Billy Idol - 0000-00-00

Interview | Billy Idol - 0000-00-00

Mandah 25 mai 2016

Pour quelle raison as-tu mis autant de temps à revenir sur le devant de la scène ?
Billy : La création est un processus de longue haleine qui ne doit être fait dans la précipitation. Durant l'écriture, tu dois vraiment te concentrer, tu dois rester complètement focalisé sur ce que tu créés. Tes réflexions et pensées viennent à toi de manière graduelle. Les idées vont et viennent. Ensuite, il faut être en mesure de les concrétiser sur le papier. C'est une question de timing. Ce n'est pas un processus facile. En ce qui concerne mon livre, j'ai du me remémorer les bons autant que les mauvais moments de ma vie - comme l'accident de moto pour lequel j'ai enduré sept opérations. Je devais équilibrer ces deux variables et cela m'a pris quelques années pour exprimer ce que j'avais à l'esprit.

Tu as vécu à 100%. Qu'est-ce qui t'as maintenu en vie durant toutes ces années ?
Billy : Ce qui m'as maintenu en vie est le fait d'être conscient de ma chance, celle de vivre mes rêves. À mon époque, le rock était encore frais et neuf. Il émanait un sentiment de liberté. C'était comme chevaucher une moto, tu te sentais libre et en quête d'aventure. Réaliser de la musique rock était la voie vers l'expression de soi. C'était et continue d'être incroyable d'avoir l'opportunité d'en vivre. C'est juste énorme de pouvoir vivre ce rêve, de pouvoir vivre cette vie-là. Peu importe ce qui arrivera, je reviendrai toujours à la musique rock. Peu importe ce qu'il adviendra, je reviendrai toujours à mon premier amour, la musique - En espérant bien sûr que ce soit de la bonne musique que les gens conserveront précieusement et apprécieront durant de nombreuses années. Voilà ce que j'essaye de réaliser lorsque j'écris un album. Je sais que je produis peu de musique, je n'ai pas 1 millions d'albums à mon actif, donc j'espère toucher beaucoup de monde avec les quelques morceaux que j'ai créés.

Prévois-tu la sortie d'un DVD prochainement ?
Billy : Je crois qu'il est trop tôt pour le dire. Je ne sais vraiment pas encore ce qu'il adviendra ensuite. Nous profitons pleinement d'être de nouveau en tournée pour le moment. Être ici, en France, c'est juste fantastique. De mon point de vue, je ne pense pas avoir suffisamment joué ici... J'adore les Français. La première fois que je suis venu en France, c'était dans ce merveilleux coin de Aix-En-Provence alors que je n'avais que 9 ans. Je n'ai que de bons souvenirs de la France et des Français. Je ressens une vraie connexion ici et j'aimerais venir y jouer plus de concerts à l'avenir.

Quelle différence y-a t'il entre Billy, le compositeur, et Billy, la rockstar ?
Billy : Le compositeur est la face introvertie de moi-même. Lorsque j'écris, j'y insère tout un pan personnel. En tant que performer, c'est le côté plus fou de moi qui s'exprime. C'est une étrange dichotomie car au moment où j'écris des morceaux, c'est mon côté introverti qui prend le dessus pour se réaliser, alors que dès que je dois le produire en live face au public, j'ai besoin d'enclencher et de laisser s'exprimer ma facette extravertie.

35 ans plus tard, qu'est-il advenu de ton groupe punk GENERATION X ?
Billy : Nous avons beaucoup donné durant un temps ! Et le fait est qu'il y a un grand nombre de festivals comme le HELLFEST qui se portent bien, et prouvent par eux-même que le Rock N Roll n'est pas mort. Les gens aiment toujours ce genre musique. Je suis assurément fier d'en faire partie, fier d'appartenir à l'histoire du Rock N Roll. À l'époque, en 1977, la devise "No Future" issue du mouvement punk signifiait : "Fait ce qu'il te plait". Pour nous, ça voulait dire être musiciens, faire partie d'un groupe.  Pour d'autres, c'est d'acheter un appareil photographique et devenir photographe. Et d'autres encore, voudraient plutôt être derrière la scène, prendre un stylo pour chroniquer la musique. Tu comprends où je veux en venir ? Fais ce qui te plaît et apprécie ces choses, vis-les à fond. Et tu sais quoi ? 40 ans plus tard je vis toujours avec cette philosophie.

Quel régime suis-tu ? Es-tu végétarien ?
Billy : Enfin, je mange du poisson... Pour faciliter l'hydratation de ma peau. Durant des années, j'ai négligé mon alimentation. Dans les années 70s, tout le monde voulait être ultra mince comme DAVID BOWIE... A présent, je suis un régime très strict mais t'es obligé en fait pour exercer ce métier. Aussi, je crois qu'il y a une connexion intime entre la nourriture que tu absorbes, ton énergie et ton esprit. Je pense intimement qu'il y a une manière particulière de manger. J'ignore si c'est valable pour tout le monde, mais ça l'est pour moi.

Comment perçois-tu l'évolution de l'industrie de la musique ?
Billy :  Tout a changé pour le meilleur et le pire. De nos jours, il y a beaucoup de musique disponible, mais probablement beaucoup trop, et qui du coup devient bien plus difficile à connaître et accéder. Il y a tant de façons de faire, tant de médiums disponibles... C'est super, mais comment en entendez-vous parler ? Maintenant, il n'y a plus de disquaires. Avant ça, c'était une expérience individuelle d'acheter un CD, tu devais aller en magasin et passer des heures à regarder les disques, les artworks et le reste. Certaines personnes affichaient les pochettes sur leurs murs, chez eux. Il y avait une véritable part de fantasme/rêve là-dedans. Aujourd'hui, tu peux te balader avec des milliers d'albums et morceaux dans ta poche, ce qui est assez incroyable... Mais bon, il faut vivre avec son temps

Interview réalisée le 01 janvier 1970 par