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Interview : Heartlay

Julien 18 octobre 2017

Quelques mois après la sortie de son premier album Close to Collapse, Aaron Sadrin, le fondateur du projet de metal industriel HEARTLAY, a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions afin qu'on en apprenne plus sur ses influences ou sur sa vision de la scène metal française. Notre chronique de Close to Collapse est quant à elle disponible en suivant ce lien.

Salut Aaron, peux-tu présenter en quelques lignes ton projet pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore ?
Salut, Heartlay est un projet que j’ai créé en 2014, cherchant un médium avec lequel je pourrais m’exprimer comme musicien, comme graphiste, et comme producteur. J’ai sorti un EP la même année de sa création, un deuxième l’année suivante, et finalement un premier album, Close To Collapse, en juin dernier. Musicalement, on peut qualifier ça de rock électronique un peu sombre, puisant autant d’inspiration dans l’indus que dans l’ambient, le metal, l’EBM…  La presse classe généralement ce que je fais dans le metal industriel.
HEARTLAY est aussi présent sur scène, le groupe actuel est composé d’Antoine à la basse, de Cyril à la batterie et au sampling, de Xavier à la guitare, et de moi-même au chant et à la guitare.


Le premier album studio, Close to Collapse, est sorti il y a quelques mois maintenant. Quels ont été les retours ?
Très bon, plus que ce à quoi je m’attendais. Il a réussi à convaincre certains géants dans ce type de scènes, et nous a permis aussi de voir dans quels pays le groupe fonctionnait le mieux. Ça va vraisemblablement influencer les promotions futures et nos choix par rapport aux dates. Étant donné le côté mélodique et hybride de l’album, je m’attendais à voir plus de haters “puristes”, mais ils sont restés très minoritaires par rapport aux nouveaux fans.


Le morceau Thrown figure sur la compilation This Is French Industrial Vol.1. As-tu reçu d'autres opportunités depuis la sortie de Close to Collapse ?
Disons que pour cette compilation, c’était plus une "auto-opportunité" étant donné qu’elle a été organisée par notre propre label An Exile, on s’est chargé de tout pour sa réalisation avec les autres personnes qui nous aident dans cette asso. Sinon oui, il y a eu beaucoup de passages en webradio et radio pour certains titres de l’album, un peu partout dans le monde. Il était prévu que j’envoie un press-kit à une liste de radios mais en général j’étais pris de court, la plupart demandaient déjà à diffuser Thrown, Come Down ou Will It Be Enough.
À ce moment-là, certains labels indépendants m’ont approché pour sortir l’album chez eux. Mais après avoir analysé ces propositions, il semblait évident qu’il y avait plus à perdre qu’à gagner chez certaines personnes qui veulent te dépouiller pour un travail que tu peux faire presque entièrement toi-même avec un peu de sueur et de réseau. Ça n’a pas manqué.
Grâce à ça, la sortie de l’album a été considérée comme à part entière, comme n’importe quel label underground en Europe. Le côté plus froid et électronique de cet opus a aussi permis d’élargir la fanbase chez les fans de musique dark et d’electro.



Tu composes tes morceaux seul, pour quelle raison ? Est-ce plus facile pour toi ? Est-ce que ça te permet de prendre ton temps pour avoir le résultat que tu veux ?
Entre autres. J’ai longtemps essayé de former des groupes avec une structure traditionnelle, où plusieurs personnes composent autour de la table. Finalement, je n’en ai retenu qu’un processus peu productif, très long, déprimant, et qui peut s’écrouler du jour au lendemain à la moindre embrouille entre individus. Mais d’un autre côté, j’ai toujours eu plaisir à composer seul avec un ordinateur. J’ai passé la plus grande partie de mon adolescence à faire des albums qui ne sont pas sortis et à intégrer des groupes qui n’ont rien fait. Après une dernière expérience vaseuse en collectif, j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure en créant un vrai projet, avec des plans précis, des sorties, un univers aussi musical que visuel, et une durabilité. Être seul en studio me permet d’éviter tout compromis, d’être 100% authentique dans ce que je fais et de garder ma productivité. Je peux laisser place à l’imaginaire, laisser parler l’instinct.   


Quelles ont été tes influences, musicales ou autres, pendant la création de l'album ?
Ce serait difficile de faire une échelle dans l’inspiration. Je remarque qu’il y a toujours des différences entre ce que j’écoute à un moment donné et ce que je produis… C’est à la fin que tu te rend compte du "c’est vrai que ça fait un peu penser à ci ou à ça dans l’esprit". D’un côté j’ai des influences indélébiles comme NINE INCH NAIL, DEFTONES, ALEC EMPIRE, LUSTMORD, CELLDWELLER, SKINNY PUPPY qui jouent et joueront encore en influant ce que je fais, et de l’autre ce que j’écoutais dans la conception de l’album comme COLD CAVE, CIGARETTES AFTER SEX, HAUS ARAFNA, MORRISSEY, DEAFHEAVEN, MESHUGGAH, DEAD WHEN I FOUND HER, NEW ORDER, RENDEZ-VOUS entre autres.
Dans l’esprit, je voulais un album assez romantique et désabusé pour les émotions, stylistiquement diversifié, mais avec ce fil conducteur de la mélancolie évoquée par les problèmatiques intérieures ou par la misanthropie comme dans Death Screens ou Come Down. Dans le fond, ça reste très personnel, même quand j’essaye de parler d’autre chose que de mes idées bizarres, c’est toujours dans le contexte de mon point de vue.


Que penses-tu de la scène metal française, et plus particulièrement la scène indus ?
Ce sont deux choses distinctes, à la fois inséparables d’un point de vue date et marketing en France, mais un peu écartées artistiquement. La scène metal va très bien, il y a plein de groupes, de gros festivals, des tas de webzines, des assos etc… Difficile de trouver une grande ville en France qui ne fait pas un concert metal dans le week-end. L’indus c’est différent, il y a toujours eu pas mal de choses intéressantes du point de vue créatif, mais la scène est explosée. Peu de groupes, pas assez de public, pas assez d’initiatives pour le bien commun. Certaines personnes ont du mal à comprendre que quand ton voisin réussi ça peut être bon pour toi indirectement.
Du coup, si tu fais de l’indus, ou n’importe quel style assimilé et que tu veux faire des dates, t’es presque sûr de jouer qu’avec des groupes de metal, à moins de trouver des plans à l’étranger ou de faire des premières parties.
Après, pour nous c’est différent, on pousse sur cette ambivalence de style qui nous permet de nous incruster de façon cohérente dans des concerts metal, electro, rock ou goth. Ça nous fait perdre moins d’opportunités, et ce malgré l’étiquette "indus".


Quelles sont les actualités pour Heartlay dans les jours/mois à venir ? Y a t'il de nouvelles dates de concerts de prévues ?
On prépare du lourd concernant les dates et les collaborations studio, notamment avec une apparition sur le prochain EP de PORN. Pour les concerts, rien n’est encore officiel mais on vous tiendra au courant sur les profils d’HEARTLAY… Préparez-vous !


Merci beaucoup !
Merci pour l’interview,
Ciao!


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