Impericon Never Say Die! - CCO @ Villeurbanne (01 janvier 1970)

Live Report | Impericon Never Say Die! - CCO @ Villeurbanne (01 janvier 1970)

Cécile Hautefeuille 20 novembre 2016 Isaura Scarlet Manon Nadolny

L'Impericon Never Say Die! est une tournée annuelle et européenne de metalcore. Créée en 2008, elle arrive pour la première fois en France en 2010 . À Villeurbanne, elle est cette année accueillie par le CCO et Sounds Like Hell Productions, organisateur de l'événement, avec à l'affiche sept groupes prêts à faire couler la sueur de leur public :
POLAR, MAKE THEM SUFFER, FALLUJAH, OBEY THE BRAVE, CARNIFEX, THY ART IS MURDER, et enfin WHITECHAPEL.
Ce soir, le concert est archi complet, et ce sont de jeunes spectateurs qui peuplent le lieu, avec beaucoup d'énergie à revendre !

Polar

POLAR est un groupe de hardcore originaire de Guildford (UK). Désormais sous le label Prosthetic Records, leur carrière débute en 2009 et continue aujourd'hui avec leur dernier album No Cure No Saviour, sorti en mai 2016. Les anglais ouvrent la scène durant l'Impericon Never Say Die!, face à un auditoire déjà bien rempli. Leur prestation est dotée d'un bon punch, le scream de Adam Woodford se mêle à une instrumentation lourde donnant le ton de la soirée. Le chanteur fait participer le public, et offre son chapeau à un heureux jeune homme du premier rang. L'ambiance est présente dès ce premier concert.

Setlist :
01. Blood For Blood
02. Deus Ex Machina
03. King Of Kings
04. Black Days
05. Tidal Waves And Hurricanes

Make Them Suffer

MAKE THEM SUFFER est un groupe Australien, formé à Perth en 2008. Leur deathcore se mêle à la douceur du chant clair. Actuellement chez Rise Records et Roadrunner Records dans leur pays d'origine, leur nouveau single Ether est paru en juin 2016. Ce soir, leur performance est soignée et réussie. Le chant est divisé entre Sean Harmanis et Louisa Burton. Pour lui, un growl sombre, et parfois graveleux. Pour elle, une voix aérienne apportant douceur et contraste à un ensemble violent. Les musiciens se montrent très actifs sur scène et plongés dans leur prestation. Chacun bouge, headbang, Sean demande à quatre reprises aux auditeurs de se lancer dans des pits. Chaque requête et couronnée de succès. À la basse, Jaya Jeffery joue du regard et envoie des baisers au public. Louisa, également au clavier, danse et nous plonge dans ses notes de piano réverbérées, au ton mélancolique, profond, simple et mélodieux. Le plaisant contraste de sa présence est marqué au niveau sonore comme visuel : Des cheveux aux couleurs vives, face au noir ambiant. Nous sommes conquis.

Setlist :
01. Widower
02. Let Me In
03. Never Bloom
04. Ether
05. Blood Moon

Fallujah

Après le deathcore mélodique, vient le deathcore atmosphérique. FALLUJAH s'est formé en 2007, à San Francisco Bay Area. Actuellement sous le label Nuclear Blast, le groupe compte trois albums, le dernier étant Dreamless, paru en 2016. Le style des Californiens se démarque de la vague core par ses influences progressives. Son instrumentation est technique et mélodieuse. Tout comme MAKE THEM SUFFER, cette particularité offre un contraste avec la brutalité du chant, une patte les rendant uniques. Durant leur set, le public semble plus calme, plus axé sur l'écoute. Le growl d'Alex Hofmann et la batterie d'Andrew Baird sont mis en avant et font vibrer le sol, tandis que les cordes sont légèrement laissées en retrait, nous aurions aimé les entendre davantage. Les guitaristes et le bassiste sont talentueux, le focus étant mis sur le jeu de Brian James. Celui-ci nous offre d'excellents solos, un son pouvant évoquer le style d'INTERVALS, avec une patte qui lui est propre. Une réussite.

Setlist :
01. Sapphire
02. Scar Queen
03. Cerebral Hybridization
04. Amber Gaze
05. The Void Alone

Obey the Brave

OBEY THE BRAVE est un groupe de hardcore, originaire de Montréal et Ottawa. Leur dernier album Salvation est sorti en 2014, et leur prochain est annoncé pour avril 2017. Les Canadiens se trouvent sous deux labels : Epitaph pour l'international, et Distort dans leur pays d'origine. Avant le début de leur concert, nous avons eu une brève intervention de l'organisation Hope For The Day. Leur mission est axée sur la prévention du suicide, l'aide et l'écoute des personnes concernées. Vous pouvez les retrouver sur le site www.hftd.org. Suite aux paroles de l'intervenant, OBEY THE BRAVE entre sur scène. De nombreux micros sont installés : Le scream d'Alex Erian est complété par la voix de chacun des membres, à l'exception du batteur. Les refrains sont efficaces et entraînants, laissant place à certains moments de chant plus clair. Quelques mots de français nous sont adressés : « Foutez le bordel ! », entre autres interventions parfois hilarantes du guitariste Terrence McAuley. Il n'en fallait pas plus pour que les premiers slammeurs s'élancent de la scène ! Le public est plongé dans la bonne ambiance du groupe. Encore une fois, nous avons eu droit à une performance énergique et efficace.

Setlist :
01. Get Real
02. Live & Learn
03. Next Level
04. Up In Smoke
05. Raise Your Voice
06. Low Key (new song)
07. On Thin Ice (new song)
08. Full Circle

Carnifex

Place à un univers plus sombre ! CARNIFEX fait sa première date à Lyon. Le groupe a été formé au cours de l'année 2005 à San Diego, aux États-Unis par Scott Lewis, le chanteur du groupe. Le sixième album, Slow Death, est sorti en août 2016, avec la maison de disques Nuclear Blast Records. Les américains nous apportent aujourd'hui un deathcore noir et travaillé. Le chant guttural de Scott est mêlé à la mélodieuse guitare huit cordes de Jordan Lockrey. A l'instar de FALLUJAH, son jeu est technique et savamment maîtrisé. Tous vêtus de noir, le chanteur se démarque par son costume clouté, avec au dos l'inscription « Slow Death ». L'ambiance est obscure, le public est tout à fait joyeux. Un amusant mélange d'émotions, ayant pour résultat une salle peuplée d’électricité, de mouvement. Tout le monde bouge, se défoule. Le mosh pit lancé par le chanteur mobilise une grande partie de la fosse. CARNIFEX nous signe ici un show très satisfaisant !

Thy Art is Murder

Au CCO, THY ART IS MURDER était très attendu. Ici encore, nous avons un groupe orienté sur le deathcore. Formé en 2006 à Sydney, l'ensemble sort son dernier album intitulé Holy War en 2015, chez Nuclear Blast Records. Et c'est avec le morceau éponyme que leur live s'ouvre ce soir ! L'ensemble des fans accompagne en chœur Nick Arthur lors du refrain. Les slams s’enchaînent, le public est déchaîné, les vigiles sont débordés. Le live continue avec efficacité, sous le son de The Emptiness. La voix de Nick est extrêmement brutale, grave, frôlant parfois la limite du son humain. Le dernier morceau, Reign Of Darkness, est illuminé d'un excellent et long solo de guitare.

Setlist :
01. Holy War
02. Light Bearer
03. Absolute Genocide
04. Coffin Dragger
05. Emptiness
06. Purest Strain Of Hate
07. Shadow Of Eternal Sin
08. Dead Sun
09. Reign Of Darkness

Whitechapel

Grand final de cette série de concerts, les américains de WHITECHAPEL font ici leur première date à Lyon, tout comme leurs confrères de CARNIFEX. Le groupe de deathcore se forme en 2006 à Knoxville, dans le Tennessee. Aujourd'hui chez Metal Blade Records, ils publient leur dernier album Mark of the Blade le 24 juin 2016. Leur particularité : la présence de trois guitaristes ! Après les six concerts les ayant précédés, la salle est totalement embrumée, l'air difficilement respirable, le public commence à fatiguer. Mais heureusement, les personnes présentes sont toujours aussi nombreuses, ont encore suffisamment d'énergie pour accueillir le groupe avec chaleur, et l'accompagner jusqu'à la dernière note. Le scream de Phil Bozeman mêle les tons graves et parfois plus légers, avec des fragments pesants, comme désarticulés. Les riffs de guitare sont lourds, violents. L'ensemble porte une ambiance forte, entraînante. Le chanteur nous crie : « Lyon, make some f*cking noise ! », et nous déchaînons notre énergie. Changement d'ambiance pour Bring Me Home. Un titre tranchant, au sujet douloureux. Dans ce morceau, Phil décrit la dévastation liée à la mort de son père, lorsqu'il avait 10 ans. Des lumières bleues dessinent les silhouettes des musiciens. Les premières notes commencent avec douceur, mélancolie. Puis s'énervent, deviennent violence. L'émotion est pénétrante, les phases s'alternent. L'ambiance se fait crépusculaire. Bring Me Home se termine avec un puissant solo, puis avec les mots « I can't see a thing, I can't feel a thing. ». La forme musicale initiale de WHITECHAPEL reprend à la suite de cet intense aparté, avec punch et énergie. L'Impericon Never Say Die! Tour se termine ici, laissant repartir un public épuisé et heureux avec l'empreinte de nombreux shows de qualité.

Setlist :
01. Mark Of The Blade
02. Elitist Ones
03. Faces
04. Vicer Exciser
05. Prostatic Fluid Asphyxiation
06. Bring Me Home
07. Tremors
08. End Of Flesh
09. Possession
10. This Is Exile