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Balance of Terror

“World Laboratory„

Spoon 05 septembre 2017

Il y a longtemps qu'un groupe de brutal death metal ne m'avait autant emballé ! Le dernier en date étant BENIGHTED et c'était il y a maintenant plus de 10 ans. Il faut dire que le genre pullule de groupes aussi brouillons que leurs calligraphies. Alors quand on tombe sur un visuel qui présente autre chose que des joujoux médicaux ou une montagne de cadavres, on peut s'attendre à une bonne surprise qui diffère d'un ersatz de goregrind. BALANCE OF TERROR se démarque de la fosse commune en ne sombrant pas dans une cacophonie de gorets égorgés en proposant une variation vocale qui dissipe l'ennui de la répétition. Grunt, growl, scream, pig squeals, slam… toute une palette est à notre disposition pour accompagner et renforcer les changements de rythme, accentuer les passages les plus fracassants, ou encore nuancer les moments plus mastocs.


Après une brève intro qui ressemble plus à un échauffement qu'à un acheminement, mais qui annonce de fait la couleur, c'est absolument sans aucune transition que l'album démarre pour sept pistes de brutalité d'une dynamique inexhaustible. Si les pistes en elle-même sont fluides dans leur continuité, la transitions entre celles-ci se révèlent plutôt abruptes et l'on se sent parfois perdu dans l'écoute. Un détail paradoxal quand on constate que l'une des grandes forces de BALANCE OF TERROR réside dans ses intros. Les chansons sont toujours amenées de façon sèches mais passé ce détail, nos cervicales se laissent bercées par le ronronnement de la tronçonneuse et se mettent à hocher au rythme d'un blast présent mais néanmoins non intrusif.


L'ensemble structuré de ce premier album qu'est World Laboratory propose quelques subtilités au genre avec entre autres l'hétérogénéité de Gap dans ses variations de rythme, Erase avec ses riffs bien massifs et Rest in Beast qui se démarque par son grind dévastateur ou encore Ecclesiastical Putridity dont le côté brutal death ressort par le jeu vocal. Avec ce premier album, BALANCE OF TERROR fait mouche en privilégiant le death plutôt que le brutal, résultant d'une technicité intelligente de l'usage de la brutalité sublimée par un spectre phonique maîtrisé.