DIR EN GREY @ Studio Coast - Tokyo (19 novembre 2019)

Live Report | DIR EN GREY @ Studio Coast - Tokyo (19 novembre 2019)

Mandah 25 janvier 2020 Mandah Takao Ogata

Après avoir déserté le Vieux Continent quelques années, DIR EN GREY était de retour dans l’hexagone l’année dernière et le sera de nouveau dans quelques jours. Le public européen pourra en effet jouir de la tournée 'This Way To Self-Destruction' dont le final japonais eut lieu au STUDIO COAST à Tokyo le 19 et 20 novembre derniers. Une nouvelle fois, tournée à succès, concerts extrêmement bien rodés, des salles pleines à craquer et des fans envoûtés. Une recette qui fait la force du groupe depuis deux décennies.

Comme à l’accoutumé, les membres du groupe défilent un à un sur scène provoquant l’hystérie générale. Chacun à son poste, les premières notes de Zetsuentai sonnent. Sous un jet de lumière bleue, le public est transporté dans un univers mystérieux que l’on pourrait qualifier de bipolaire tant il est aéré et lourd à la fois. L’écran géant alterne également des paradoxes avec des images qui connotent ou illustrent explicitement la vie (fœtus) et la mort (un cadavre). Avec les sonorités plaintives et lancinantes de Keigaku no Yoku mises en relief par la diffusion d’images sataniques rappelant l’univers Iowa de SLIPKNOT, la salle est profondément ensorcelée. Les sonorités éthérées conjuguées aux lumières qui éclairent soigneusement les membres du groupe viennent appuyer cela. S’ensuivent Downfall, Devote My Life qui font secouer les murs. Le public se déchaîne, headbang à s’en dévisser la tête. L’atmosphère aérienne du début laisse totalement place à la fureur à l’instar de Values of Madness. Les sauts et headbang se synchronisent au martèlement frénétique de Keibetsu to Hajimari. Aka vient freiner un peu la cadence sans atteindre la puissance engagée grâce à ses vers élégiaques. Les musiciens démontrent avec flegme et intensité qu’ils maîtrisent leurs instruments et présence scénique. Petit OVNI arrivé à point nommé, Merciless Cult, titre issu de l’album Withering To Death sorti en 2005. Un brin de nostalgie se lit sur les visages tandis que les corps de déchaînent. Le rythme ne ralentit plus grâce à la suite Rubbish Heap, Celebrate Empty Howls et Ningen wo Kaburu. Puis arrive Ranunculus, point culminant de la performance. L’œil du public observe religieusement son prophète, Kyo qui délivre une prestation dramatique et cathartique. Il crie à gorge déployée : « je te hais » ; « pourquoi suis-je en vie ? » et enchaîne sur le nouveau single The World of Mercy, chanson majestueuse qui monte crescendo durant une dizaine de minutes. Bien que la setlist met en scène les dernières productions de DEG, le groupe réserve au public quelques petites surprises (Kigan et NEW AGE CULTURE) après le rappel entraînant la salle dans une euphorie contagieuse.

L’ouïe et la vue (jeu de lumières, visuels) sont hyper-stimulées, les sens sont en émoi. Le public transpire à goutte. Un concert de DIR EN GREY, c’est comme une séance de cardio tant l’effort fourni est intense et en continu. La différence, c’est que le public s’y donne à cœur joie et en redemande.

>>> SETLIST <<<
(19 novembre 2019)

Zetsuentai (絶縁体)
Keigaku no Yoku (谿壑の欲)
Downfall
Devote My Life
Values of Madness
Keibetsu to Hajimari (軽蔑と始まり)
Aka (赫)
Merciless Cult
Rubbish Heap
Celebrate Empty Howls
Ningen wo Kaburu (人間を被る)
Ranunculus
The World of Mercy

Encore:

HYDRA -666-
Kigan (鬼眼)
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NEW AGE CULTURE
Utafumi (詩踏み)