À force d'aller à des concerts goth ou metal, une question revient souvent : "mais où sont les jeunes ?", aussi bien sur scène que dans le public où l'on croise souvent les mêmes têtes depuis 10 ou 20 ans, voire plus. Eh bien, les jeunes, on les trouvait à l'Atomic Cat pour la soirée electro-punk organisée par Bleeding Edge, avec Kai Cult, GØK2 et Lui Surreal !
En arrivant dans l'incontournable sous-sol à thème cyberpunk / post-apo, il se passe plusieurs trucs chouettes. Premièrement, la clim fonctionne : l'Atomic Cat, c'est pas un taudis genre la Defense Arena où le public d'Iron Maiden se retrouvait dans le noir complet en début de semaine, ici les choses fonctionnent ! Ensuite, il y a Kai Cult, la tête d'affiche de la soirée, qui va voir chaque personne dans le bar pour se présenter : "salut moi c'est Louis, ohlala, c'est la première fois que je viens à Paris, je suis tellement heureux !". Trop MIGNON. On ne l'a pas encore vu sur scène que déjà on fond, malgré la clim. Remercions alors Bleeding Edge pour ce plateau inédit et inspiré, deux jours après avoir fait jouer les hallucinants Violent Magic Orchestra... une orga à garder à l'œil, quoi !
LUI SURREAL
Il ne faut pas confondre Louis, alias Kai Cult et Lui Surreal qui, lui, s'apprête à monter sur scène. On disait plus haut que le public de l'Ato était en moyenne vachement plus jeune que lors des soirées goth, un signe qui veut souvent dire que ce qu'on s'apprête à voir se fiche un peu des vieux codes des genres... bingo ! Lui Surreal mélange tout plein de choses : on passe du punk dans les règles de l'art (son hymne Gatekeeper sent bon la pinte éclatée par terre dans un pub un soir d'octobre) à l'électro qui fait boum-boum en passant par quelques froideurs post-punk mélancoliques, toujours avec cette étincelle de folie qui met le feu aux poudres.
Sur scène, Lui Surreal admet souffrir de la chaleur. Avec son look emo-punk-teufeur trop mignon, il dégage un certain décalage, un mélange entre une douce naïveté et une envie de tout secouer. Au-delà du côté fun et, déjà, de l'envie de remuer qui s'empare du public, l'accent est mis sur les émotions : il y a de l'attitude, de l'énergie, du fun, mais aussi beaucoup de sincérité.
Il va chercher dans le public un supplément d'énergie (ce soir, les artistes passent de manière générale autant de temps sur scène que dans la foule) et invite Kai Cult à le rejoindre pour un titre. Ensemble, ils ont deux collaborations à leur actif et après tant de temps à échanger et à travailler ensemble, ils se voyaient en vrai pour la première fois cet été. Trop mignons, on vous dit !
GØK2
Avec GØK2, le changement de ton est notable. Comme pour les deux autres projets à l'affiche, le dispositif scénique consiste en un chanteur seul. L'artiste originaire de Turquie et vivant en Estonie a déjà joué en France et à Paris. D'ailleurs il nous fait une démonstration de son meilleur français en trois points : "bonjour", "merci" et "BOUGE TON CUUUUUUL". Ce qui suffit largement pour faire remuer une foule mais aussi conduire dans Paris. Le son est agressif, ça cogne fort, mélange de big beat, de neo metal, de rave, de trap : là encore, on s'en fout des tiroirs étriqués, du moment que c'est sincère et rentre-dedans.
Sur scène, Göktug est une tornade d'enthousiasme et d'énergie. Le public de l'Ato n'y résiste pas, son tee-shirt non plus. Là encore, il passe sa vie dans le public alors que les morceaux de son dernier EP THERAPY DOESN'T WORK font leur petit effet, à l'image des mélodies imparables de B.F.T.D. et ses explosions furieuses ou des refrains de You Don't Know. C'est le genre de musique qui s'écoute très fort, on aimerait d'ailleurs monter le son. Dans sa petite cabine, grotte mystérieuse cachée par les ombres au fond de la salle, la reine du monde souterrain parisien des musiques sombres et underground, Clem l'ingé son, doit au contraire baisser un peu le volume. Ça a beau être la fin du monde, il y a encore quelques règles et tout le monde n'est apparemment pas devenu une bête sauvage. Pas comme GØK2, avec son charisme et sa folie contagieuse qui fout un joyeux bordel en cavalant partout, en sautant dans tous les sens (attention aux projos quand même, ils sont bas, aie aie aie !).
KAI CULT
Kai Cult semble passer la meilleure soirée de sa vie. Après avoir dit bonjour à tout le monde dans le bar, il est aux premières loges de chaque concert... Mais quand GØK2 termine son set, son bonheur semble doubler : "c'est à moi ensuite !", confie-t-il tout excité aux gens qu'il croise. Il est venu pour s'amuser et semble ami de longue date avec chaque personne présente. Comme ses copains avant lui, il décide alors d'aller faire la fiesta avec ses potes d'un soir et passe la majeure partie de son propre concert dans le public !
Kai Cult vient d'Australie, il a mis toutes ses économies pour venir en Europe. Avant Paris, il était à Londres et a visiblement compris qu'il y avait "quelque chose" entre les Français et les Anglais : sans perdre son immense sourire, il nous balance des "fuck london, fuck the UK", nous explique que la bouffe y est merdique que tout est vachement mieux à Paris. Il essaye de sauter partout mais constate "je ne peux pas sauter ici !", avec un plafond aussi bas et tout ce qui y est accroché, ça fait un paquet de pièges... d'ailleurs, le vidéo-projecteur suspendu ne tiendra pas jusqu'à la fin de la soirée !
Kai Cult fait la fête, nous joue un morceau parlant de chevaucher un kangourou dans le soleil couchant (sûrement une matière optionnelle dans les collèges australiens) et son mélange electro-punk-metal-hyperpop doux amer fait mouche. Il rend évidemment la politesse à Lui Surreal en l'invitant à chanter leur deuxième morceau ensemble, même si les deux passent finalement 20 secondes ensemble sur scène, chacun ayant envie de rester profiter avec un public qui a envie de remuer.
On a droit à des millions de remerciements, il remercie même sa maman de lui avoir donné un prénom français pour une raison qui lui est inconnue... Et puis d'un coup, c'est fini. Ou presque. Alors que tout le monde se dirige vers le bar ou la sortie, Louis alias Kai Cult continue d'aller vers les gens pour les remercier d'être venus. Merci à toi, Louis, surtout ! On espère le revoir un jour, à la fois pour la musique et pour l'attitude super fun et au charme irrésistible. Trop mignon, définitivement.











































