires).

Aimiez-vous la photo avant de vous rencontrer ?
HIZUMI : Oui, nous aimions la photographie avant de nous rencontrer. J’avais un Olympus d’ailleurs. J’avais choisi cet appareil photo pour son poids léger et parce qu’il est simple d’utilisation surtout quand on peut prendre quelque chose à la va vite. Plus mon intérêt grandissait, plus je devenais sérieux. C’est le moment où j’ai décidé de changer d’appareil, j’ai donc acheté un Nikon. Je voulais un appareil plein format. 
Kishi Toshiyuki : Je suis pas un grand photographe mais je le dis rapidement comme vous abordez le sujet, je suis chez Sony (rires).

Et moi, j’utilise un iPhone (rires).
Quel genre de photos aimez-vous vous prendre ?

MASATO : J’aime les jolis paysages. Ce n’est que très récemment que je me suis mis au portrait. J’aime tout en fait, tous les genres de sujet.
HIZUMI : Moi, j’aime la nature également mais en rajoutant une touche de fantastique.
Kishi Toshiyuki : A propos, les photos à l’intérieur du livret de l’album ont été prises par eux.

Super, je ne savais pas !
Kishi, tu es impliqué dans différents projets très variés. Aimes-tu être autant occupé ?

Kishi Toshiyuki : En réalité, je n’aime pas être si occupé. C’est vrai que je le suis mais c’est c’est malgré moi. Ce qui accapare mon temps actuellement est la musique de jeux-vidéo. Il y a longtemps, j’ai proposé mes compositions à une compétition de musique de jeux et j’ai été retenu. J’ai rencontré une personne qui m’a ensuite offert du travail. C’était pour un jeu Dragon Ball.

En quoi est-ce différent de composer une musique pour un jeu-vidéo et un groupe dont tu fais partie ?
Kishi Toshiyuki : il n’y a pas de réelle différence. Enfin, j’aime les deux. Dragon Ball est assez similaire à un groupe de rock, car quand la musique accompagne une scène de combat, elle doit être rythmé et rapide. La grande différence est que je dois penser à l’instrument qui prendra le dessus sur le reste. Dois-je mettre en avant la voix ou la guitare ? C’est là où réside la plus grande différence. Cela dit, ces deux exercices sont aussi difficiles l’un que l’autre (rires). 

Mis à part le fait de ne pas pouvoir tourner pour le moment, Corona a-t-il influencé d'autres parties, aspects de vos vies ?
MASATO : Mis à part le fait que nous ne pouvons pas donner de concert, Corona a aussi eu de l’influence sur la musique que j’écoute. Parce que j’ai plus de temps seul à la maison, j’ai saisi cette chance pour découvrir de nouvelles choses et élargir mes horizons. Avant je n’écoutais que des chansons violentes ou agressives. Maintenant j’écoute de tout, même de la musique plus douce et joyeuse. 
HIZUMI : C’est super cool mais j’espère que tout revienne à la normale rapidement. Je suis assez pessimiste sur le sujet. Les gens vont avoir du mal à faire confiance de nouveau aux groupes foules. En ce qui me concerne socialiser me révulse maintenant. J’ai l’impression que l’épidémie est en train de redéfinir nos peurs et le futur est incertain. Je suis sûr que cette situation va durer quelques années... (soupire). Qui viendra aux concerts ? 
Kishi Toshiyuki : Je ne suis pas si pessimiste. Les choses reviendront à la normale dans quelques temps. Les gens viendront aux concerts encore et toujours car la musique est grande et puissante.