Obszön Geschöpf @ Atomic Fest - Paris (06 décembre 2015)

Live Report | Obszön Geschöpf @ Atomic Fest - Paris (06 décembre 2015)

Erick 24 juillet 2016 Pierre Sopor

Après quinze ans de carrière, Obszön Geschöpf a évolué d'un projet solo de dark electro à un groupe de metal industriel flirtant avec le thrash metal, influencé par le grunge et le hip-hop old school. Difficile de savoir à quoi s'attendre, d'autant plus que ce jour là un des guitaristes manque à l'appel : il est coincé en Inde, la faute à des inondations. Voilà qui ne s'invente pas. C'est donc une formation réduite qui vient s'installer sur la scène de l'Atomic Fest, face à un public plus épars que quelques heures plus tôt... Et encore, le groupe est d'autant plus réduit que Remzi Kelleci, le cerveau derrière Obszön Geschöpf, a visiblement disparu juste au moment de monter sur scène. S'en suit une scène surréaliste où ses musiciens partent le chercher pour finalement le retrouver... aux toilettes ! Le trac peut-être ? Ou bien ce sont les bières qu'il s'est enfilées toute la journée...

C'est donc à trois (quatre si l'on compte le squelette aux yeux lumineux posé sur scène) qu'Obszön Geschöpf engage enfin les hostilités. Et là, c'est la surprise. En live, le son arrache. Les riffs sont particulièrement agressifs, Remzi braille comme un possédé. La violence de ce qui nous tombe dessus était inattendue. Entre les rythmiques pachydermiques répétitives, hypnotiques, et les grognements bestiaux de son frontman, difficile de toujours reconnaître les morceaux joués, tous issus d'albums récents, ou de comprendre ce qui est en train de se passer. Alors que nos tympans se font réduire en bouillie, que l'éclairage (et ce drôle de squelette !) nous plongent en pleine attraction foraine, le mignon petit Remzi assure le show. Il est comme possédé, grimaçant, hurlant, crachant sa rage (et pas que) dans tous les sens... avant de soudainement sembler absent, comme perdu sur scène, s'asseyant sur son bord le temps de s'allumer une clope pendant que ses musiciens continuent d'assurer le concert. Ces deux-là semblent même remplir le rôle de baby-sitter, retournant chercher leur chanteur quand il disparaît, s'amusant de ses facéties. Entre le caractère imprévisible de Remzi Kelleci et la violence du son, le show se fait de plus en plus chaotique et jouissif jusqu'à ce que le public envahisse carrément la scène lors du dernier morceau. Kelleci, lui, n'en a rien à foutre : ça faisait un moment qu'il en était descendu pour venir beugler parmi ses fans. Une fois ceux-ci tous montés tenir compagnie aux musiciens imperturbables, il peut s'asseoir par terre et terminer sa cigarette pénard, pendant que la fête continue jusqu'à la fin du show.

Obszön Geschöpf sur scène, grâce à des musiciens impliqués et un frontman totalement barré, c'était le chaos, c'était la violence, c'était drôle, c'était n'importe quoi. Pas sûr que tout le monde ait compris ce qui s'est passé ce soir là, mais la performance du trio valait le détour !