Kalte Sterne Festival 2017 - Kalte Sterne Festival 2017 @ Oberhausen (16 avril 2017)

Live Report | Kalte Sterne Festival 2017 - Kalte Sterne Festival 2017 @ Oberhausen (16 avril 2017)

Cécile Hautefeuille 18 avril 2017 Cécile Hautefeuille Cécile Hautefeuille

L’attente a pris fin le week-end dernier. La deuxième édition du Kalte Sterne Festival s’est déroulée le 15 et 16 avril dernier à Francfort et Oberhausen. Organisé par Nachtplan, le Kalte Sterne, c’est un compromis entre festival et tournée de concerts. Quatre groupes se succèdent le temps de deux soirées dans l’ouest de l’Allemagne. Quatre groupes electro, retro, et de qualité. Il ne faut pas chercher de rockstar, le Kalte Sterne Festival vise un public d’avertis qui n’a pas peur de s’enfoncer dans l’underground sombre et tortueux. Pourtant, la salle d’Oberhausen affiche presque complet. Un public de tout âge s’est réuni pour célébrer quatre groupes de talent.

Schonwald

Le duo ne vous est peut-être pas inconnu puisque nous avions déjà assisté à l’une de leurs représentations en 2015 lors du Wave Gotik Treffen. Ce groupe italien, qui va bientôt fêter ses 10 ans, surfe sur la vague retro shoegaze et touche un public de plus en plus large. La Fender reverb, la voix éthérée, les cheveux dans la gueule et l’air blasé, tout y est. S’il n’y a rien à redire à la musique, elle n’invente rien. Des groupes de ce genre, il en existe beaucoup, et en restant le visage caché pratiquement tout le show et en n’insistant pas sur une signature vocale, le duo manque de charisme sur scène. SCHONWALD n’a rien de désagréable, mais aucun titre ne se détache de cette prestation.

QUAL

QUAL, c’est le projet solo de William Maybelline, moitié du talentueux LEBANON HANOVER. Et quand on connaît le personnage timide caché derrière sa basse, on trouille un peu quant à la performance solo. En septembre dernier, sa prestation au NCN avait révélé une nouvelle personnalité de William Maybelline, plus féroce, plus brutale, plus EBM. Mais le temps morose (il avait plu durant tout le concert) avait empêché le public de s’extasier. Cette fois, nous sommes à l’intérieur, il fait bien noir dans la salle, et bien chaud. Le décor parfait pour un concert de QUAL. Et les fans sont présents. Les premiers rangs se remplissent et le public se trémousse en rythme. Le personnage Maybelline est drôlement hypnotique. Nous parlions de charisme… en voilà ! Il est seul sur scène, sans instrument, et parvient à tous nous bluffer. Le Kalte Sterne Festival a révélé ce projet, loin de la Darkwave froide et sirupeuse de LEBANON HANOVER. Maybelline se déchaîne sur scène, nous sort une chorégraphie de camisole, passe la moitié du concert les yeux révulsés et frappe le sol avec une grosse chaîne en métal, en rythme ou non, frénétiquement, inlassablement, violemment. On est presque gêné, désarçonné face au côté obscur de QUAL. Un vrai coup de cœur.

THE KVB

Grande première pour VRDA, THE KVB joue pourtant plus souvent en France qu’en Allemagne. Ce duo britannique qui a l’air tout juste sorti de l’œuf est en fait déjà sur les rails depuis 7 ans et a réussi à se faire un vrai nom dans la scène electro shoegaze. Il faut même reconnaître qu’il était presque plus attendu que la tête d’affiche AGENT SIDE GRINDER. La salle est pleine à craquer pour accueillir Kat Day et Nicholas Wood. Le duo est très complice sur scène. Kat Day fixe son regard sur Nicholas et suit ses moindres mouvements. Stress ou habitude, les deux restent un peu dans leur monde comme en salle de répétitions. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’interaction avec le public, mais c’est aussi le style qui veut ça. La qualité des morceaux couvre ce petit bémol, on ne peut pas s’empêcher de danser sur THE KVB. Mieux, on entre assez facilement en transe, vous savez lorsque vous fermez les yeux et que tout disparaît et vous entrez dans un autre monde sans savoir si vous pourrez en ressortir. On se laisse porter par le groupe qui nous emmène bien loin. Jusqu’à ce Nicholas casse son Mi. La note, oui. Nicholas pète sa corde en plein morceau, et continue comme si de rien était. En coulisse, Luca Bandini de SCHONWALD a assisté à la scène et propose finalement à Nicholas de troquer sa jazzmaster blessée contre sa jaguar. Nicholas accepte volontiers et poursuit le show avec une nouvelle guitare. C’est le moment parfait pour débuter le tube historique du groupe, Never Enough, qui révèle pour la première fois de la soirée la voix de Kat Day. Malgré le succès du groupe et la relative avance sur le programme, THE KVB quitte la scène à seulement 21h15, sans rappel.

Setlist :
01. White Walls
02. Night Games
03. Fixation
04. Always Then
05. In Deep
06. Awake
07. Into the Night
08. Never Enough
09. Hands
10. Dayzed

Agent Side Grinder

Bon. Cette fois, promis, j’évite d’en faire des tartines. Ayant appris la fin de l’ère AGENT SIDE GRINDER à 5 en janvier dernier, il a bien fallu assister à tous les concerts possibles jusqu’à la séparation programmée la semaine prochaine. Voilà pourquoi VRDA vous bassine avec ce groupe, et n’en a pas fini. Tout simplement car c’est le groupe de la décennie, et s’il faut encore le rabâcher, nous le rabâcherons. C’est donc l’avant-dernier concert du groupe dans sa constellation actuelle, et ça fait drôlement mal au palpitant. Le temps du concert, il faut oublier et profiter du présent. D’un concert bien saignant, mais aussi bien trop court. On sent quand même que c’est la fin, il y a cette touche de nostalgie dans les yeux de chacun, et en même temps cette rage. Kristoffer Grip ne tient jamais en place, et devient de plus en plus furieux au cours du set. Entre deux titres, il lance finalement : « N’oubliez pas que le groupe continue avec Johan et Peter et tout comme vous êtes venus en nombre ce soir, j’espère que vous continuerez à aller les applaudir lorsqu’ils reviendront vous voir ». Le public est déchaîné, jamais les applaudissements n’ont été aussi chaleureux. L’Allemagne fait comprendre à ASG qu’elle ne veut pas qu’il la quitte. Je n’irai pas plus dans les détails que vous connaissez déjà par cœur. Le dernier concert de AGENT SIDE GRINDER se tiendra ce samedi à Halberstadt à l’occasion du Kasematten Festival. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Setlist :
01. Into the Wild
02. Life in Advance
03. Look Within
04. Giants Fall
05. Mag 7
06. For the Young
07. This is Us
08. Wolf Hour

Rappel :
09. (Untitled)
10. Die to Live