BESTIAL MOUTHS confronte le cycle de la toxicité avec HISS

Pierre Sopor 22 août 2026

Le mois dernier, Bestial Mouths nous présentait son prochain album avec un premier single, Conjure. Cette fois-ci, c'est au tour de HISS devenir titiller notre impatience fébrile, un nouveau rituel darkwave au sujet duquel Lynette Cerezo nous explique : "quand la haine se disperse dans une culture jusqu'à ce qu'il devienne difficile de distinguer les angoisses personnelles de la machine qui les produit, l'identité devient performative, divisée en sous-ensembles et factions. Le progrès est fragile mais peut aussi devenir toxique. Ce poison est cyclique : avec les graines que nous plantons, nous récoltons une autre génération de toxicité". Les amateurs de ∆AIMON et SØLVE reconnaîtront dans cette lourdeur industrielle cinématographique la patte de Brant Showers, qui officie ici en tant que producteur et qui a également co-écrit l'album.

Dead Lines (Líneas Muertes), qui a été mixé par Alex DeGroot (collaborateur de Zola Jesus mais qui signait également le mix des précédents albums de Bestial Mouths) sort le 4 septembre via Negative Gain Productions (précommande).

Le titre de l'album renvoie aux limites invisibles mais rigides qui régissent nos comportements et nos liens, ainsi qu'aux frontières dont le franchissement peut signifier la détention ou la mort, autant de lignes façonnées par un système hostile où la valeur humaine est niée. Face à ce système, Bestial Mouths apporte un message de résistance, présentant son album comme dédié à quiconque comprend la frustration désespérée qui peut amener à tout brûler autour de soi. 

Le clip de HISS, fait de visions surréalistes et de poésie mystique, se découvre ci-dessous, le rocher qu'y traine Lynette Cerezo semblant faire écho à cette notion de cycle toxique évoqué plus haut.

Crédit photo : Tas Limur