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Interview : Amenra

Pierre Sopor 28 novembre 2017

Il aura fallu attendre cinq ans pour entendre le nouvel album d'AMENRA, l'impressionnant Mass VI (chronique ici). Avant une tournée marquée notamment par des passages à Paris et Lille en janvier, et malgré un agenda chargé, Colin H. Van Eeckhout a pris le temps de répondre à nos questions. 

Mass VI est un album qui contient plus de passages apaisés. Peut-on y voir l'effet cathartique de votre musique, après vingt ans de tourments ?
Je pense que cette évolution peut s'entendre dans notre narration. On s'améliore de ce point de vue là. On arrive à traduire nos expériences et les émotions qui les entourent de manière plus fluide, plus naturelle. Notre musique sera toujours cathartique, ou agira comme une espèce de thérapie.


Le disque est sorti il y a quelques semaines. Quel regard portes-tu dessus désormais ? Es-tu en paix avec ?
Je n'ai que quelques frustrations minimes, voire aucune. J'en suis fier et je crois sincèrement qu'on a écrit un document puissant et honnête. Sa valeur est vraie et profonde.



Vos concerts, comme votre musique, ont un aspect rituel. Ces rituels peuvent-ils rester pertinents quand on doit les répéter chaque soir en tournée ? Et le reste du temps, vivez-vous sans ces rituels ?
Ça fait du bien de ne pas avoir ces rituels à la maison, mais c'est nécessaire de les avoir chaque soir en tournée. On s'est habitués à notre mode de vie. On s'y contraint et on les accepte pour qu'ils restent pertinents. On essaye de frapper fort chaque soir. On vise haut, on cherche à lancer le meilleur assaut contre tout ce qui jette un voile d'ombre sur nos vies. Il y a des moments de profonde introspection. Et quand tu te forces à remettre en question ta vie, tu en retires automatiquement plus de lucidité, plus de force.


Cet aspect très rituel semble très exigeant physiquement...
Il est essentiel à nos concerts où s'expriment la musique, les mots et le corps par tous les moyens nécessaires. Il faut juste trouver une raison sincère de le faire, qu'il y ait une intention derrière.


En parlant de se surpasser, n'est-ce pas le propos d'AMENRA : trouver ses limites et les dépasser ?
Surpasser et venir à bout de ce qui semblait impossible à surpasser... Continuer à avancer, ensemble. 


Peux-tu nous parler du clip de A Solitary Reign, sorti il y a quelques jours ?
C'est un voyage, un pèlerinage... Les hommes en noir, les chiens noirs. La mère. Le sacrifice. L'ascension. Le clip a été réalisé par la mère du fils de Mathieu (Van de Kerckhove, guitariste du groupe, ndlr), Tine Guns.


AMENRA ne se serait pas plus tourné vers l'extérieur que par le passé ? Il a des reprises sur votre album live, Levy a participé à la création de Mass VI, tu chantes en trois langues différentes...
Pas plus qu'avant, non. Au contraire : c'est toujours ce que le monde extérieur nous fait vivre qui compte pour nous.


Avec tous vos projets différents, travailler en groupe est-il devenu plus contraignant ? Ou vous retrouver est-il un autre rituel qui devient nécessaire pour vous ?
Oui, c'est de plus en plus difficile de faire correspondre les agendas de chacun. Mais je crois vraiment qu'un jour on arrivera à les faire correspondre parfaitement, et chacun pourra travailler pleinement et exprimer tout son potentiel individuel. Comme le flux et le reflux de la marée, chaque groupe avance et recule.


Peux-tu nous parler de tes autres projets sur lesquels tu travailles actuellement ?
Le prochain album sur lequel je travaille sera pour ABSENT IN BODY (un side-project avec Scott Kelly de NEUROSIS dont le premier album est sorti début 2017). Ça, et une collaboration entre CHVE et SYNDROME. Et en ce moment même, WIEGEDOOD est en train d'enregistrer leur troisième album, et OATHBREAKER est en phase d'écriture pour du nouveau également.


Merci beaucoup Colin. Voudrais-tu ajouter quelque chose pour conclure ?
Beaucoup de gratitude. Merci beaucoup pour cette interview.


 La photo du groupe est signée Stephan Vanfleteren.