Joachim Witt : Tout simplement

Interview | Joachim Witt : Tout simplement

Mandah 17 août 2007 Mandah

Joachim Witt est un artiste peu accessible et plutôt discret, ce qui renforce le mystère autour de ses travaux. Il a démarré sa carrière dans les années 1970 avec plusieurs projets musicaux dont 'Julian' et 'Duesenberg' qui n'ont pas reçu l'approbation escomptée. Sa percée est venue grâce à 'Silberblick' sorti en 1980, plusieurs autres albums l'ont suivi mais ce n'est qu'en 1998 qu'il a renoué avec le succès avec Bayreuth 1, le premier album d'une série conceptuelle.

Bayreuth est la ville du célèbre compositeur Wagner. Pourquoi avoir choisi cette ville pour nommer trois de vos albums ? Expliquez-nous le concept qui se cache derrière eux ?
Joachim Witt : J'ai voulu créer une série d'oeuvres sur le même thème pour donner à mon travail une envergure plus symbolique. Comme l'oeuvre de Wagner est empreinte autant de gravité que de générosité, j'ai choisi comme titre Bayreuth, lieu où il a produit ses oeuvres.

D'où puisez-vous votre inspiration ?
Joachim Witt : Au plus profond de mes sentiments. L'interprétation que fait la société du bien et du mal, de scènes dramatiques issues des relations entre les hommes.

Quels sont les principaux sujets de vos chansons ?
Joachim Witt : Mes thèmes favoris tournent principalement autour des questions de l'équité et la souffrance au sens général aussi bien que de la rupture et l'éloignement.

Quelle est, selon vous, l'émotion la plus importante ?
Joachim Witt : Le sentiment de loyauté et de justesse.

Y a t-il un Joachim Witt d'avant et d'après Bayreuth ?
Joachim Witt : Le Witt d'avant Bayreuth était incertain, tandis que le Witt d'après Bayreuth est plus fort, plus sûr de lui et libéré de ses craintes.

Depuis la fin des années 1990, votre musique a subi un changement radical. Qu'est-ce qui vous y a poussé ? De quelle façon votre approche de la musique a t-elle changée ? Dans quelle direction avancez-vous ?
Joachim Witt : C'est pour moi un scénario complètement ouvert. Pourtant, je vais bien devoir me fixer un jour où l'autre. Je vais redéfinir ma vie artistique tout d'abord.

Un nouvel album est annoncé depuis peu de temps sur votre site officiel. Pouvez-vous nous en dire plus, nous dévoiler quelques informations sur celui-ci ? Fera-t-il référence une nouvelle fois à Bayreuth ?
Joachim Witt : Avec 'Auf Ewig - MeisterWerke', il en sera fini avec le projet Bayreuth. Sa parution est prévue pour le 31 Août 2007 et comprendra les plus beaux titres de la série Bayreuth remastérisés et 2 nouveaux titres 'Oh Weh, Oh Weh' et 'Unsere Welt'. Il contiendra aussi un remix de mes morceaux des années 80, 'Goldener Reiter' et 'Herbergsvater', titres qui ont été repris si souvent que je dois montrer comment ils se jouent correctement.

De plus en plus, vous êtes reconnu par les fans de Rammstein, comment percevez-vous ce rapprochement ?
Joachim Witt : Il y a une similitude de pensée dans les choix d'expression artistique.

Vos artworks sont sublimes, qui sont ses auteurs ?
Joachim Witt : L'artwork est de Ronald Reisberg de Berlin. Avant qu'il commence à travailler, nous avons discuté de la thématique visuelle. Je le considère comme particulièrement talentueux et très professionnel !

Vous êtes aussi acteur. Quel rôle aimeriez-vous interpréter ?
Joachim Witt : Dans les années 70, j'ai effectivement joué au théâtre. Le travail ne me plaisait pas tant que cela, je devais me conformer à l'opinion des autres. C'est pourquoi je me suis intéressé à la musique. En ce qui concerne les rôles, je préfère de loin les marginaux tels que ceux de Jack Nicholsen, Robert de Niro et Anthony Hopkins.

Jouez-vous avec les mêmes musiciens sur vos concerts ?
Joachim Witt : Oui, je joue avec les mêmes musiciens sur scène et en studio. Le noyau de l'orchestre est constitué de 3 musiciens de 'Silly' de Berlin : Uwe Hassbecker (Guitare / Violon), Ritchie Barton (Clavier / Piano) et Jäcki Reznicek (basse). Rajoutez ensuite Reinhard Petereit à la guitare et Carsten Klick à la batterie. Hassbecker intervient dans les mixages réalisés pour Bayreuth 3.

Interview réalisée le 17 août 2007 par Mandah