Si jamais vous vous retrouvez ici, c'est que vous avez internet. Si vous avez internet, vous savez alors que c'est de nouveau "ce moment de l'année", celui où l'actualité musicale entre en estivation et le monde entier ne parle plus que de festivals. Du 18 juin au 21 juin, ce sera le Hellfest et comme chaque année on se plie au jeu du commentaire sur l'affiche : tout le monde a son mot à dire et nous aussi ! Trop ceci, pas assez cela ? Aucun doute !
Dans les lignes qui suivent vous trouverez quelques recommandations "maison". On a essayé de faire court parce qu'on se doute que vous avez déjà un programme bien chargé et on se limite donc à une petite poignée par jour. Attention, si vous tombez ici par hasard, soyez sur vos gardes : on a plutôt tendance à lorgner vers le bas de l'affiche et les scènes "bizarres", là où l'on cherche les choses plus sombres, atypiques et déviantes, et nos conseils pourraient parfois se résumer à "on reste à l'ombre de la Temple Stage sauf à la rigueur pour aller du côté de la Valley".
Pour consulter l'affiche et le running-order complet, c'est par ici.
JEUDI 18 JUIN
Une fois que vous aurez récupéré votre bracelet, ne perdez pas de temps à faire la queue au merch et allez vous faire exploser la tronche par le mélange black / death metal de Skaphos sous l'Altar. Se faire essorer par des cultistes des abysses à l'heure du goûter, c'est toujours sympa. En plus, vous serez en bonne position pour assister au rituel mystique de Perchta sous la Temple Stage, juste après. La Temple Stage, c'est très bien pour s'allonger par terre entre les concerts, en quête de fraicheur, et se moquer des noms les plus débiles à l'affiche (les Satanic Surfers ou les "queues de feu" de Feuerschwanz, par exemple). En plus, vous pourrez voyager avec Borknagar et les atmosphères poétiques, où se mélangent metal extrême, folk et expériences prog, de ses pionniers du black metal aux tendances désormais plus avant-gardistes. Un petit air de Bergen sur Clisson, ça aidera à respirer.
L'important sera de FUIRE la Temple Stage avant la fête à la saucisse de Feuerschwanz ! Quitte à prendre le risque d'approcher les Main Stages, autant aller profiter du show du boss Alice Cooper avant de revenir sous l'Altar et assister à l'opéra baroque / metal zinzin d'Igorrr dont la théâtralité grandiose à la fois fun et majestueuse se prête particulièrement bien à un horaire tardif, en espérant que ça se passe mieux que leur passage en 2022, amputé de vingt minutes pour des raisons techniques.
VENDREDI 19 JUIN
Mourir de bon matin, ça ne se refuse pas alors rendez-vous à 11h sous la Temple Stage pour une bonne dose de black metal méchant, massif mais qui sait aussi s'affranchir des carcans du genre pour explorer des terrains imprévisibles. Et puis comme comme ça, si vous mourrez, on pourra vous enterrer sur place car, pour faire simple, vous pouvez passer la journée à cet endroit. Ainsi, vous verrez le show rigolo de Killus, petite sensation de festival qui monte qui monte et dont la musique consensuelle bouffant à tous les râteliers n'exigera pas plus de neurones que ceux que vous serez capables de mobiliser. Puis, en vrac, le rituel doom / post-punk / black metal mystique des géniaux Ponte Del Diavolo, la performance possédée de MØL portée par son incroyable chanteur monté sur ressort, le show horrifique gore réjouissant de Carach Angren, les patrons de Rotting Christ, et enfin la pesante élégance mélancolique de My Dying Bride et The Gathering.
Si jamais vous avez cependant des fourmis dans les jambes ou envie de voir ailleurs, le rouleau-compresseur de Yarostan fera concurrence au soleil de la Valley pour vous écraser tout en provoquant quelques hallucinations. Les ténèbres des Marseillais pourraient même provoquer une éclipse avant midi ! La tempête Point Mort soufflera sur la Warzone en milieu d'après-midi, expérience cathartique et folle entre post-hardcore et... eh bien, plein de trucs. Vous n'avez pas besoin que l'on vous pointe du doigt Bloodywood pour leur énergie sans égale, Opeth pour sa classe absolue (malgré des concerts aussi chiants que beaux) ou encore une occasion quasi unique de (re)voir The Dillinger Escape Plan.
SAMEDI 20 JUIN
La fatigue commence déjà à cogner ? Alors de bon matin, choisissez votre camp, parce qu'il va falloir courir aujourd'hui ! Le mélange electro-deathcore-bass music de DVRK pourrait faire danser l'Altar, un phénomène rare. Ce sera peut-être un des meilleurs moments pour capturer cet incontournable du festival : le métalleux bougon qui erre en se demandant où qu'c'est qu'est passé le vrai metal et que tout fout l'camp ! Cependant, ça voudrait dire rater Cold Capsule, formation post-hardcore / indus qui a, sur ce créneau, notre préférence !
Ensuite, il y aura de quoi faire entre la classe absolue du quatuor post-rock / avant-gardiste BRUIT ≤ à la Valley suivi du rouleau compresseur sludge-indus Fange, grand moment de radicalité impitoyable à ne surtout pas louper... Vous devrez en revanche choisir un thème pour votre journée. De la musique sérieuse, un brin exigeante, atypique et captivante pour avoir l'air subtil avec le black metal psychédélique d'Oranssi Pazuzu, le éclats post-hardcore de Psychonaut, les boss de Cult of Luna et, bien sûr, A Perfect Circle (encore une bonne raison de se risquer vers les Main Stages) ? Se réfugier dans la froideur synthétique des Young Gods, incontournables légendes suisses de la musique industrielle ? Enchaîner les rouleaux compresseurs 1914, SepticFlesh, Gaerea et Behemoth (propulsé en Main Stage, et heureusement, parce que la Temple est devenue bien trop petite) ?
Peu importe vos choix, même discutables (il y a aussi de quoi pogoter comme des bonobos nostalgiques !) car à 21h40, vous serez devant l'exorcisme d'Amenra, sommet émotionnel de cette édition.
DIMANCHE 21 JUIN
On ne va pas vous mentir : on vous fait un programme un brin fainéant et moins chargé pour le dimanche, non seulement parce que la fatigue se fera sentir mais aussi parce que, ce jour-là, on se demande bien ce qu'on pourrait fiche, quasiment n'importe quelle excuse pour échapper aux Hives et aux Offspring étant bonne à prendre !
Le dimanche, c'est le jour du seigneur. Du coup, c'est la grande messe du black metal à la Temple. On commence avec des atmosphères oniriques, entre les cauchemars raffinés de Silhouette et le spleen contemplatif de Midnight Odyssey. Des performances écorchés, viscérales, mais parfaites pour avoir l'impression d'être au milieu de la nuit dès le réveil. On peut, à la rigueur, accepter que vous vous dédoubliez pour aller vous faire éclater par le sludge agressif d'Alta Rossa à la Valley. Les maîtres mystiques du black metal à capuche Wolves in the Throne Room sortiront de leur grotte pour l'apéro. Et puis vous pourrez finir avec le théâtre macabre de Mayhem, opéra de dissonance putride d'autant plus incontournable qu'il se tiendra en même temps que les Offspring, alors venez vous réfugiez sous la Temple pour échapper aux surfeurs californiens et leur insupportable bonne humeur.