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Paradise Lost

“Medusa„

Pierre Sopor 11 septembre 2017

Dans le très solide et élégant The Plague Within, sorti il y a deux ans, PARADISE LOST renouait avec un son dense, massif et intense alors que Nick Holmes retrouvait ses intonations gutturales glorieuses. Visiblement, le groupe anglais a lui aussi trouvé que c'était un bon album et a choisi avec Medusa de sonner encore plus lourd, plus lent, plus doom. Le nord de l'Angleterre n'encourage manifestement pas plus que ça à la joie de vivre, et Holmes, Mackintosh et toute la bande (qui compte un petit nouveau en la présence du jeune batteur Waltteri Väyrynen) comptent bien nous le faire savoir.


Fearless Sky plante le décor de manière magistrale, avec son rythme pesant, son ambiance funèbre et son chant suintant de désespoir qui s'éclaircit vers la fin du morceau. D'une durée étonnamment longue pour un titre de PARADISE LOST, le morceau s'achève avec des riffs plus dynamiques et un chant entraînant et mélodique fédérateurs en diable. Après cette entrée en matière plus que séduisante, Gods of Ancient ne devrait pas dénoter : le son reste très lourd, le chant guttural évoquant les périodes les plus death du groupe et les inspirations antiques et païennes viennent donner au disque le petit background folklorique qui va bien. Nick Holmes, en évoquant Medusa, parlait d'un album plein de misère, et sa description convient parfaitement à ce qu'est le disque : une marée noire, opaque, oppressante et pessimiste. Et pourtant, de toute cette poisse se dégage régulièrement, tels les soubresaut d'un mourant, tantôt un solo, tantôt quelques riffs rapides qui insufflent un peu de vitalité au pessimisme de l'ensemble (on pense notamment à Blood and Chaos et son tempo plus rapide). Holmes économise sa voix claire pour de rares passages mélodiques saisissants, qu'il s'agisse du morceau-titre ou des refrains de The Long Winter par exemple. 


Alors que l'édition standard de l'album s'achève de manière particulièrement sombre, lourde et rugueuse avec Until the Grave, l'édition collector propose deux titres bonus, Shrines et Symbolic Virtue moins extrêmes, flirtant parfois avec un metal gothique élégant et racé. On n'irait pas jusqu'à dire que l'album s'achève sur une note légère, mais il est clair que les refrains de Symbolic Virtue, dont le chant rappelle le très DEPECHE MODE-esque Host ne laisse pas le même goût amer que Until the Grave en guise de conclusion. Cependant, malgré ses qualités indéniables en terme de composition, d'écriture ou d'ambiance, Medusa manque peut-être d'un brin de folie pour nous surprendre. Certes, c'est très bon et toute cette épaisseur et cette noirceur font sincèrement plaisir à entendre, mais à trop continuer sur les routes (ré)ouvertes par The Plague Within, lorgnant vers le passé du groupe, l'album a du mal à dépasser le stade d'oeuvre solide, aboutie avec honnêteté et talent, mais somme toute totalement conforme à ce qu'on attendait de PARADISE LOST


Ne boudons cependant pas notre plaisir : Medusa est un très bon disque, et si la lourdeur retrouvée du groupe avait su vous séduire il y a deux ans, alors le charme ne pourra qu'opérer à nouveau tant Medusa continue sur la lancée de The Plague Within, approfondissant la démarche. 



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