Larsovitch @ Atomic Cat - Paris (75) - 9 octobre 2026

Live Report | Larsovitch @ Atomic Cat - Paris (75) - 9 octobre 2026

Pierre Sopor 10 octobre 2026

Toujours en mouvement, toujours en ébullition, Larsovitch était de retour à Paris pour faire transpirer le public de l'Atomic Cat, toujours le sous-sol le plus cool de la capitale pour écouter et découvrir des choses sombres et (souvent) synthétiques. La dernière fois qu'on l'avait vu, sa tournée commune avec Dramachine avait mené à la sortie d'un EP commun. Là, il est seul sur l'affiche et, comme il l'annoncera avant la fin du concert, un nouvel album paraîtra courant 2027.

En attendant cette nouvelle sortie dont on aura droit à un premier titre, dans la pénombre du célèbre bunker post-apo / cyberpunk, on retrouve ses brulots synth-punk familiers, mélange de synthés minimalistes aux mélodies entêtantes (Légions Perdues ou Obossrannyi Gueroï restent en tête un bon moment !), d'influences post-punk (notamment la grisaille brutaliste et urbaine qui vient d'Europe de l'Est - par exemple avec Bonne Nuit) et de coups de sang rageurs. Car si la mélancolie n'est jamais loin (Depression 401), que l'on remue bien dans le public, Larsovitch n'est pas là (juste) pour faire danser ou se lamenter. Un brasier l'anime, un incendie dévorant qui contraste avec la froideur de l'électronique : petit à petit, ses slogans scandés se retrouvent à être hurlés. Il y a des choses qui ne se disent pas poliment : à ses tourments personnels, il ajoute une bonne dose de charge sociale et politique envers la montée terrifiante du fascisme dont la réalité confère à sa musique un supplément d'urgence.

C'est ce qui touche le plus avec Larsovitch, sa sincérité, sa façon de cracher ses tripes sur scène sans retenue, sans triche, sans posture factice. Il gueule, et tant pis si parfois le chant est un peu faux car les émotions et les mots sont vrais. Seul, écartelé entre ses synthés et son pied de micro, il occupe l'espace, se jette à terre, volcan écorché à la démarche personnelle et radicale. 
Heureusement, on a le temps de souffler un coup grâce à un PROBLÈME TECHNIQUE !

Pourquoi y'a plus d'musique ? Face aux mystères de la machine, dans les profondeurs parisiennes commencent alors une invocation bien connue des adeptes locaux, un appel à la divinité souterraine des soirées obscures régnant sur les ondes sonores de l'Atomic Cat, de la Mécanique Ondulatoire juste à côté mais aussi parfois des Caves Saint-Sabin ou du Klub : "Cleeeeemn, t'es où ?". Clem, la boss, la sainte patronne des corbeaux qui veulent du son bizarre, celle dont on aime tant vous narrer les faits et gestes à la façon d'un documentaire animalier dès que l'occasion le permet, perce les ténèbres, fait opérer sa magie et permet au concert de reprendre.

Après cet entracte improvisé, le concert repart de plus belle avec un final incandescent, apogée de ce crescendo d'énergie punk avec notamment l'hymne Xenomorfos, fédérateur mais non dépourvus de sérieux relents de révolution. Quand Larsovitch cogne, Larsovitch cogne fort. On en ressort trempés et les yeux tournés vers l'avenir de cette tempête qui mène son aventure à sa façon, seul, libre et avec plein de choses à nous cracher aux oreilles !

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Pierre Sopor

Rédacteur / Photographe