Emptiness, le groupe de black metal industriel avant-gardiste belge, sortira l'album Nowhere Speaks le 17 juillet du côté de Season of Mist (précommande). Pour mieux vous acclimater à son propos jovial, en voici le morceau-titre, également le premier composé.
L'album descend dans une dimension séparée de toute trace humaine, un lieu dirigé par sa propre logique silencieuse, indifférent à la présence de l'auditeur et ne se souciant pas de nous inviter. Enregistré quasi entièrement en live en studio après quatre ans de préparation, la musique contient une tension et une physicalité de la performance portée à son paroxysme : dense, texturée et implacable, ne laissant aucun répit. L'architecture est précise. Nowhere Speaks commence là où Nothing but the Whole (2014) s'arrêtait, reprenant au milieu du riff qui concluait abruptement l'album, et se ferme avec son riff d'ouverture, formant une boucle entre les deux albums. Après l'austérité dépourvue de distorsion de Vide (2021), le retour à la pesanteur et l'intensité est ici total. L'identité se dissout à travers ces dix morceaux. L'échelle perd son sens. La musique ne communique pas autant qu'elle exerce une pression, avançant de sensation en sensation plutôt que narrativement, via la conscience de quelque chose d'immense qui ne prend pas en compte l'auditeur. Les forces s'alignent et convergent d'une manière qui échappe à la compréhension, reflétant l'idée centrale du groupe que rien n'existe, et pourtant tout existe.