While She Sleeps + Resolve + Mate's Fate @ Le Clapier - St-Etienne (FR) - 20 août 2017

Manon Nadolny 24 août 2017 Laurence Prudhomme Manon Nadolny

Resolve

On se sent un peu privilégiés quand même ce 20 août grâce à School's Out Prod : Le Clapier, ancienne gare stéphanoise transformée en 2016 en salle de concert, est en effet la seule salle française retenue par le groupe de metalcore anglais WHILE SHE SLEEPS, en pleine tournée européenne. Le lieu n'est pas très grand, mais le cadre chaleureux, et malgré les vacances le public est plutôt nombreux.

Il fait déjà chaud en cette fin de soirée quand le premier groupe monte sur scène. Tout jeune groupe lyonnais né cette année de la dissolution de ABOVE THE NORTH, RESOLVE est bien décidé à faire entendre sa nouvelle identité musicale. Les Lyonnais vont attaquer leur set avec un titre fort, Rapture, leur troisième single en écoute sur la plupart des plate-formes. Le chant clair n'est malheureusement pas mis en valeur par la sonorisation de la salle. Dommage, car l'alternance avec le scream est plutôt intéressante. Les musiques sont percutantes, et pour leur second concert (le premier ayant eu lieu au Longlive sur Lyon en juin dernier), on ne peut pas dire qu'ils soient intimidés ! On sent l'expérience des musiciens derrière le son propre et efficace, que ce soit lors les passages ambiants ou dans les rythmiques plus agressives. RESOLVE s'est déjà constitué sa petite réserve de fans, et la salle est dans les starting blocks pour le second groupe de la soirée, venu lui aussi en voisin de Lyon. Le ton est donné, ce sera sueur et gros son ce soir !

Setlist:
01. Rapture
02. Exposed
03. Navelgazing
04. Abyss
05. Binarity

Mate's Fate

MATE'S FATE c'est d'abord cinq copains qui ne vivent que pour la musique. Emmené par le chanteur Matthieu, le groupe né en 2015 a déjà à son actif de nombreuses scènes, un EP A Home For All et s'offrira en novembre une tournée au Royaume-Uni , après un passage en Suisse. Ce qui frappe tout d'abord lorsqu'ils montent sur scène, c'est l'espèce de tension électrique qui s'installe. On sent l'énergie prête à déferler, et c'est bien ce qu'attend le public, à fond dès le premier morceau, titre éponyme de l'EP. Là encore les Lyonnais sont bien présents pour soutenir leur jeune groupe, en phase de s'imposer parmi les références metalcore française. S'ils revendiquent ouvertement leurs influences ARCHITECTS et BEARTOOTH, ils ont su y mettre leur coeur et leur patte pour aboutir à un résultat impeccable de maîtrise et d'originalité. La salle est conquise, et sous les spots la chaleur monte d'un cran. Circle pits et walls of death se succèdent non stop, difficile de reprendre son souffle entre les titres, à la plus grande joie des amateurs. Il y a de la rage, de l'agressivité, justement dosées grâce à la frappe puissante mais contrôlée du batteur Nicolas. Les vocals sont tout en énergie, et le chant clair là encore peine à trouver la place qu'il mérite. Après une reprise appréciée de BEARTOOTH In Between, le groupe propose au public stéphanois un nouveau titre, Sickurity, qui, espérons-le, annonce la préparation d'un nouvel opus. C'est sur le très réussi, Souvenirs, aux rythmiques tout aussi soutenues, mais avec un vrai côté mélodique, que s'achève la prestation des Lyonnais, salués comme il se doit par un public particulièrement enthousiaste et qui, bien que dans l'attente des têtes d'affiche de la soirée, aurait bien repris une autre portion de MATE'S FATE ! Un jeune groupe à suivre dans nos colonnes et sur scène car on n'a pas fini d'entendre parler d'eux.

Setlist:
01. A Home For All
02. Undercover
03. Alone
04. Hopeway
05. In Between (cover BEARTOOTH)
06. Sickurity
07. Prison Of Silence
08. Souvenirs

While She Sleeps

Roulement de tambour… place aux anglais de WHILE SHE SLEEPS ! La salle est désormais pleine à craquer, les muscles et la voix sont chauds, prêts à faire honneur à la venue du groupe, seule date en France rappelons-le.

A voir l'expression des visages des Anglais, on a plutôt l'impression que l'impatience et l'envie d'en découdre sont partagées. Et c'est bien sûr par le titre phare de leur dernier album, You Are We, entièrement financé par les fans, que le groupe fait son entrée. Fédérateur à souhait, ce morceau reflète bien la tonalité du nouvel album et les français ne s'y sont pas trompés. C'est le rush vers la scène, bras levés, paroles aux lèvres, le public a visiblement décidé de mettre le bordel pour remercier comme il se doit le quintet. Là encore, il n'y aura pas de préliminaires, WSS entre dans le vif du sujet et enchaîne sur Civil Insolation, toujours extrait de leur dernier album. On remarque déjà la présence plus marquée au micro du guitariste Mat Welsh aux côtés du frontman Lawrence Taylor. Visiblement ravi de l'ambiance qui s'installe, ce dernier ne va pas se départir pendant tout le show de son sourire, faisant chanter le public, micro sur l'épaule. Etonnant de le voir prendre ainsi possession de la scène, nous qui l'avions trouvé plutôt éteint quelques mois plus tôt au Warmaudio de Decines (report).
Ce soir l'adrénaline coule à flots dans ses veines et dans celle du public. Retour au précédent album ensuite pour deux titres dont l'enthousiasmant Brainwashed qui marque le vrai début des hostilités. Entre circle pits, crowd surfing, walls of death, l'ambiance est explosive ! Encouragés par le chanteur, les slammeurs se succèdent sur scène pour un tour de salle à bout de bras. La scène est bien trop petite pour contenir les assauts des musiciens, inspirés et carrément transportés par la fougue du public. Les titres du dernier album, comme à leur habitude chez WSS sont plutôt longs, ce qui en live exige une débauche d'énergie remarquable. L'alternance des titres fonctionne plutôt bien, même si on note peut être un côté moins catchy sur les derniers en date. Pas commercial pour autant, mais la violence brute et les vociférations restent plus cantonnées aux paroles. C'est un album qui mérite plusieurs écoutes, et qui fonctionne aussi en live, avec des mélodies assumées. Le jeu des musiciens, s'il reste toujours aussi puissant s'en trouve enrichi. Et l'engagement de Loz Taylor reste total, la chemise tombée depuis longtemps car la salle et la scène sont devenues des étuves. Quand retentissent les premières mesures de Four Walls, le son est dans la salle, personne dans le public qui ne connaisse au moins l'intro de ce qui reste jusqu'à aujourd'hui le morceau emblématique de WSS. Oli Sykes (BMTH) n'est pas là pour poser sa voix sur Silence Speaks, mais qu'importe, Loz, porté par le public stéphanois, met toute sa force sur ce morceau particulièrement rythmé, aux sonorités plus rock, sur lequel la voix claire de Matt Welsh est mise en évidence. Le set s'achève sur Hurricane, entraînant et punchy, le titre le plus réussi du dernier album si je peux me permettre un avis.

Assister à un concert de WSS équivaut à une bonne paire de claque en pleine phase de sommeil profond, car on est bousculé sans cesse (au propre comme au figuré d'ailleurs !) dans ses certitudes. Certes c'est du metalcore, mais du metalcore avec des paroles, des mélodies et une putain de générosité sur scène ! D'ailleurs les plus chanceux auront récupéré le chanteur à bout de bras, puisque ce dernier avait trouvé que la mezzanine du Clapier était un excellent plongeoir pour se jeter dans la foule.

Le set n'excède pas une heure trente pourtant on en ressort lessivés, rincés, essorés mais avec une sacrée provision d'énergie pour les concerts à venir. Alors encore une fois bravo et merci à School's Out Prod pour cette affiche qui a tenu toutes ses promesses !

Setlist:
01. You are we
02. Civil insolation
03. Seven hills
04. Brainwashed
05. Empire of silence
06. Our courage our cancer
07. Feel
08. This is the six
09. Four walls
10. Silence speaks
11. Hurricane