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Agent Side Grinder @ JH Wommel - Wommelgem (BE) - 10 février 2017

Cécile Hautefeuille 14 février 2017 Cécile Hautefeuille Cécile Hautefeuille

Cette fois, c'est la bonne. Il est... bien trop tard lorsque le concert de AGENT SIDE GRINDER débute, et la salle est d'ores et déjà liquéfiée. Il fait froid dehors, très froid. Il fut donc décidé de booster le chauffage à l'intérieur, ce qui apparaît de prime abord comme une bonne idée. Mais 200 personnes enfermées dans une cave à se dandiner frénétiquement et 2h après le début de cette soirée, ça dégouline de sueur un peu partout. Arrivés avec un sous pull, une polaire, une veste et un manteau d'hiver, le public n'est pas loin de finir la nuit à poil. Les murs suintent.


C'est dans cette ambiance que les 5 géants suédois montent sur la scène du JH Wommel qui leur semble toute, mais alors vraiment toute petite. On a beau coller les musiciens chacun contre un mur comme s'ils étaient punis et sans possiblité de sortir sans trébucher sur trois câbles ou un pied de synthé, il n'en reste pas plus de place au centre de la scène pour permettre à Kristoffer Grip de se mouvoir. Et connaissant l'ampleur de ces mouvements sur scène, on craint l'incident avant la fin du set. Il ne fait nul doute à ce moment que Dirk Ivens, présent ce soir-là, ne rejoindra pas le groupe pour un duo sur Bring it Back, comme il fut le cas lors du Bimfest 2014.


Faut-il rappeler le talent de ces cinq garçons ? Si vous ne vous souvenez plus de nos appréciations précédentes, vous pourrez les trouver ici, ici,  ou encore , et bientôt dans deux futurs Live Reports, puisqu'il faut voir AGENT SIDE GRINDER avant que 5 ne fassent plus que 2. Enfin, si vous voulez les lire, nous avions réalisé une interview du groupe en 2015. Le constat est clair : AGENT SIDE GRINDER est le phénomène electro de cette décennie. C'est 15 ans de carrière à galérer gentiment, pour commencer à réellement percer en Europe l'an dernier, et se voir enfin programmé dans des festivals tels que le M'era Luna, pourtant peu adapté à cette musique sombre et underground. Mais le talent finit toujours par se remarquer et par être salué.


Mais le groupe n'oublie pas d'où il vient et sait remercier ceux qui les ont toujours soutenus, comme c'est le cas de Bodybeats Productions, qui les programme toujours avec plaisir en Belgique. Sur scène, ils jouent chaque fois comme si leur vie en dépendait. Hormis Johan Lange, éclairé tout du long par un énorme spot rouge mal réglé, le concert se déroule pratiquement dans le noir total. Peter Fristedt, surnommé "le bidouilleur", est à peine visible de tout le concert. Le groupe enchaîne les morceaux sans setlist, parce que tout, tout chez AGENT SIDE GRINDER, est live. Néanmoins, ce sont les classiques qui sont interprétés : Look Within, Into the Wild, Mag 7, Giants Fall, For the Young, This is Us, Life in Advance.


Puis vient le temps pour Kristoffer Grip de revenir sur la nouvelle qui donne mal au coeur. Il annonce son départ et celui de Henrik Sunbring et Tobias Eidevald, remercie le groupe pour ses années de pur bonheur et le public de les avoir soutenus pendant de si longues années. Et il enchaîne sur un tout nouveau titre. Pardon ? Vous avez dit nouveau titre ? Malgré le départ de trois de ses membres, AGENT SIDE GRINDER continue dans sa formation initiale, avec Johan Lange et Peter Fristedt. Mais pour les Belges dans l'assistance, ce fut la première et la dernière fois qu'il eut l'occasion d'entendre ce nouveau morceau, aussi percutant, brillant, génial que les précédents.


Lorsque vient le tour de Wolf Hour, le public s'émoustille. ce titre reste l'un des préférés du public, avec This is Us. Preuve du direct, le morceau s'arrête en plein milieu suite à une petite boulette de la part de Henrik Sunbring. Le rythme s'accélère d'un coup, ne suivant plus la mesure des autres musiciens. Henrik annonce qu'il est prêt à reprendre, mais le problème se reproduit. Éclats de rire dans la salle. On entend un "This is Live!" et tout le monde encourage le groupe à reprendre. Johan et Kristoffer invite le public à chanter avec eux, et le morceau redémarre avec les sourires complices des membres du groupe. C'est un peu bête à dire, mais c'est pour ce genre de couacs qu'on apprécie les concerts, la connivence entre les musiciens, l'intimité avec le public, l'imprévu qui se déroule sous nos yeux et qui écrit l'Histoire.


Le show se termine sur Die to Live en rappel, qui déchaîne toujours les foules. Après une ovation bien méritée, le groupe s'éclipse par le public qui lui laisse un petit chemin où se frayer. Il est presque 1h du matin, et el froid s'est abattu sur Wommelgem, après ces quelques jours de redoux. Le retour en voiture de plus de deux heures finit de m'achever. À peine garée devant la maison, la neige commence à tomber. Une nuit de conte de fées.