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Interview : Shaârghot

Pierre Sopor 26 septembre 2017

SHAÂRGHOT est en pleine mutation : après une année chargée et remplie de concerts mémorables, le groupe parisien finalise actuellement son deuxième album et ne va pas tarder à sortir un nouvel EP. Le frontman et créateur de tout cet univers, Étienne Bianchi, nous a proposé de découvrir cet EP ainsi que les maquettes du futur album. Certes, l'auteur de ses lignes a subi un certains nombres de tortures, mais même sans ça il aurait pu l'affirmer : ça va tout exploser. L'EP s'annonce démentiel, avec les morceaux de fous furieux que sont Kill Your God et Break Your Body que le groupe joue déjà en live, et surtout Doomsday, piste apocalyptique, lourde et particulièrement noire qui nous rassure d'emblée : non, SHAÂRGHOT ne se repose pas sur ses lauriers et ne tombe pas dans le piège de la répétition et de la surenchère. Une impression confirmée par les maquettes de l'album à venir, puisque les sonorités les plus sauvages y côtoient des morceaux plus ambiants, notamment le temps d'un synthé qui évoque tantôt Charlie Clouser, tantôt The Nobodies de MARILYN MANSON. Et si on est sages, on aura peut-être l'occasion d'entendre bientôt un remix de HeYs particulièrement anxiogène, mettant en valeur les aspects les plus flippants de la voix du chanteur Loki Lonestar... Pas de doute, l'avenir de SHAÂRGHOT s'annonce toujours aussi intense, riche et passionnant à suivre. C'est chez lui, entouré de tous ses accessoires qui recouvrent littéralement son appartement au point de le transformer en un mélange de caveau post-apo et de vaisseau spatial qu'Étienne Bianchi a séquestré notre pauvre chroniqueur le temps de répondre à ses questions. Il nous parle donc de ce qui est à venir dans son petit monde, de l'évolution de son groupe et de Scarskin Omega, son souffre-douleur masqué personnel. Alors certes, torturer quelqu'un pour qu'il pose des questions est inhabituel, mais un peu de violence gratuite n'a jamais fait de mal à personne.

Pour plus de précisions sur SHAÂRGHOT, la créature et son univers, on vous invite à relire notre interview datant d'il y a deux ans, juste avant la sortie du premier album du groupe... Et à l'époque, déjà, on avait été titiller la bête alors qu'elle tournait un clip. C'est par ici : https://www.verdammnis.com/interviews-111-shaarghot-2015-07-28

La dernière interview que tu nous as accordée remonte à deux ans. Beaucoup de choses se sont passées depuis. Comment va le Shaârghot ?
Alors le Shaârghot va bien, si tu parles de la créature. Il va même très bien, en fait : il est en pleine mutation à l'heure actuelle. Le Shaârghot du premier album découvrait un peu la vie et tout ce qui se passe autour de lui alors que là, par contre, c'est très différent : il est en mode pétage de plombs absolu, il a compris qu'il ne pouvait pas mourir car le parasite avec lequel il vit le régénère en permanence, alors du coup il se prend pour une espèce de semi-dieu. Il est en plein délire mégalo, en mode berzerk, il a fini de jouer et est vachement plus agressif que le Shaârghot qu'on connaissait. On a affaire à une "version 2" beaucoup moins sympa que la première... qui n'était déjà pas spécialement friendly ! Je sens que ça va s'entendre au niveau du son. L'humour et le cynisme du personnage restent par contre, il est juste plus cruel qu'avant et n'hésite plus à sortir au grand jour alors qu'avant il restait caché. 


Arrives-tu encore à le contrôler ?
Comme l'atteste mon environnement, il prend de plus en plus de place ! Pratiquement tous les objets qui m'entourent ici y sont dédiés car je travaille dessus en permanence, donc c'est assez compliqué à gérer. Ce n'est pas déplaisant, mais il faut quand même le calmer un peu parfois !


Et quels sont ses plans désormais ?
Le plan est resté à peu près le même : tout détruire dans une grande fête. Sauf que maintenant, il est passé aux choses concrètes, il y va véritablement franco. À l'heure actuelle dans le monde de SHAÂRGHOT, il y a des mesures qui sont prises pour essayer de ralentir la créature : les forces de l'ordre sont dépêchées, etc... On est en plein climat de guerre civile et on trouve plus facilement des shadows dans les rues en train de foutre la merde, d'essayer de tout détruire avec le Shaârghot à leur tête.


Avais-tu prévu cette évolution depuis le début, ou est-ce venu en fonction de ton humeur ?
C'est prévu depuis longtemps. Je sais aussi déjà ce qui va se passer pour le troisième et le quatrième album. Je sais comment tout cet univers va évoluer. Pour les cinquième et sixième albums, j'attends de voir comment les choses se passeront ! J'ai déjà des idées mais on va voir, il faut que ça reste cohérent avec ce que j'aurai dans la tête à ce moment-là... Et puis je ne te le dirai pas tout de suite ! J'ai déjà prévu une fin aussi, je sais comment toute cette histoire va se conclure. J'espère que j'y survivrai tout de même, mais bon... c'est une option !


T'es-tu inspiré de nouvelles choses, que ce soit de nouvelles oeuvres ou le monde extérieur ?
Alors c'est sûr que musicalement, beaucoup de nouvelles choses sont venues compléter les influences que j'avais déjà. Les anciennes sont restées, bien évidemment : PUNISH YOURSELF, ROB ZOMBIE, etc... On a de nouvelles influences qui se sont ajoutées, comme 3TEETH par exemple, ou BE MY ENEMY et FRONTLINE ASSEMBLY... Beaucoup de choses se sont greffées, ce qui enrichit évidemment l'univers. J'ai même été voir du côté de trucs que je n'écoute pas forcément en général comme BRING ME THE HORIZON, j'ai trouvé qu'il y avait des choses intéressantes dedans qui pouvaient servir cet univers et qui pouvaient être cohérentes avec ce qu'on fait. On s'est même amusés à faire un titre un peu djent sur les bords, pour rigoler. Il y en a qui sont clairement plus ambiants façon NINE INCH NAILS et d'autres carrément plus techno hardcore. On essaye encore et toujours de se diversifier et de ne pas faire la même chose : chaque titre doit être différent des autres, on ne doit pas avoir l'impression d'écouter le même morceau pendant tout l'album, ça n'aurait aucun intérêt. Quand aux influences extérieures, si tu fais allusion au titre Traders Must Die... Tu sais, à l'heure actuelle ce sont les traders, à une autre époque c'était ou ce sera autre chose. C'est universel : quelque soit l'époque, quelque soit le monde, il y aura toujours des types pour essayer de profiter du système en plumant un maximum de personnes quelques soient les conséquences. Que ce soit les traders ou autre chose, comme le Clergé... D'ailleurs, il y a des références religieuses très fréquentes dans les paroles SHAÂRGHOT, particulièrement dans le nouvel album même s'il y en avait déjà dans le premier, par exemple "This is my body, this is my blood" dans Uman Iz Jaws. Tout ce qui représente une quelconque forme d'autorité, qu'elle soit religieuse, financière, politique ou autre... Peu importe que la structure soit bonne, en fait : ça reste une structure ! Et pour le Shaârghot, l'idée c'est de mettre la structure à bas, juste par plaisir.


Tu disais que le Shaârghot serait plus énervé : les titres de l'EP sonnent très apocalyptiques (Kill Your God, Doomsday)...
Ah oui ! Là, on est vraiment dans un contexte de fin du monde. Le Shaârghot essaye de détruire la vie une bonne fois pour toutes. Les termes abordés sont extrêmement agressifs. Tu trouveras fréquemment la notion de meurtre et de destruction tout au long de l'album car c'est ce que lui inspire l'état dans lequel il est. Vol. 1 était plus une sorte de voyage initiatique : il se découvrait lui-même et essayait de comprendre les différentes faces de sa personnalité étant donné qu'il est assez nombreux dans sa tête !



Qu'est ce qui va arriver pour SHAÂRGHOT à court et moyen terme ?
Alors prochainement, de façon imminente, on va tourner le nouveau clip pour le titre Break Your Body. On a commencé cette semaine, et on finit les deux premiers week-ends d'octobre. Ce tournage est plus étalé que pour nos précédents clips, plus compliqué aussi, mais on va essayer de faire quelque chose d'encore plus chiadé que pour Traders Must Die. Notre but est de repousser les limites de ce qu'on a déjà fait, et comme tu peux le voir avec les décors et accessoires autour de toi, on n'est toujours pas là pour beurrer les sandwiches ! Le clip sera une nouvelle escalade dans la violence de l'univers. Ensuite, on sortira le nouvel EP fin octobre - début novembre. On ne sait pas encore très bien parce qu'on attend les retours de la graphiste qui doit finir sa pochette. Je n'ai pas envie de trop me précipiter mais d'ici un mois / un mois et demi, vous risquez d'avoir du nouveau matériel dans la gueule !


Que peux-tu nous dire sur cet EP ?
Il va sortir en physique. On va le limiter à un certain nombre d'exemplaires : je pense qu'on va en faire 500, mais pas plus. Il va s'appeler Break Your Body, tout simplement. On va utiliser une version du design pour refaire quelques tee-shirts. C'est de nouveau Lyan qui l'a dessiné, qui nous avait déjà fait notre précédente pochette et nos flyers jusque là.


As-tu une vague idée de quand sortira ton deuxième album ?
Alors... On va essayer - et je dis bien essayer - de le sortir vers mars / avril, je pense. Mars / avril 2018, hein, pas 2020. Normalement. On essayera d'enchaîner avec une release-party sympa, mais je ne peux pas trop t'en parler plus pour le moment ! Il va s'appeler Volume 2 : The Advent of Shadows. Il aura droit à un vrai titre, mais il s'appellera quand même Volume 2 ! Et c'est toujours Lyan qui en dessinera la pochette.


À l'époque de Vol.1, tu disais avoir mis du temps à le finir car tu étais perfectionniste. As-tu trouvé un rythme de croisière, c'est plus facile d'aller plus vite ?
C'est sûr qu'on avance bien plus vite que sur le premier album parce qu'à l'époque je n'étais pas encore très organisé, donc il y avait beaucoup de choses qu'il fallait retaper. Maintenant on a enfin un peu de matos. C'est beaucoup plus simple de travailler comme on le fait actuellement. Cela dit, ça fait quand même un an qu'on est dessus. On a fini les maquettes il y a quatre mois environ, donc la composition aura duré à peu près huit mois... Je compose environ 85% de l'album tout seul, et laisse à mes collègues le soin des arrangements. Je prends mon temps ! Le temps qu'il nous reste, là, c'est pour le mix parce que je ne suis pas ingénieur du son donc je suis dépendant de son Altesse Sérénissime le Godfazer qui s'en occupe... C'est comme ça qu'on appelle notre ingé son, il aime bien. On n'avance peut-être pas très vite, mais on avance déjà plus vite que sur le premier !


Est-ce qu'il n'était pas plus dur de sortir un deuxième album, avec la peur de se répéter par exemple ?
Écoute, j'avais peur de ça au début. Entre le premier et le deuxième, il s'est quand même écoulé près de quatre ans en fait, entre le moment où j'ai fini les compos du premier album et le moment où je m'y suis remis. Je dois avouer que je flippais un peu, je ne savais pas trop comment j'allais faire... Et en fait, c'est revenu très vite et de façon assez simple. Et travailler avec Clémence a été très plaisant : au bout d'un titre, je ne me posais plus de question, c'était reparti et j'avais de nouveau des idées. Il y a eu un moment avec une espèce de page blanche qui m'a angoissé et qui a duré deux ou trois semaines. Je ne supporte pas de ne pas avoir d'idées ! Et puis finalement, c'est revenu. L'erreur c'est de vouloir s'imposer à faire des trucs à tout prix, il vaut mieux laisser les choses venir. Si tu te mets la pression à dire "là il faut que je sorte un truc", tu ne sortiras rien.


Tu évoquais Clémence... Peux-tu nous parler de son arrivée dans le groupe ?
L'arrivée de Clémence s'est faite petit à petit. À l'origine, elle nous avait juste proposé son aide quand on avait besoin de quelqu'un pour nous aider aux backlines. Je savais qu'elle avait un peu de matos et j'avais besoin de faire un remix pour KAMERA OBSCURA. N'ayant pas eu le temps de réinstaller mon matos chez moi, je lui ai demandé de me filer un coup de main pour qu'on le fasse ensemble. Le courant est super bien passé et je me suis dit que ça pourrait être intéressant de continuer ensemble. Elle avait vraiment beaucoup de matériel, ce qui me simplifie la vie : j'en avais marre de bosser sur des machines à deux balles ! Elle a fini progressivement par intégrer le groupe comme co-compositrice. Elle m'a aidé à retranscrire tous les trucs que j'avais dans la tête et que je suis incapable de concrétiser parce que composer des lignes de guitare, je peux le faire... par contre, pour jouer de la guitare je suis un manche, haha ! Je ne suis pas capable de te sortir deux notes ! À la base, elle jouait de la guitare mais tant qu'à faire je lui ai demandée si elle ne pouvait pas faire un peu de basse pour les maquettes. Elle s'est mise à apprendre très vite et à avoir un niveau de malade à la basse en très peu de temps car c'est quelqu'un de très bosseur. Comme la basse c'était un truc qui manquait à SHAÂRGHOT depuis longtemps, on l'a intégrée en live pour voir le temps d'un essai. On a fait ça au Bus Palladium, sur une date à Paris, parce qu'on n'a pas trop besoin de backlines à Paris. On est quand même relativement à la maison, littéralement en face de chez moi dans le cas de cette salle : on ne prenait pas un gros risque. Et ça l'a fait à mort, au niveau du son, de la présence et tout ! On a signé un bail pour voir comment ça se passerait pour le reste mais en tout cas elle a trouvé ses marques sur scène et la présence de la basse a été vraiment bienvenue car ça nous manquait beaucoup.


Tu évoquais ton remix pour KAMERA OBSCURA, tu as aussi remixé RABIA SORDA et es monté sur scène avec HERRSCHAFT et TRICKSTERLAND... Tu participes pas mal à d'autres projets, mais as-tu prévu d'inviter d'autres artistes à participer à SHAÂRGHOT, que ce soit pour des remixes ou featurings ?
Justement, il y a un featuring de prévu avec Loki Lonestar (TRICKSTERLAND, MICROPOINT, HeYs). Je ne parle pas du remix de HeYs, qu'on a fait avec grand plaisir et que vous pourrez peut-être entendre bientôt. Il y aura bien un des titres de l'album avec Loki qui y fera une petite apparition. Je me suis dit que ça serait bien d'avoir sa voix de malade mental, que j'adore, à un moment dans le disque. D'ailleurs, Clémence aussi fait un peu de backing : sur Kill Your God on entend sa voix délicate qui sent le cendrier ! Pour moi, la voix est un instrument comme un autre. Si je trouve judicieux d'inviter quelqu'un pour ça, ce ne sera pas parce qu'il a un groupe connu, ça je m'en fous, c'est parce que sa voix à un moment donné serait vachement bien.



Et tes invités, ils doivent aussi se peindre en noir ?
Alors, si c'est pour monter sur scène, ils sont obligés ! Ça c'est obligatoire. On ne fera même pas d'économies de maquillage pour ça ! Si tu veux monter sur scène avec nous, il faut être peint en noir, point barre.


L'an dernier, SHAÂRGHOT a donné pas mal de concerts, notamment au M'era Luna ou avec HOCICO dans plusieurs pays. Quels sont tes meilleurs souvenirs, et as-tu envie de parler de moments plus foireux ?
Eh bien commençons par les moments foireux ! Quand on est allés jouer à Toulouse - qui était une excellente date d'ailleurs - on n'avait pas de camion ce coup-ci. Clem nous a sauvé le coup en nous prêtant le camping-car familial, donc on est descendus à Toulouse avec ; pour le coup, c'était vraiment sympa. On avait deux lits, une table, de l'espace... c'était très chouette ! Et à un moment on entend un gros bruit et notre batteur dire "heu, les gars, y'a un problème, je crois qu'on a perdu la fenêtre". On s'arrête et effectivement : on avait perdu la fenêtre ! Il y a une photo magnifique où on voit Clémence en train de porter le Godfazer qui est en train de gaffer l'espace de la fenêtre pour reboucher le trou. C'était assez sympa, mais ça faisait un peu de bruit quand on roulait ! Heureusement qu'on était encore en été. D'ailleurs, on a perdu une deuxième fenêtre par la suite ! Le truc tombait en ruine, mais ça l'a quand même fait... Dans les moments sympas, forcément, le M'era c'était cool mais ce n'était pas forcément LA date du siècle non plus. C'était chouette de se dire qu'on allait jouer en Allemagne, mais jusqu'à présent les concerts les plus monstrueux qu'on ait pu faire ont toujours été à Paris ou à Toulouse. C'est là qu'on a vraiment rencontré le public le plus réactif et le plus violent. C'est tout con, mais les dates au Gibus font vraiment partie des meilleures qu'on ait pu faire. La salle n'est pas très grande, le public était assez compressé mais tellement énervé que parfois je me demandais si des gens n'allaient pas claquer dans l'assemblée ! Il y en a d'ailleurs une qui s'est évanouie je crois...


Et as-tu senti que des dates comme le M'Era ou avec HOCICO apportaient à SHAÂRGHOT une meilleure visibilité ?
Totalement. Par exemple, lorsqu'on a joué au Magasin 4 en Belgique avec HOCICO, absolument personne ne nous connaissait. À la suite de ça, des programmateurs sont venus nous voir, ont aimé ce qu'ils ont vu et c'est comme ça qu'on s'est retrouvés programmés pour le prochain Downhill Festival aux Pays-Bas l'année prochaine avec DAS ICH et compagnie. C'est uniquement avec ce plan-là qu'on a pu décrocher d'autres dates intéressantes comme ça. Sur ces dates là, on sait que par la suite ça débloque des opportunités. Comme nos futures dates avec PUNISH YOURSELF cet automne / hiver, d'ailleurs, on sait que leur public devrait être réceptif !


Et le Shaârghot, il préfère quoi ? Une scène immense à l'échelle de sa démesure, ou les petites salles avec plus de proximité ?
Justement, je préfère les petites où je suis plus proche du public. J'aime bien l'interaction. Quand je suis sur des grandes scènes, j'essaye toujours de voir si y'a pas moyen à un moment de descendre pour aller voir les gens parce que j'ai besoin de cette interaction, de sentir les gens... Les grandes scènes, c'est sûr c'est très drôle parce qu'il y a ce côté mégalo, où t'arrives genre "Comment ça va Paris ? - Non, c'est Mulhouse ici - Ah, pardon ! Comment ça va Mulhouse ?". Mais franchement je préfère les petites salles, tu y ressens vachement plus l'énergie, t'es plus proche du public, tu peux déconner plus facilement avec eux. C'est plus vivant. Les grandes salles, c'est plus froid et quand il y a des crash barrières je ne suis pas content ! Bon, ça peut éviter que des gens montent sur scène, comme le mec bourré qui a abimé mon matos au Glazart, mais au pire des cas, j'ai une batte... et Scarskin peut toujours se sacrifier sinon !


As-tu entamé des démarches pour approcher un label, ou as-tu été approché par un label ?
À l'heure actuelle, ce n'est pas vraiment d'un label dont on aurait besoin mais plutôt d'un distributeur et de quelqu'un qui nous fasse de la promo. C'est le genre de choses dont on manque cruellement pour le moment. Je t'avoue que le label, je ne sais pas trop à quoi ça nous servirait pour le moment, mais il nous faut quelqu'un qui nous offre de la visibilité et la possibilité de distribuer à l'étranger si possible ou dans un réseau plus large. C'est ce qui manque à SHAÂRGHOT aujourd'hui, parce qu'on va sortir un deuxième album certes, mais s'il n'y a personne pour distribuer notre truc, il restera sur une étagère dans nos chambres et ça serait quand même dommage...


A-t-on le droit de parler de l'accent anglais du Shaârghot ? A-t-il prévu de prendre des cours ?
Haha ! L'accent du personnage est "normal", c'est voulu ! Mon anglais est en réalité meilleur que ça mais je bouffe complètement les mots parce que ça va avec la psychologie de la créature, qui est complètement malade et a une élocution vraiment bizarre. C'est purement du jeu d'acteur. Donc si vous ne comprenez rien, c'est normal, c'est voulu ! De toute façon, on s'en fout : je ne donnerai JAMAIS les paroles, sachez-le ! J'ai décrété que dans le monde du Shaârghot tout le monde parlait anglais, tout simplement parce que c'est la langue la plus commune et que dans l'univers dans lequel tout cela se passe, la troisième guerre mondiale a eu lieu. Il n'y a plus qu'une seule culture globale qui domine. Les anciennes langues sont interdites tout simplement car il faut, au nom du libre-échange, parler une seule langue car c'est bien plus simple. L'anglais est la seule langue disponible dans votre supermarché, voilà !


Voudrais-tu ajouter quelque chose, aborder un autre sujet en conclusion ?
Oui ! Je n'ai toujours pas réussi à envoyer Scarskin Omega à l'hôpital, je suis déçu. Mais ça va bien finir par arriver un de ces quatre quand même. Je l'ai déjà blessé une fois ou deux, ou mieux que ça : que le public le blesse ! Je ne sais pas si tu as remarqué mais dans le clip live de No Solution qu'on a sorti, il y a un moment où il revient sur scène littéralement projeté par le public. On ne voit pas vraiment très bien mais tu vois une ombre passer en vitesse : les gens l'ont pris en slamant et il fait véritablement un vol-plané jusqu'à l'autre bout de la scène et s'éclate de tout son long. Il s'est vraiment fait très mal !


Merci beaucoup et à la prochaine !