Wave Gotik Treffen 2016 - Jour 4 @ Leipzig (16 mai 2016)

Live Report | Wave Gotik Treffen 2016 - Jour 4 @ Leipzig (16 mai 2016)

Cécile Hautefeuille 04 juin 2016 Cécile Hautefeuille

Nous y sommes. Dernière journée du Wave Gotik Treffen, un vrai marathon chaque année. Il faut toujours garder des forces pour tenir jusqu’au bout. Car ce lundi valait aussi le détour. Un lundi que nous avons passé à l’Agra, pour changer. Il n’y a pas à dire, c’est la salle la plus chouchoutée du festival. Outre sa capacité d’accueil qui lui vaut de recevoir les têtes d’affiche du festival, l’Agra se compose, pour moitié de son espace, de tous les stands de merchandising du festival. Les marques de vêtements les plus renommés viennent s’installer, et l’on peut baver sur des robes en latex à 300euros, ou faire des affaires car certaines promotions sont très alléchantes. À l’extérieur, plusieurs dizaines de stands de nourriture s’éparpillent autour du hangar, ce qui manque cruellement aux autres salles. Devant le Volkspalast et Kohlrabizirkus, on trouve un mini stand de curry wurst. Devant la Stadtbad, même chose, un stand de bières en plus. Pour les autres salles, il faut trouver à se sustenter soi-même. L’Agra est donc souvent le choix le plus rationnel des festivaliers : camping, nourriture, bar à cocktails, de quoi s’asseoir, merchandising, gros concerts… le choix est vite vu. Pour clôturer le festival, l’Agra recevait ce lundi des groupes 100% electro. On n’a pas pu résister.

Neuroticfish - Agra Halle

On débute la journée avec un groupe qui, après plus d’une décennie d’absence dans les charts, est revenu en force en 2015 avec l’album A Sign of Life. NEUROTICFISH a su réinventer sa musique et rendre la synthpop, qui a pris un petit coup de vieux ces derniers temps, plus moderne que jamais. Depuis, NEUROTICFISH fait la tournée des festivals pour notre plus grand bonheur. On ne peut pas dire qu’ils soient les rois de la mise en scène. Mais ils sont loin de s’en soucier. Le groupe reste toujours discret et ne cherche pas la surmédiatisation. Il ne faut donc pas s’attendre à du grand spectacle comme avec PETER MURPHY. NEUROTICFISH se concentre sur la musique, pour offrir le meilleur son possible. Dès le début de Silence, les voix se font entendre. Le public accueille très chaleureusement le groupe qu’il attendait visiblement depuis longtemps. NEUROTICFISH enchaîne pendant plus d’une heure les tubes, alternant les nouveaux morceaux avec des plus anciens. La réaction du public est telle qu’on a du mal à croire qu’ils jouent en ouverture de cette journée.

Velvet Acid Christ - Agra Halle

Voilà un groupe que je ne voulais pas rater. Les américains viennent rarement nous rendre visite, et VELVET ACID CHRIST est longtemps resté ce projet mystérieux qui ne faisait pas de live mais possédait quelques gros tubes qui faisaient danser la génération 2000’s. Depuis quelques temps, VAC est devenu un groupe live autour de quatre membres, au chant, synthé et batterie électronique. Mais c’était personnellement ma première fois. Et probablement ma dernière. On m’avait pourtant prévenue, avec des gros panneaux stop et des points d’exclamation. Je ne pouvais pas dire que je ne le savais pas. Mais je voulais voir de mes propres yeux. Effectivement, VELVET ACID CHRIST reste la plus grosse déception de ce WGT. Pas pour une bonne partie du public, qui vient pour danser et applaudit à chaque chanson. Mais certains ont quand même fui l’Agra. Les morceaux s’enchaînent, se répètent, aucune cassure de rythme, juste un long monologue et très peu des mélodies qui ont bercé mon adolescence. Le son de VAC est tellement distordu, travaillé, manipulé en amont, qu’en live… tout s’effondre.

Aesthetic Perfection - Agra Halle

Petite déception aussi du côté d’AESTHETIC PERFECTION. Mais où est donc passé Tim Van Horn ? Le batteur fou n’était pas présent pour ce WGT, laissant à Daniel Grave et Elliot Berlin le soin de faire le spectacle. Heureusement pour nous, ils sont plutôt doués à ce jeu-là. AESTHETIC PERFECTION déçoit rarement en live. Avec peu de choses, le duo parvient à nous surprendre, nous faire rire, pleurer. Leur musique est accessible à un large public, et leurs gimmicks se chargent du reste. D’autant plus que leur fanbase, très fidèle, est toujours au rendez-vous. Très bon souvenir.

Agonoize - Agra Halle

Une partie du public les adore. L’autre les déteste. Pour la même raison. Et on adore les détester. Tous viennent voir AGONOIZE pour ressortir peinturluré de jus de cerise bien collant. Alors bien entendu, lorsque Chris L. annonce quelques jours auparavant sur Facebook : « ce concert sera le plus sanglant de toute l’histoire d’AGONOIZE », vous pensez bien que ça ramène du monde. L’Agra n’est pas pleine, mais presque. Le WGT a bien choisi sa tête d’affiche du dernier jour. Pas très grave si on se salit, demain c’est fini. Mais finalement, AGONOIZE frappe là où on ne l’attend pas. Le concert commence sur une suspension aérienne qui n’a plus été pratiquée depuis quelques années. Alors évidemment, quand on fait quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de faire, ça foire toujours un peu. Ici, c’est le micro qui fait des siennes. Tout le premier couplet de Deutsch passe à la trappe. Et en lieu et place d’une chorégraphie maîtrisée, Chris nous offre des moulinets de jambes en l’air et cherche les fils de son micro dans son dos. Bon. Le spectacle fait tout de même son effet et AGONOIZE offre ce soir-là une prestation plus dynamique que jamais. Évidemment, le sang a coulé à flot, de partout, dans tous les sens. Pour le plus grand bonheur du public, toujours prêt à en redemander. Pourtant, le groupe a annoncé qu’il ne jouerait plus, jusqu’à nouvel ordre, sur le sol allemand. À Suivre.

Abschlussparty - Moritzbastei

Eh bien oui. On est lundi. Le WGT c’est fini. Alors lâchons la bride et amusons-nous un peu. Le mythique Moritzbastei est un point de ralliement connu des habitués pour y abriter la soirée de clôture du festival. L’endroit est un dédale de salles et de couloirs en brique et pierre apparentes. Plusieurs étages, qui s’enfoncent toujours plus dans les ténèbres, plusieurs bars, plusieurs pistes de danse. Toutes pleines à craquer. Il faut faire la queue pour trouver un coin de table et se serrer sous les ogives pour danser. Orgie de musique, de boissons, de rencontres. Les gens défilent toute la soirée et c’est souvent là qu’on retrouve les amis qu’on a manqués pendant le festival. La playlist de cette année, sur la piste de danse principale, était particulièrement soignée et donnait envie de se trémousser sans fin. Il y eut malheureusement un incident au petit matin, lorsqu’un chargé de la sécurité, pressé de rentrer chez lui, a tout bonnement éteint l’électricité et s’est battu avec le DJ. Pas de blessés mais une belle frayeur pour clôturer ce WGT.