[Cinéma] Montrer l'indicible : Lovecraft et le cinéma

Culture | [Cinéma] Montrer l'indicible : Lovecraft et le cinéma

Pierre Sopor 26 mai 2020

Maître du fantastique, le célèbre misanthrope de Providence a inspiré de nombreux auteurs et continue de hanter les cauchemars fiévreux de certaines des plus célèbres plumes du genre (Alan Moore ou Stephen King, pour ne citer qu'eux). On peut trouver du Lovecraft décliné à toutes les sauces : musique, jeux vidéo, jeux de rôle, goodies divers et variés dont le mercantilisme affolerait probablement l'auteur de l'Appel de Cthulhu, et, bien entendu, cinéma.

Cet article peut être vu comme la suite de celui que nous avions consacré à l'auteur (visible ici), sans mentionner le cinéma, dont les grands studios sont étrangement frileux quand il s'agit de toucher à son oeuvre, eux qui aiment tant acheter les droits de tout ce qui cartonne pour en proposer multiples déclinaisons (la difficulté d'adapter des récits courts et l'aura sulfureuse d'un raciste notoire doivent y être pour quelque chose). Jamais démodé, Lovecraft a pourtant été décline par de nombreux films, souvent loin de la grande machine hollywoodienne, et laissait planer son ombre encore très récemment : trois films sortis fin 2019 portent sa marque de manière plus ou moins explicite (Underwater, The Lighthouse et Color Out of Space), et la mort récente du génial Stuart Gordon, réalisateur de Re-Animator (1985), From Beyond (1986), Castle Freak (1995), Dagon (2001) ou encore Dreams in the Witch House (2005) était le prétexte idéal pour se replonger dans une oeuvre qui a régulièrement puisé son inspiration chez l'écrivain. Mais comment concrétiser visuellement l'indicible, l’innommable, ou toute chose qu'un esprit sain ne saurait concevoir ? Comment différents réalisateurs ont cherché à retranscrire en image des histoires, souvent courtes, et dont la saveur vient notamment du caractère mystérieux des descriptions ? Les résultats sont multiples, variés, inégaux, parfois géniaux, parfois catastrophiques et cet article ne pourrait pas tous les recenser, évidemment. Plus qu'une liste ou une énumération, cet article essaye donc de présenter ce qui fait qu'un film est "lovecraftien".

Une adaptation doit-elle respecter l’œuvre d'origine à la lettre ? On tranchera rapidement : non, bien sûr. Une transposition servile d'un moyen d'expression est un acte à la fois paresseux et dénué de point de vue et bien meilleurs sont les films qui ont su saisir et s'approprier une partie de l'essence d'un récit lovecraftien pour en offrir une relecture pertinente. La qualité d'un film ne se juge donc pas à la fidélité du décalquage et c'est pourquoi certaines oeuvres évoquées plus bas s'affranchissent parfois largement des écrits d'origine.

Atmoshpère, atmosphère...

Et si tout était, avant tout, question d'ambiance ? Et comment caractériser une atmosphère lovecraftienne ? N'ayant pas vraiment voyagé autrement qu'en rêve, il est impossible de séparer l'auteur de sa région, la Nouvelle-Angleterre. Terre de sorcières, de forêts, bordée par l'océan Atlantique et au climat froid et humide, c'est le décor parfait pour les horreurs glaçantes, cosmiques ou non.

Des films ont su saisir cet esprit. Ce ne sont pas ceux ayant eu le plus d'argent, bien au contraire, et le lien est évident : quand on n'a pas de billets à gaspiller dans de gros monstres, on travaille l'ambiance. Allez demander à Roger Corman qui, en plein milieu de son magnifique cycle consacré à Poe, adapte Le Cas de Charles Dexter Ward en 1963 sous le titre The Haunted Palace (La Malédiction d'Arkham), a priori la première adaptation d'une nouvelle de Lovecraft. Expert de la débrouille, Corman sait faire beaucoup avec trois fois rien et beaucoup de fumée. Ajoutons à cela l'inimitable charme de Vincent Price en protagoniste hanté et tourmenté et l'on obtient un bijou de cinéma fantastique gothique, sublimé par des maquillages à l'étrangeté dérangeante. Les mutations défigurant les habitants d'Arkham sont inquiétantes, poisseuses, et l'influence d'une ancienne divinité sur le corps et l'esprit est palpable. L'univers de Lovecraft est ici associé à celui d'Edgar Allan Poe et, loin d'affaiblir l'ensemble, l'alchimie fonctionne parfaitement : les décors noyés dans la brume, la dégénérescence, la folie, la solitude, le désespoir et les vieilles malédictions ont été faits les uns pour les autres.

Économie de moyens toujours avec L'Appel de Cthulhu, adaptation fidèle de la plus célèbre nouvelle de Lovecraft, réalisé par Andrew Leman en 2005. Conscients que trop en dire et trop en montrer serait préjudiciable à l'ambiance du film, mais aussi contraints par un budget rikiki, les producteurs du film ont opté pour une adaptation à la manière d'un film expressionniste des années 20. Muet, en noir et blanc et en 4:3, il reprend donc les codes contemporains de Lovecraft. Ses forts contrastes, l'accent mis sur les regards des personnages et les perspectives tordues du cinéma expressionniste embrassent à merveille les angles impossibles de la cité engloutie de R'lyeh et le film nous réserve même une apparition convaincante de Cthulhu.

Bien que cette adaptation de L'Appel de Cthulhu soit relativement récente, en adoptant une esthétique vieille d'un siècle, elle s'ancre dans une époque où le cinéma n'avait pas le même rythme qu'aujourd'hui, ni les mêmes moyens. La lenteur et la suggestion sont propices à installer l'atmosphère que l'on attend de l'univers de Lovecraft. Mais il faut aussi de la folie dans un récit lovecraftien : au-delà du jeu admirable du légendaire Vincent Price, certains films ont su retranscrire un sentiment de démence bien particulier, osant parfois aller à contre-courant des nouvelles qu'ils adaptent.

La Folie

On peut perdre l'esprit de tant de façons différentes, pourquoi se priver ? Il n'y a pas besoin de chercher bien loin : The Lighthouse de Robert Eggers est un chef d’œuvre malade mettant en scène deux personnages perdant pied peu à peu. Il ne s'agit pas d'une adaptation de Lovecraft à proprement parler, mais avec son contexte (la Nouvelle Angleterre à la fin du XIXème siècle), l'omniprésence de la mer (ainsi que quelques tentacules) et la fascination mystérieuse exercée par la lumière du phare sur les deux personnages, il s'agit bien d'un grand film lovecraftien. Cadre serré, corps qui ne respirent pas, regards hagards d'acteurs littéralement possédés qui glissent petit à petit vers la démence et l'horreur hallucinée : le cauchemar que nous offre Eggers est unique. On vous en parlait plus en détails par ici.

Dire de Richard Stanley qu'il est "plus sage" peut sembler paradoxal, mais pourtant c'est bien le cas : sa version de Color Out of Space n'a peut-être pas le même impact que le film d'Eggers mais réussit pourtant à installer une atmosphère mystérieuse (les arbres, le calme apparent...) tout en nous attachant à des personnages solidement caractérisés et bien joués. On reconnaît néanmoins la singularité de l'auteur qui, déjà en 2011 signait avec The Mother of Toads, un des segments de l'anthologie The Theatre Bizarre, un film où il était question d'une vieille sorcière isolée et du Necronomicon. Dans Color Out of Space, Nicolas Cage élève des alpagas. Pourquoi pas ? La dernière partie du film, elle, nous plonge dans une démence hystérique alors que nos rétines sont massacrées par des flash d'un rose étrange et que Cage erre, halluciné, entre quelques créatures monstrueuses particulièrement réussies. Ce jeu formel pour signaler le dérèglement des lois physiques peut diviser, et il n'est pas interdit de regretter que la fameuse couleur tombée du ciel se retrouve trivialement transposé en un rose chatoyant, là où Die Farbe (2010) optait pour le noir et blanc... Mais était nettement moins divertissant et sympathique que le film de Stanley peut-être la meilleure adaptation d'une nouvelle qui a été portée à plusieurs reprises au cinéma.

Arrivé à ce stade, on ne peut décemment pas continuer sans s'attaquer à Re-Animator. Herbert West, réanimateur se retrouve transformé en un délire gore totalement dingue par Stuart Gordon, qui n'hésite pas à sacrément bousculer Lovecraft. Non seulement il y a des hordes de zombies, des têtes coupées qui parlent et des intestins qui jaillissent de corps réanimés, mais Gordon sexualise à outrance le travail d'un auteur chez qui les femmes sont absentes et les personnages toujours très chastes. Il y a de la romance dans Stuart Gordon, il y a des gens tout nus et il y a même un viol particulièrement déviant. Pire : on y rit beaucoup. Du cul et de la comédie chez Lovecraft ? Pourtant, s'il n'est franchement pas question de suggestion, Re-Animator est une merveille et l'une des plus marquantes adaptations de l'auteur : Dagon, du même Gordon, bien plus docile, est ainsi bien moins mémorable malgré des qualités certaines. Turbulent, Gordon réussi quand même à saisir cette démence, qui explose dans une dernière partie dantesque. Le contexte scientifique, fréquent chez Lovecraft, y fait beaucoup... Mais l'interprétation de Jeffrey Combs en Herbert West est le clou du spectacle. Grimaçant, boudeur, il est incroyable. Surtout, son personnage obsédé par sa quête, misanthrope, reclus, insensible et arrogant est le personnage lovecraftien idéal. Il revient d'ailleurs dans From Beyond et Castle Freak, du même réalisateur, ou The Lurking Fear de Joyner (1994) et finit par être tellement associé à cet univers qu'il campera même Lovecraft himself dans l'inégal film à sketch Necronomicon.

Tentacules, capuches et bouquins bizarres : lâchez les Gloumoutes !

C'est bien gentil tout ça, mais quand est-ce qu'on parle de bestioles, de monstres, de gloumoutes, de créatures, bref, de tentacules ? Les pauvres poulpes sont, de manière bien caricaturale et limitée, associés à un univers trop souvent réduit à un unique dieu, un bouquin étrange et des cultistes encapuchonnés. Certes, Cthulhu assassine Justin Bieber dans un épisode de South Park, et on l'en remercie, mais limiter Lovecraft à ces quelques éléments est le meilleur moyen de se planter. Ainsi, la présence de Cthulhu dans Underwater (2019), sous-Alien moyen vitaminé dans lequel on ne voit pas grand chose, ne suffit pas à en faire un "film lovecraftien" convaincant. Les acharnés voulant tout voir sur le sujet pourraient ainsi s'infliger le ridicule double-téléfilm Le Territoire des Ombres (2009-2010) qui, en plus d'être visuellement hideux souffre d'une écriture grotesque et stupide, sorte de fourre-tout idiot du fantastique dans lequel Bram Stoker et Aleister Crowley font du spiritisme en buvant de l'absinthe pendant que des types en capuche invoquent Cthulhu. Présenté comme ça, on peut trouver ça drôle. Mais l'ensemble dure trois heures et la vie est bien trop courte pour subir ce truc. En vrac, on pourrait aussi évoquer l'inoffensive et vite oubliée comédie horrifique Grabbers, et ses tentacules buveurs de sang que l'on combat en se bourrant la gueule, ou tout simplement mentionner tous les films utilisant le Necronomicon, du merveilleux Evil Dead (1981) à l'insupportable Deathgasm (2015) et ses métalleux abrutis en passant par les déviances erotico-horrifiques de Jess Franco avec Necronomicon (1968) ou l'improbable Détective Philipp Lovecraft (1991) de Martin Campbell, sorte de mélange entre polar, univers lovecraftien et Roger Rabbit plus soporifique que charmant.

Et puis il y a les films qui réussissent à avoir non seulement des monstres magnifiques, terrifiants et glorieux mais, en plus, nous racontent quelque chose. The Thing de John Carpenter (1982), remake de La Chose d'un Autre Monde (1951), adapté d'une nouvelle de John W. Campbell, est peut-être le meilleur film lovecraftien de l'histoire du cinéma. On en valide déjà le décor : une expédition scientifique en Antarctique, continent pour lequel Lovecraft exprimait sa fascination et sa répugnance dans Les Montagnes Hallucinées, un vaisseau extra-terrestre... et surtout, un climat de paranoïa terrible (le film sort en pleine Guerre Froide). Exploration scientifique, terreur cosmique corrompant les hommes qui y ont affaire : jusqu'à son final ambigu, The Thing est un chef d'oeuvre. Mais aurait-il eu le même impact sans les incroyables effets spéciaux de Rob Bottin ? Sans la moindre image de synthèse, il donne vie aux pires cauchemars. Les corps se transforment sous nos yeux, des membres poussent et la créature prend plusieurs formes : insaisissable, polymorphe et pluriel, elle est l'incarnation du mal absolu, inarrêtable, insidieux et invincible. Des créatures cauchemardesques hallucinantes, Carpenter nous en offrira d'autres avec l'incroyable L'Antre de la Folie. Pas d'adaptation directe cette fois, mais un climat de fin du monde inspiré aussi bien par Lovecraft que Stephen King où il devient impossible de différencier la folie du réel.

La question des cultes, elle, est plus difficile à aborder. A quel moment un film avec une secte bizarre devient un film lovecraftien ? Quelques rites terrifiants,  l'influence d'une divinité très ancienne et une réalité qui se délite devraient faire l'affaire. The Endless (2017), petit ovni minimaliste au budget dérisoire signé Justin Benson et Aarom Moorhead, s'approprie intelligemment le genre. Moins finaud et plus rentre-dedans, The Void de Jeremy Gillepsie et Steven Konstanski (2016) nous plonge dans une descente aux enfers violentes et très sombre. Effets gores et mystères cosmiques sont de la partie. Des films comme Midsommar, The Wicker Man ou The Ritual s'approchent plus de l'horreur païenne que de l'épouvante glacée de Lovecraft.

S'il est un grand film dont on aurait adoré pouvoir parler, c'est bien Les Montagnes Hallucinées de Guillermo Del Toro, spécialiste des projets alléchants avortés. Réalisateur amoureux de monstres au sens large, lil a longtemps essayé d'adapter cette fameuse histoire, sans succès. Trop ambitieux (et donc trop cher) pour un film qui aurait été interdit aux mineurs aux Etats-Unis, le projet a finalement été abandonné. Les plus optimistes pourraient croire que le succès commercial et critique de La Forme de l'Eau ait redonné une chance au film d'exister, mais c'est bien peu probable. Dommage, le sens visuel et la poésie de Del Toro auraient probablement fait des merveilles.

Des découvertes interdites

Enfin, il est un thème récurrent chez Lovecraft : les découvertes scientifiques au sens large. C'est peut-être parce qu'il ancrait ses histoires dans des contextes souvent très réalistes et tangibles d'un point de vue scientifique qu'elles sont aussi terrifiantes. On a souvent dépeint l'auteur comme opposé au progrès, et ça transparaît de manière évidente dans ces histoires.

Lovecraft a peur. Il a peur de la mer, il a peur des étrangers, il a peur de l'Inconnu en général. Des hommes partent explorer le Pôle Sud ? Il écrit Les Montagnes Hallucinées. Chez Lovecraft, il ne fait pas bon repousser les limites de ce que l'on connaît car on ne sait pas ce que l'on pourrait découvrir.

Le film de savant fou repose sur des ficelles connues : on a déjà tous entendu cette histoire du médecin génial et mégalo qui défie les lois de l'univers et se retrouve finalement sévèrement puni (car n'oublions pas qu'il ne fait pas bon déconner avec le boulot du Créateur). Discours moralisateur ou risques inhérents pris par ceux qui dépassent les limites de leur époque, allez savoir... Mais quand on ajoute à ces explorations et expériences qui vont "trop loin" une dose d'angoisse cosmique et des personnages qui perdent peu à peu la notion de réalité, alors l'ombre de l'écrivain à nouveau se devine. On a déjà évoqué Re-Animator ou The Thing, par exemple, alors mentionnons Annihilation (2018), avec ses étranges créatures et sa frontière trouble entre hallucination et monde réel et, encore une fois, une sorte de couleur qui descend du ciel et modifie ce qu'elle touche, ou encore Prometheus (et, forcément, Alien) avec sa civilisation ancienne disparue et son exploration spatiale qui tourne mal. Moins convaincants, The Last Winter de Larry Fessenden (2006) et Underwater (2019) creusent le même filon : des compagnies cupides ont été trop loin et ont réveillé des trucs qui roupillaient tranquillou sous la surface.

On le voit : il est certes difficile d'adapter Lovecraft, tant retranscrire en image l'angoisse immatérielle de ses récits semble impossible, mais il est étrangement facile de qualifier un film de lovecraftien. C'est peut-être dans ce mélange d'atmosphère gothique, de folie, de science, de cultes effrayants, de divinités anciennes qui nous rappellent notre insignifiance et du dérèglement d'une humanité qui mute petit à petit vers l'innommable, mentalement et physiquement, que se trouve l'essence du récit lovecraftien, un pied dans le cauchemar et l'autre dans un monde très concret et palpable. Plusieurs films ont su saisir au moins une partie de ces caractéristiques pour rendre hommage avec succès à l'auteur. On espère vous avoir donné envie d'en (re)voir quelques uns et on vous laisse donc avec un liste d'oeuvres que l'on peut qualifier à divers degrés de lovecraftienne. Il y a du bon, il y a du moins bon, mais c'est à vous de juger. On vous a épargné les pires zèderies (il y en a pléthore), mais rien ne vous empêche de vous rabattre sur Call Girl of Cthulhu si vous vous sentez aventureux... mais attention aux sombres entités que cela risque d'éveiller !

Filmographie sélective

The Haunted Palace (La Malédiction d'Arkham), de Roger Corman, 1963
Die, Monster, Die (Le Messager du Diable), de Daniel Haller, 1965
Necronomicon, de Jess Franco, 1968
The Dunwich Horror (Horreur à Volonté), de Daniel Haller, 1970
Alien, de Ridley Scott, 1979
Evil Dead, de Sam Raimi, 1981
Possession, d'Andrzej Żuławski, 1981
The Thing, de John Carpenter, 1982
Re-Animator, de Stuart Gordon, 1985
From Beyond (Aux Portes de l'Au-delà), de Stuart Gordon, 1986
La Malédiction Céleste, de Keith David, 1987
The Unnamable, de Jean-Paul Ouellette, 1988
Cast a Deadly Spell (Détective Philipp Lovecraft) de Martin Campbell, 1991
The Resurrected, de Dan O'Bannon, 1991
Necronomicon, de Christophe Gans, Shûzuke Kaneko et Brian Yruan, 1993
The Lurking Fear, de C. Courtney Joyner, 1994
In the Mouth of Madness (L'Antre de la Folie), de John Carpenter, 1994
Castle Freak, de Stuart Gordon, 1995
Bleeders (Hémoglobine), de Dan O'Bannon, 1996
Dagon, de Stuart Gordon, 2001
Hellboy, de Guillermo Del Toro, 2004
Dreams in the Witch House, de Stuart Gordon (série Masters of Horror), 2005
The Call of Cthulhu, de Andrew Leman, 2005
The Mist, de Frank Darabont, 2007
The Last Winter, de Larry Fessenden, 2007
Chill, de Serge Rodnunsky, 2007
Cloverfield, de Matt Reeves, 2008
Le Territoire des Ombres : le Secret des Valdemar, de José Luis Alemán, 2009
Le Territoire des Ombres : le Monde Interdit, de José Luis Alemán, 2010
Die Farbe, de Huan Vu, 2010
The Whisperer in Darkness, de Andrew Leman, Sean Branney et David Robertson, 2011
The Mother of Toads, de Richard Stanley, extrait de The Theatre Bizarre, 2011
La Cabane dans les Bois, de Drew Goddard, 2011
Grabbers, de Jon Wright, 2012
Prometheus, de Ridley Scott, 2012
Deathgasm, de Jason Lei Howden, 2015
The Void, de Jeremy Gillespie et Steven Kostanski, 2016
The Endless, de Justin Benson et Aaron Moorhead, 2017
Annihilation, de Alex Garland, 2018
Muere, Monstruo, Muere (Meurs, Monstre, Meurs), de Alejandro Fadel, 2018
The Lighthouse de Robert Eggers, 2019
Underwater, de William Eubank, 2019
Color Out of Space, de Richard Stanley, 2019