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Interview : Benjamin'sPlague

Demona Lauren 07 juillet 2017

Il serait probablement quelque peu inutile de rappeler à quel point les Pays-Bas ont contribué au développement de la scène électro depuis maintenant des années. Sur la scène plus spécifique de la dark music, il en est de même mais lorsque nous pénétrons l’univers de la dark music underground, il est, par contre, difficile de ne pas faire mention de BENJAMIN’SPLAGUE. Né d’un projet solo de l’artiste et producteur musical néerlandais Benjamin Schoones, BENJAMIN’SPLAGUE ne bénéficie cependant pas d’une large promotion. Cela n’a pourtant jamais dissuadé Blind Mice Productions de lancer le tout premier EP. En 2014, Schoones sort le single You Will Pay, teinté d’une coloration dark électro doublée de beats à la fois puissants, éclectiques et violents. Composé de seulement trois morceaux, My Own Betrayal, You Will Pay et son remix signé XMH, le single est malgré tout un grand succès parmi ceux qui découvrent le projet musical et les premiers à être attirés par les mouvements rythmiques déchirants et les couvertures vocales torturées. En avril 2016, nous vous parlions de BENJAMIN’SPLAGUE, rappelez-vous, dans notre live report en direct de Bochum où Schoones présentait sa musiique au Matrix. Depuis, il n’a jamais cessé d’évoluer et dénier parler de lui pourrait être bien dommage. En juin 2017, il est de retour avec un nouveau single intitulé Tyrants Will Fall, encore meilleur et plus marquant peut-être, que ses œuvres précédentes. BENJAMIN’S PLAGUE nous convainc tout particulièrement avec son impressionnant Tyrants Will Fall, le titre éponyme et Coming Back For More, tous deux de purs hommages au lyrisme sombre et au puissant chaos. En d’autres termes, la popularité du projet de Schoones n’est peut-être pas de l’envergure d’un COMBICHRIST ou d’un SUICIDE COMMANDO mais a toutes les raisons d’être exploré et apprécié. Jetons-y un coup d’oeil dès maintenant.

Benjamin, comment vas-tu ? C’est un plaisir de s’entretenir avec toi aujourd’hui. Avant toute chose, pourrais-tu te présenter en quelques lignes aux personnes qui ne te connaissent pas encore très bien ?
Salut, je vais bien, merci. Je m’appelle donc Benjamin, un artiste, musicien, DJ et étudiant néerlandais. Les gens pourraient peut-être avoir déjà entendu parler de moi grace à mon autre projet, post-industriel et witch house, NOIRE ANTIDOTE.


Dans le titre même de ton projet, on note un sentiment très personnel. Je veux dire, il ne s’agit pas de n’importe quel « fléau » (ND : traduction de ‘Plague’) mais de celui de « Benjamin ». Qu’est-ce que cela englobe exactement ? Es-tu le fléau en question ?
D’une certaine manière, oui. Le « fléau » en question est, effectivement, quelque chose que je peux exprimer uniquement à travers ma musique. Je suis très différent de l’artiste de BP dans ma vie de tous les jours et j’essaye toujours de garder une certaine distance entre ces deux versions de moi-même. J’use de BENJAMIN’SPLAGUE en tant qu’outil à la catharsis et l’expulsion de tous les sentiments et la frustration rejetés à travers l’écriture de ma propre histoire musicale.


Au final, quelles sont les autres principales inspirations de ta musique ?
J’écoute beaucoup de musique en journée, quand je travaille sur mes projets académiques, quand je sors ou encore quand je n’ai tout simplement rien à faire de spécial. Et pas forcément des genres musicaux que je produis moi-même telle que la dark music ? Mes parents m’ont élevé dans un univers empreint de musique classique dont je pense que cela a constitué une des mes plus grandes influences. J’adore également apprécier un bon film ou toute autre œuvre d’art. Mais, quand j’en viens à composer ma musique, je ne m’inspire consciemment de rien en particulier. Cela émane juste d’une impulsion pure et simple.


D’ailleurs, tu es relativement un mystère aux yeux des connoisseurs de l’industrie. Pourrais-tu nous en dire plus sur l’homme derrière le projet ?
La semaine, je suis avant tout un étudiant. Je suis actuellement en dernière année de graphisme et je m’apprête, par la suite, à entrer à l’école d’art pour un diplôme en animation et illustration de 4 ans. Comme je l’ai mentionné plus tôt, il est vrai que je tente de garder une certaine distance entre ma vie quotidienne et ma musique. Je suis bien plus introverti durant la semaine et bien plus une personne, dira-t-on, sociale durant le weekend lorsque je ressens un besoin de sociabilité. Et puis, je suis également à l’origine d’un événement appelé Audio Convulsion à la Hague mais je suis aussi impliqué dans plusieurs autres événements ici et là.


 


Tu as sorti ton Tyrants Will Fall le 30 juin dernier et nous tenons à dire que la combinaison vocaux torturés masculins/voix féminine mélancolique est vraiment convaincante. Pourquoi as-tu finalement opté pour la contribution d’une voix féminine dans BENJAMIN’SPLAGUE l’an dernier ?
Il y a toujours eu une part de mélancolique dans la musique. Mais je ne suis pas le meilleur vocaliste moi-même et j’ai toujours voulu intégrer un élément plus féminin dans ma musique. J’ai toujours trouvé qu’une voix claire rendrait ma musique encore plus profonde. Alors Annicke (NB : l’artiste co-vocaliste de BENJAMIN’SPLAGUE) s’est jointe au projet, tout d’abord en tant que simple featuring live puis finalement en tant que véritable co-vocaliste du projet même en studio.


La scène dark music, contrairement à bon nombre de scènes plus en vogue aujourd’hui dans la pop internationale ou le Rn’B, admet bien mieux le concept d’underground. Néanmoins, soyons honnêtes, il est quand même difficile d’émerger et surtout d’attirer l’attention du public metal et industriel lorsque l’on est un jeune projet ou un projet mené par un jeune artiste. Comment le vis-tu à travers tes propres expériences musicales ? Tu es tout de même très jeune, dans ta jeune vingtaine. Es-tu quand même pris au sérieux ? As-tu l’impression de rester dans l’ombre des grands artistes reconnus ?
C’est une chose à laquelle je pense énormément .. Je vais donc essayer de me limiter un peu et la faire courte ! (rires) Ce n’est pas que les gens n’aiment pas notre musique puisque nous arrivons à atteindre un public de plus en plus large chaque jour. Mais il est juste difficile d’aller au-delà de cette limite. Et il est entièrement vrai que tu peux vite être dans l’ombre de plus grands artistes. Par exemple, c’est le cas quand tu t’adresses aux plus grands webzines, salles de concert, festivals. Ils ne font preuve d’aucun intérêt pour les plus petits artistes tout simplement parce que le public général aiment les grandes têtes d’affiches. Les promoteurs et tourneurs veulent à peine dépenser quelques pièces sur des petits artistes. Et je peux dire que, personnellement, je suis déjà bien content quand je ne perds pas d’argent dans l’achat de billets de transport et hébergement lors des déplacements musicaux. Il ne s’agit en rien d’un environnement de rock star, Honnêtement, je n’en jamais rien attendu de tel. C’est difficile, oui, mais la seule chose à faire est de continuer d’essayer et de se consacrer à la musique en tant que telle. Finalement, la plus grande satisfaction est la joie de créer quelque chose, que tu atteignes une ou une centaine de personnes.

Être jeune a du bon et du mauvais. Parfois, les gens me prennent au sérieux parce qu’ils sont impressionnés par tout ce que j’ai déjà réalisé à un âge si peu avancé. Mais le monde la dark music est petit et tu ne peux pas t’attendre à obtenir tout ni jouer lors de chaque événement donc, ils finissent toujours par plutôt se diriger vers les artistes qui bénéficient de plus de « célébrité ». Mais je m’en fiche et je suis content de ce j’ai déjà. Et je suis bien content de voir que quelques petits artistes réussissent à faire de plus grands choses. Je dois dire que je suis, personnellement, parti de rien et que j’ai tout construit moi-même .. Je suis également reconnaissant envers les grandes amitiés qui se sont tissées au fil des années grace à certains shows.


En parlant de shows, as-tu déjà quelque chose de prévu pour les mois à venir ?
Malheureusement, non. Je ne sais pas pourquoi mais l’intérêt pour BENJAMIN’SPLAGUE a soudainement chuté et nous n’avons eu la possibilité que de jouer une seule fois sur scène cette année. J’espère que cela changera bientôt. D’où ma décision de me focaliser cette année sur NOIRE ANTIDOTE. Mais j’espère pouvoir me produire sur scène bien davantage avec BENJAMIN’SPLAGUE et ce bientôt. J’espère que 2018 sera une année plus active. Espérons en France également puisque nous n’y sommes jamais venus.


Tu as déjà travaillé avec plusieurs artistes, notamment en terme de remix. Avec quels artistes rêverais-tu de collaborer ?
Honnêtement ? Avec tout le monde. Il y a tellement de grands artistes avec qui collaborer. Mais si je devais en choisir certains, ce serait soit Elizabeth Bernholtz de GAZELLE TWIN soit Chris Corner d’IAMX. Deux musiciens fantastiques à mon humble opinion.


Parlons un peu de ton projet annexe, NOIRE ANTIDOTE. Qu’est-ce qui le distingue précisément de BENJAMIN’SPLAGUE ?
NOIRE ANTIDOTE est plus sombre et atmosphérique. Il tend davantage à la Witch House. J’ai également sciemment choisi de n’ajouter aucune base vocale dans NOIRE ANTIDOTE puisque la musique se suffit à elle-même. Sur scène, je me produits seul avec NOIRE ANTIDOTE, contrairement à BENJAMIN’SPLAGUE.


Les gens ne saisissent généralement pas l’intérêt, pour un artiste, de s’investir dans différents projets à la fois.
Je n’aime pas le fait de faire tout le temps la même chose en matière de musique. J’aime m’adonner à la conception de différents genres et expérimentations. De même que lorsque tu mets sur pied un projet, tu ne veux pas aller dans n’importe quelle direction. Et tu ne veux pas non plus être limité à un seul genre. En tout cas, c’est ainsi que je le ressens lorsque je travaille sur mes projets. C’est la principale raison pour laquelle je préfère travailler sur différents projets.


D’accord. Et quels sont tes plans à l’avenir à la fois pour BENJAMIN’SPLAGUE et ces projets annexes ?
Continuer de créer dans tous les sens possibles. J’ai d’ores et déjà de nouvelles musiques en route et qui devraient sortir plus vite que prévu. J’ai également un nouveau projet annexe sur lequel je travaille depuis quelques mois avec quelqu’un de très intéressant, qui devrait voir le jour également très bientôt.


Merci Benjamin ! Hâte de te revoir sur scène en tout cas et d’avoir, de nouveau, de tes nouvelles !
Merci pour cette interview et j’espère que les gens démontreront un plus grand intérêt encore pour BENJAMIN’SPLAGUE ! J’espère voir de nouvelles têtes lors de nos prochains concerts.


 


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