Live Report | Chelsea Wolfe + Emma Ruth Rundle @ Le Trabendo - Paris (12 juillet 2018)

Pierre Sopor 13 juillet 2018 Pierre Sopor

Après un passage à la Maroquinerie il y a quelques temps, c'est au tour du Trabendo d'accueillir CHELSEA WOLFE à Paris, l'artiste attirant un public de plus en plus large grâce notamment à ses passages au Hellfest et ses albums fascinants (le dernier en date, Hiss Spun, est sorti l'an dernier). Mais avant d'accueillir la "reine des ténèbres", Kongfuzi, qui organisait la soirée, proposait au public venu nombreux un set intimiste de EMMA RUTH RUNDLE.

EMMA RUTH RUNDLE

Venue seule, la musicienne se retrouve donc sur scène avec sa guitare face à une audience déjà bien fournie. Il faut dire qu'elle aussi a une réputation solide, et avec un nouvel album prévu pour bientôt, les connaisseurs espéraient entendre de nouveaux morceaux. Ils n'ont pas été déçu, la chanteuse prenant le temps d'introduire les titres qu'elle joue, offrant quelques nouvelles compositions (Fever Dreams et Control notamment) et remerciant (en français) le public pour son accueil chaleureux. On peut saluer le respect des gens présents, d'ailleurs, qui ont su apprécier la chouette musique qui leur était proposée. Il faut dire que malgré sa discrétion et le fait qu'elle ne prenne pas beaucoup de place sur scène, la musicienne en impose avec sa voix et sait captiver son audience, achevant de se mettre tout le monde en poche avec ses nombreux remerciements. EMMA RUTH RUNDLE sera de retour en France cet automne pour plusieurs dates, que vous pouvez retrouver dans notre agenda.

CHELSEA WOLFE

Entre les deux concerts, la salle a continué de se remplir et la foule devant la scène, déjà compacte pendant la première partie, est désormais vraiment dense. Alors que l'heure du concert approche, on peut remarquer qu'un sachet de thé infuse dans un petit verre posé à côté de la batterie : avant que les lumières ne s'éteigne, c'est un signe qui ne trompe pas : le début est proche. Et en effet, au son de l'angoissante transition instrumentale Welt le groupe arrive sur la scène plongée dans les ténèbres, enchaînant immédiatement avec Spun. Si la chanteuse ne se dissimule plus depuis longtemps derrière un voile, la fumée présente et l'ambiance très sombre pourrait aussi bien lui servir de cachette.

Déjà oppressante en studio, la musique de CHELSEA WOLFE, mélange de folk, de drone et de doom, devient presque étouffante en live. Avec Carrion Flowers, l'ambiance anxiogène et claustrophobe est à son paroxysme et le concert vient tout juste de commencer. L'élégant espace du Trabendo peut rapidement devenir une cuvette irrespirable près de la scène, apportant sa pierre à l'atmosphère opaque et désespérée du concert. CHELSEA WOLFE enchaîne les morceaux principalement issus de ses deux derniers albums, avec des points d'orgue comme Vex et son chant guttural, After the Fall et son rendu si intense, si lourd, plus doom, ou encore de très belles interprétations de The Culling et Survive en rappel. Fidèle à son image, la chanteuse communique très peu, gardant ses distances et préservant son aura.

Pendant une heure vingt environ, CHELSEA WOLFE nous a piégés dans son univers cauchemardesque et poisseux, duquel s'échappe quelques rares respirations lumineuse. C'était noir, mystique parfois même, un exorcisme viscéral et obsédant certes court mais si intense qu'il n'aurait pas franchement gagné à être plus long. Sortir de la salle, retrouver l'air libre, le silence et la lumière (relative) du jour tombant a quelque chose de salvateur : le cauchemar est terminé, on s'éveille doucement. Mais qu'est ce qu'on y était bien, quand même.

Setlist:
01. Welt
02. Spun
03. Carrion Flowers
04. 16 Psyche
05. Vex
06. After the Fall
07. Dragged Out
08. Demons
09. Feral Love
10. Ancestors, the Ancients
11. Particle Flux
12. The Culling
13. Twin Fawn
Rappel :
14. Survive
15. Scrape

 


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