Chronique | Bruce Willis - If It Don't Kill You, It Just Makes You Stronger

Spoon 01 avril 2018

On connait tous BRUCE WILLIS en tant qu'acteur mais peu se seront arrêtés sur sa carrière de chanteur. Eh bien c'est l'occasion de se coucher moins con ! Les die-hard fans sont bien sûr déjà les heureux propriétaires de ses deux albums : The Return of Bruno et If It Don't Kill You, It Just Makes You Stronger ; d'autres moins chanceux se sont retrouvés embarqués dans un pari stupide… Le premier disque étant un enregistrement de reprises tirées du film éponyme, c'est sur le second chef d'œuvre que vous allez perdre cinq minutes à lire ces lignes.


Par où commencer ? Pleurer, non. Parce que ça transpire du speck quand même et ce dès le début. Pep Talk démarre crescendo sur une courte intro avant que ne se déchaînent les instruments dans un flot de brutalité sans précédent. Tout y est si puissant et si nerveux que même un headbanging ne saurait balayer toute cette énergie. Là où If It Don't Kill You se libère des limites que l'album semble s'être fixé, c'est surtout sur le final de Turn It Up (A Little Louder) très orienté grind et son appel inexorable de la fosse. L'effet est d'autant plus renforcé par l'ajout de sirènes pour un rendu encore plus violent, repoussant davantage les limites de la musicalité, sans pour autant sombrer dans une cacophonie inaudible.


Les parpaings volent dans tous les sens sous les moshpits et ce ne sont pas les riffs de bûcheron dévastateurs de Soul Shake, à faire pâlir une tronçonneuse, qui offrirons un peu de répit. Cette dernière finira par se disloquer sous la pression incessante des puissantes vibrations du solo principal déjà bien fragilisé par une vocalise digne des plus grands du heavy metal. Encore une fois, BRUCE WILLIS montre l'étendue de son talent au travers d'une large palette vocale, en allant au-delà du pig squeal, par la maîtrise du beep-beeping dans Barnyard Boogie que l'acteur a dû acquérir lors de son rôle dans Le Chacal. Après tout, c'est un coyote. Bref, c'est avec aisance que Herr Willis module son chant avec quelques variations tendant vers un guttural subtil mais maîtrisé, suffisamment éparses pour faire leur petit effet, qui se retrouve d'autant plus amplifié lorsque les chœurs viennent s'y additionner.


Quant à la mélodie et le rythme, on y a droit tout le long de Save the Last Dance for Me jusqu'à en faire trembler le dancefloor. Les fortes influences venant la scène Hardcore Italia sont flagrantes et le collectif Traxtorm Records ne saurait tarder à intégrer BRUCE WILLIS dans le prochain Dominator aux côtés de AMNESYS ou de ART OF FIGHTER. Le sophomore de l'incarnation de John McClane plonge même dans l'expérimentation avec le côté avant-gardiste du saxophone de Blues for Mr. D, brillamment exécuté aux côtés d'un clavier mélancolique. La petite surprise réside néanmoins dans la présence des célèbres poulets d'IGORRR, où ces derniers auraient fait leurs débuts sur Barnyard Boogie et développés tout leur talent actuel. S'ils ont pu percer dans la musique, c'est parce qu'un homme a cru en eux et a su leur donner une chance. Merci BRUCE WILLIS !


Rien que pour ça, on peut dire que la qualité de If It Don't Kill You est telle que le terme en devient obsolète pour décrire ce disque. Plus sérieusement, c'est un album qui tient la route et le principal est que BRUCE WILLIS se soit amusé dans la composition et ça s'entend rien que la tonalité de sa voix. Il a quand même une certaine qualité en tant que chanteur et se débrouille plutôt bien, il faut le dire.


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