Loki Lonestar - 2018-02-20

Pierre Sopor 21 février 2018

LOKI LONESTAR, tout en menant de front cinq autres projets (MICROPOINT, TRICKSTERLAND, HeYs, LADY LA FEE, AND-VERSUS-FEAT), sort un premier album "solo" dans lequel il s'entoure de tout un tas d'artistes, et avec lesquels il s'amuse à reprendre quelques classiques. On vous en parlait dans notre chronique, que l'animal s'amuse à paraphraser dans ses réponses : c'est ça Loki, un type qui implique tout et tout le monde et ne va jamais là où on l'attendait. La preuve avec (Un)official Feat, dont il nous avait caché deux morceaux qu'il nous a enfin fait écouter à la fin de cet entretien. C'est donc dans un état de sidération totale que l'on découvre une très belle reprise de Frozen de MADONNA portée par un violon, un piano et un duo au chant parfaitement maîtrisé... avec des passages chantés façon René la Taupe. Faire naître l'émotion malgré la farce, en flirtant avec le grotesque : c'est aussi ça, Loki Lonestar. Le deuxième morceau mystère, qui ferme l'album, est une deuxième version de Life on Mars de Bowie. Moins violente que la première, celle-ci est pleine de cris de singe. Voilà. Comme on n'a plus trop les mots, on ne vous en dira pas plus et on laisse la parole à ce grand malade imprévisible et incontrôlable, d'une liberté déconcertante quand il s'agit de créer et qui nous impose Michel Drucker pour illustrer cet article.

Tu sors ton premier album "solo" cette semaine. Pourquoi ce choix, quel était l'idée derrière ce projet ?
Le projet de l'album solo en lui-même était une idée qui me traversait l'esprit depuis un moment, sans savoir si je voulais ou non le faire. Il y a un moment où je me disais que je ne ferais jamais quelque chose sous mon nom Loki Lonestar parce que j'aime bien être dans des groupes. Et puis, il y a peu de temps, c'est devenu presque comme une évidence entre les différents projets que j'ai et la création de mon label de me dire qu'en même temps, si j'assume ce que je suis et je suis ce que je suis, c'est bien de le faire savoir, tu vois ? Ca fait peu de temps que je me présente sur scène en fait, avant j'aimais bien présenter les gens avec qui je jouais mais j'interdisais fermement de me citer "à la voix, Loki Lonestar". Et depuis peu, j'ai accepté de le faire, voire j'ai passé le cap en essayant de le faire le plus simplement possible et de ne pas passer par le biais de quelqu'un qui te présente en plus sur scène, d'être là à présenter les autres et je termine en me présentant tout naturellement, voilà.

Tu l'évoquais à l'instant : pourquoi avoir créé ton propre label ?
C'est le tout début, mais on va dire que le premier but est de sortir mon album solo et pouvoir lancer un premier enfant pour chacun de mes projets. Jusqu'à présent, il n'y a aucun label qui s'intéressait à mon travail et à ce que je fais donc je vais fonder le mien, et je vais me laisser une chance à moi-même ! Je vais me dire "putain, ce petit jeune, là, il mérite qu'on s'intéresse à son travail donc je vais essayer de le mettre en avant", voilà. La volonté de créer mon label, c'est un peu de faire ce que pour l'instant personne n'a voulu faire pour moi.

Tu disais que l'idée était aussi de soutenir tes autres projets. Que peux-tu déjà nous dire à ce sujet ?
Sur TW, dans peu de temps, on va sortir un deuxième EP pour HeYs, mon groupe de metal-tribal, où il y aura plus de titres que sur le premier. Il y aura un pressage physique parce qu'on part en tournée à l'Ile de la Réunion en avril-mai-juin et qu'on aimerait avoir un premier pressage physique sur ce projet. Le but du label c'est de proposer à ce groupe d'enregistrer et de faire un objet physique qui va nous permettre de démarcher de gros labels comme Roadrunner. Pour l'instant j'ai prévu trois sorties sur TW et la troisième sera une réédition physique du Voyage, l'album de TRICKSTERLAND, agrémenté de remixes de titres avec beaucoup d'artistes différents.

En parlant de TRICKSTERLAND, comment situes-tu le groupe actuellement ? Le projet a été beaucoup chamboulé au cours de l'année passée, avec des arrivées et départs dans le groupe...
Et bien écoute, on reste toujours dans l'electro-rock-vaudou. Je suis parti en tournée avec TRICKSTERLAND avec juste Mastermind, Carrie Circus n'a pas pu venir car il était "en mission" et j'ai demandé à deux mercenaires, Eli au violon et Dan Mud à la percussion de nous accompagner mais la formation TRICKSTERLAND reste Carrie Circus, Mastermind et moi-même. Il va bientôt y avoir encore du mouvement de personnel, mais je ne peux pas t'en dire plus... C'est un groupe qui bouge, en pleine évolution, mais on commence à travailler sur des morceaux pour un nouvel album avec Carrie Circus.

Tu mènes quand même beaucoup de projets en même temps. N'as-tu pas peur d'en avoir trop, au point que l'un d'entre eux en pâtisse ?
Je ne sais pas, je pense que ça c'est à toi de me le dire... Comme tu le dis dans ta chronique, la plupart des gens qui travaillent avec moi ont arrêté d'essayer de me suivre, et je pense que c'est le meilleur conseil que j'ai à leur donner ! Ils zig-zaguent aléatoirement en espérant que c'est le bon chemin, et que je sais où je vais (là, il paraphrase, le bougre ndlr). Alors je vais répondre à cette question : oui, je sais exactement où je vais et je ne suis pas tout seul à y aller : on y va tous ensemble.

Oui, on le voit sur ton album : tu es très entouré. C'est important pour toi d'avoir cette espèce de clan d'artistes qui t'accompagnent d'un projet à l'autre ?
Alors pour moi cette question est importante. Limite, c'est presque le prétexte de l'interview qui pourrait s'orienter autour de cette question parce que pour moi c'est un moyen de remercier les gens avec qui je travaille depuis très longtemps et qui sont très nombreux. J'ai la chance d'être entouré de gens qui ont énormément de talent et dans plein de domaine : piano, guitare, voix, percussion, photo, journalistes... Et ce prétexte d'album solo, c'était un peu pour faire appel à tous les gens que j'aime dans différentes compétences et de leur demander de me faire confiance encore plus que ce qu'ils faisaient jusqu'à présent, parce que bon, dans un projet à plusieurs on se fait confiance mutuellement. Là avec cet album solo, en gros, je suis le seul à savoir exactement comment il va sonner et tout ça. Il y a ces deux morceaux mystères que tu auras à la fin de l'interview, et il y a pas mal de gens qui ont enregistré des trucs et qui ne connaissent pas les autres morceaux. Je suis vraiment le seul à maîtriser la chaîne de A à Z. C'est ce que j'avais envie de faire, là, pour en même temps proposer quelque chose qui me ressemble vraiment, ou qui représente tout ce que j'aime et où je pouvais faire vraiment appel à des gens que j'admire. En fait tous les gens à qui j'ai fait appel sur l'album, que ça soit DAVID BOWIE, MADONNA, RUSSIAN CIRCLES, GROSSO GADGETTO, Jeff Kilidjan, Mister Parker, Gracovetsky... Tous les gens à qui j'ai fait appel sur mon album, c'est parce que je les admire et que j'avais envie de faire quelque chose avec eux. Voilà. Donc je suis aussi fier d'avoir fait un truc avec Bloody MC qu'avec David Bowie !

Tu m'étonnes. L'un des deux sent quand même meilleur à l'heure actuelle.
Hmm, non.

Non ?!
Non. Moi je n'aime pas beaucoup ce terme, je ne dis pas "meilleur" ou "moins bon", le terme "différent" est beaucoup mieux. Chacun son style !

Est-ce donc pour les mêmes raisons que l'on trouve aussi bien des reprises d'artistes très connus et d'autres choses plus confidentielles ?
Oui, il y a des morceaux très connus et je les aime... Si tu veux une réponse à cette question, je t'invite à lire une chronique sur un site qui s'appelle Verdammnis (il parle de nous là, ndlr) et qui répond énormément à ce point dans le dernier paragraphe. Il y a des morceaux plus connus qui maintiennent l'écoute, et en même temps il y a des morceaux à découvrir, des artistes à découvrir qui sont moins connus. Je peux citer à nouveau GROSSE GADGETTO par exemple. J'ai découvert ce qu'il fait il y a deux-trois ans, il a une page Soundcloud où il poste presque un morceau toutes les semaines et j'adore ce qu'il fait. D'ailleurs je lui fais un clin d'oeil aujourd'hui pour décrire ma musique avec le terme "mutant". Je fais de la musique mutante. Ce terme vient de lui, c'est lui qui a trouvé ce terme et l'utilise alors je lui ai demandé la permission de l'utiliser aussi. Ca correspond bien à ce qu'il fait, c'est de la musique mutante.  Il fait aussi bien de la musique de film contemplative que du metal et de l'electro sur-véner... Aujourd'hui, les gens aiment plein de styles de musique, j'aime plein de styles de musique et j'ai la possibilité de le faire d'essayer de le faire bien. Je pense que j'ai un talent dans le fait de jouer des choses, d'incarner les personnages et donc de me mettre en danger, j'aime bien faire éclater les zones de confort et au final... c'est quand je vais au plus loin, genre on me dit "Loki, abusé", que souvent la magie opère ! (il recommence à paraphraser, dis donc !). J'ai pas trouvé mieux, donc je suis obligé de te citer !

Ta reprise de Life On Mars de DAVID BOWIE illustre le mieux ce dont tu parles, elle est très osée ! Quel était ton but ? Rendre hommage ? Bousculer les puristes ?

Toujours, quand je reprends un morceau, et c'est le cas avec mes deux groupes de reprises LADY LA FEE et AND-VERSUS-FEAT, le parti pris de ces projets c'est que je ne fais que des morceaux que j'adore d'artistes que j'aime. Rendre un hommage, ce n'est pas de la reprendre comme l'originale, c'est complètement décomplexé. Quand on aime un morceau, on aime le jouer, on aime le texte et souvent dans les reprises que je fais, le texte est aussi intéressant. Et donc le texte peut amener une reprise totalement différente, et là en l'occurence pour ce morceau ce n'était pas une volonté de le faire comme ça. C'est grâce à une personne qui travaille avec moi depuis longtemps et qui s'appelle "le Grand Hasard", et qui propose des choses ! Je te raconte l'histoire pour celui-là, l'anecdote est intéressante. On arrive, on se met en répet' avec Gracovetsky au piano et on doit jouer ce morceau de la manière la plus classique possible, et je ne suis pas satisfait de ce que je fais. J'essaye, j'essaye, lui aussi... Et tout d'un coup, on part sur complètement autre chose, une espèce de jam et Carrie Circus qui fait de la guitare d'habitude prend une percussion et lance un rythme. Gracovetsky rebondit en claquant les premiers accords de Life on Mars et moi je chante la première ligne. Ensuite, ce n'est plus nous qui décidons, c'est le morceau qui nous tire. Moi je n'ai plus qu'à lire le texte et à chanter de la manière qui se fait naturellement, et lui aussi, et plus on avance dans le morceau et plus on est en train de rire, de s'amuser et de s'éclater et le morceau se recompose de lui-même. Voilà, je viens te donner un secret de fabrication de ce morceau précisément où rien n'a été fait de manière consciente, le morceau s'est réécrit de lui-même ! On a fait "play", on a commencé sur quelque chose et ensuite tout s'est fait naturellement. C'est à dire que la version de Life on Mars que tu peux entendre a pris autant de temps à faire qu'elle en prend à écouter : trois minutes quarante-cinq ! C'est assez dingue. Je vais d'ailleurs pouvoir te dévoiler les deux morceaux cachés maintenant : Frozen de MADONNA, réalisée, enregistrée et mixée sur plusieurs continents. Au piano, c'est une Allemande, Miss Key. On s'est parlés à distance, je ne la connais pas personnellement mais on a apprécié nos travaux mutuels. Elle avait fait cette adaptation au piano de Frozen sur laquelle j'ai demandé à Eli Laflasque, un violoniste dans LADY LA FEE qui est à l'Ile de la Réunion, d'enregistrer un violon. Et ensuite, j'ai demandé à Julie Gadenne, une chanteuse magnifique qui fait beaucoup de choeurs dans AND-VERSUS-FEAT de m'accompagner à la voix et on en a fait une version que tu vas découvrir à la fin de cette interview. Elle est assez démente, on en a fait... Exactement dans l'idée de Life on Mars, tu verras. Et le dernier morceau, celui qui clôture l'album, c'est... Life on Mars. Dans une autre version, une version samba. Alors non seulement on l'a reprise une fois, mais en plus on l'a reprise deux fois et on l'a complètement transformée ! C'est une reprise d'une reprise, quand LOKI LONESTAR reprend LOKI LONESTAR qui reprend DAVID BOWIE.

Oh la vache... Et tu penses qu'il va aimer ?
J'espère ! Je l'ai déjà jouée en live avec AND-VERSUS-FEAT, avec qui j'ai fait pas mal de concerts sur Paris. On la joue à chaque fois, parmi d'autres reprises, et depuis peu je la présente en disant "vous connaissez DAVID BOWIE, vous connaissez ce morceau" et les gens semblent vraiment beaucoup aimer cette version qui a des côtés un peu ska sur certains trucs... Et je termine souvent en remerciant Bowie pour ce morceau, parce que c'est avant tout un hommage : quand on aime un morceau, on aime le chanter, et si on s'amuse en le faisant je ne vois pas pour quelle raison il pourrait ne pas l'aimer. Et puis je pense que David Bowie a beaucoup d'humour, comme beaucoup d'artistes que j'aime.

Tu insistes souvent sur l'importance du texte...
J'aime beaucoup le texte, qui est très important sur moi. On me parle souvent de mes voix -je dis que j'ai plusieurs voix- dans mon travail, de la performance, et ce dont on ne parle pas souvent c'est le texte, alors que pour moi c'est quelque chose d'ultra important. J'ai commencé par ça d'ailleurs, écrire. J'aime écrire, j'écris en anglais depuis très longtemps, j'ai écrit énormément de chansons, plus de 100 aujourd'hui, ou allez, plus de 99 on va dire. Le texte est très important, notamment chez un artiste qui m'a donné envie de faire de la musique : Freddie Mercury. Ce qui est génial c'est le texte dans QUEEN qui est absolument magique. Vraiment magique, parce qu'il t'apporte des clés, il te fait regarder le monde d'une manière différente, il t'ouvre, il te fait faire une introspection... C'est un peu tout ce que j'aime. Depuis My New Skin dans NUTCASE où j'étais dans une phase d'introspection, j'en suis à un stade où maintenant dans les textes j'ai envie de donner des clés aux gens, j'ai envie que les gens les comprennent, qu'ils les chantent et c'est pareil chez les artistes que j'aime. Alors que par exemple un artiste auquel on m'a pas mal comparé, Mike Patton de FAITH NO MORE, j'aime son travail, je l'ai découvert après ce que j'ai fait donc ça n'a pas été une inspiration. J'aime sa façon d'utiliser sa voix, par contre c'est un artiste auquel j'adhère pas plus que ça parce qu'il ne m'a jamais touché avec ses textes et qu'on est plus dans de la démonstration, là où pour moi les mots et le sens sont très importants. Je pense que ça se sent dans la manière dont je fais plusieurs voix et c'est vrai que ça me fait penser que j'aimerais beaucoup faire découvrir les textes et les partager plus souvent aux gens qui écoutent ce que je fais parce que ça aide à comprendre beaucoup de choses dans les morceaux. On pourrait se demander pourquoi dans telle ou telle chanson je chante de telle ou telle manière, et bien avec le texte sous les yeux ça permet de comprendre mieux peut-être.

Cette importance pour toi de faire comprendre le texte ne te donnerait pas la tentation de mettre plus de français dans tes paroles ?
Oui, j'en ai. J'ai commencé à écrire des paroles en français dans mes différents projets. Dans TRICKSTERLAND il y en a une, dans HeYs aussi, je chante en français de plus en plus dans mes autres projets aussi, j'aime bien. Après, c'est compliqué d'écrire en français, c'est vraiment un art. Oui, ça permet d'être compris par des Français, mais après des Anglais ne le comprendront pas forcément ! Et puis avant tout, c'est la beauté de la phrase. Dans "Y a-t-il de la vie sur Mars ?", c'est la musicalité de la phrase que je trouve intéressante plus que de faire comprendre aux gens ce que ça veut dire.

Vas-tu essayer d'envoyer tes reprises à Trent Reznor ou Madonna pour leur faire entendre ?
Grave, et d'ailleurs je balance quelque chose d'ouvert qui, je l'espère, ne sera pas coupé au montage dans ton interview : j'invite toutes les personnes lisant cette interview à nous aider, les gens avec qui je travaille et moi, à faire découvrir ces reprises aux artistes. J'espère bien qu'ils vont les écouter, et j'espère bien qu'ils vont les aimer, ou ne pas les aimer, mais j'aimerais beaucoup qu'ils les écoutent. Parce que je trouve toujours ça intéressant de voir comment un autre artiste voit son boulot. La preuve avec SHAÂRGHOT quand ils ont remixé Bucolikiller : je leur ai demandé s'ils avaient envie de triturer un morceau de HeYs et au final c'était une super intuition. Ce qu'ils en ont fait est complètement dément. Dans la musique aujourd'hui, c'est un exercice nécessaire. C'est peut-être même un peu salutaire : on est à un point aujourd'hui où pour beaucoup tout a déjà été créé, et la preuve que non justement, c'est qu'on peut recréer avec ce qui a déjà été créé. La preuve avec Life on Mars ! Moi j'aime beaucoup la version que j'ai faite. Bon, j'aime beaucoup l'originale, mais avec du recul j'aime cette version qu'on a faite, je la trouve sympa. Et il y a beaucoup d'exemples d'artistes qui reprennent d'autres artistes et y mettent un peu d'eux-même. Quelqu'un qui a vraiment eu une très bonne intuition là-dessus et l'a fait avec énormément de talent c'est MARILYN MANSON avec Sweet Dreams et I Put a Spell on You... Après, c'est devenu une marque de fabrique mais il a trouvé quelque chose, ce que moi j'appelle une chanson magique. Une chanson magique, c'est une chanson dans laquelle un autre artiste, s'il y met quelque chose de lui-même, va changer la recette mais ça fera toujours un bon gâteau ! Dans ce que j'ai fait jusqu'à présent, je peux en citer une : Kiss Kiss Kill. C'était un bon morceau dans NUTCASE, et MICROPOINT y ont apporté quelque chose d'autre qui a donné un autre morceau et les gens aiment l'un ou l'autre. Parce qu'après, ce qui est bien avec une reprise magique, c'est que les gens sont partagés : ils ne peuvent pas dire s'ils préfèrent l'une ou l'autre. Les camps sont partagés, on ne peut pas être unanimes. Il y a des gens qui préfèreront Sweet Dreams de EURYTHMICS et d'autres qui préfèreront la version de Manson : c'est la preuve que le morceau appartient à l'un et l'autre finalement.

Et quel avenir envisages-tu pour ce projet solo ? Penses-tu rester dans des collaborations diverses et des reprises, ou est-ce amené à changer ?
Je ne sais pas, je n'ai pas prévu de faire du live avec si ce n'est pour deux titres pour une émission de télé sur IDF1... Mais je n'ai pas prévu de faire du live en solo comme ça, en plus ça serait assez compliqué car il y a beaucoup d'ambiances différentes. Par contre, ça m'a appris énormément de choses et donc clairement, je vais dire un truc complètement fou : je bosse déjà sur le deuxième et sur le troisième ! Ça m'a donné envie de me dire que c'est quelque chose que j'ai envie de faire périodiquement, et donc périodiquement je me laisse cette liberté de faire ce que j'ai envie de faire, voilà. Encore une fois, on en a parlé rapidement tout à l'heure, mais je remercie vraiment les gens qui m'entourent et je les citerai tous à la sortie de l'album parce que vraiment je suis fan de toutes ces personnes qui ont mis un peu d'eux-mêmes sur ce disque. C'est pour ça qu'on dit "album solo" entre guillemets, c'est moi qui fait le chef d'orchestre mais j'ai un big-band de tueurs dans tous les domaines. Donc pour moi c'est un peu un hommage aux gens que j'aime et avec qui je bosse.

Comparé à TRICKSTERLAND et HeYs, où la mélancolie n'est pas toujours au premier plan, j'ai trouvé ton disque souvent assez sombre. Le fait de ne pas avoir un groupe t'amènerait moins vers l'humour et le décalage, malgré quelques morceaux bien barrés ?
Je ne sais pas vraiment. Tu poses une bonne question... Je me pose la question maintenant que tu me la poses... Je ne vois pas les choses comme ça. Maintenant que tu vas entendre les deux morceaux cachés, tu verras que celui qui clôture l'album le fait de manière "confettis". Donc il y a un peu de tout. Après, c'est un peu une mise à nu donc forcément il y a des choses plus intimistes, plus sombres, mais plus happy aussi. Donc ça ressemble plus à ce que j'ai envie de raconter. Maintenant, ce que j'ai envie, c'est de présenter vraiment un truc qui fonctionne de A à Z et c'est seulement là, à l'heure de l'interview, que j'ai pu écouter vraiment ce que ça donne en entier parce que les choses se mettent peu à peu en place et je trouve que ça fonctionne bien. C'est un album pour faire l'amour, voilà.

Récemment, tu avais proposé via un sondage aux gens de choisir s'ils préféraient te voir reprendre Britney Spears ou NTM sur scène avec HeYs, ils ont voté pour Britney Spears et tu as joué NTM. C'est important pour toi de toujours prendre à contre-pied et surprendre ?
Oui... et non. Oui, c'est un peu de surprendre, de bousculer. Mais en même temps, c'est chouette de se laisser diriger ou se mettre en retrait. Sur Hurt, j'aime aussi voir ce qu'on me propose donc je serais assez fan qu'on me lance un challenge et de voir ce que ça donne...

Très bien. Voudrais-tu ajouter quelque chose ?
Oui, une choses Je t'ai envoyé une photo pour illustrer l'interview, donc tu pourras dire que c'est le photographe lui-même qui l'a choisie, Gracovetsky, et ça sera peut-être la pochette de l'album. Mais surement pas ! 

Très bien, ce sera fait. Merci Loki ! On doit donc la photo en compagnie de la statue de Michel Drucker à monsieur Gracovetsky, et on espère qu'elle annonce un futur duo entre les deux...