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Interview : Chemical Sweet Kid

Pierre Sopor 20 mai 2017 Pierre Sopor

Au fil d'albums sortant avec une régularité infaillible, CHEMICAL SWEET KID s'est construit une identité sonore et visuelle, trouvant ses marques, continuant de muter. Le récent Addicted to Addiction (chronique) est leur travail le plus abouti à ce jour. Le fondateur et leader du groupe, Julien Kidam, revient pour nous sur sa dernière création et sa façon de travailler. 

Addicted to Addiction vient de sortir. Qu'est ce qui t'a inspiré pendant que tu écrivais les titres qui le composent ?
Comme pour les précédents albums, je m’inspire du vécu, d’expériences, de sentiments que je tente de retranscrire ou de questions auxquelles j’essaie de trouver des réponses ou tout du moins un sens.


Tes morceaux sont en général assez rageurs, d'où vient toute cette colère ?
Tout psychologue qui se respecte te répondrait que ça vient de l’enfance, et il y a probablement une part de vérité là-dedans. CHEMICAL SWEET KID est un peu mon défouloir et plus qu’une colère, je dirais que c’est une réponse à un sentiment d’incompréhension, parfois d’injustice.


La guitare est bien plus présente qu'avant, peux-tu nous parler de ce choix ? Est-ce une orientation que tu comptes garder pour l'avenir ?
La volonté d’ajouter de la guitare était déjà présente depuis le deuxième album, Broken Wings. Mais je me suis heurté à la difficulté de trouver un guitariste sérieux, prêt à s’investir. Il y avait d’ailleurs aussi de la guitare sur The Speed Of Time, enregistrée et jouée par une connaissance de longue date qui n’avait pas la possibilité de nous suivre en concert. Mais avec Nico, c’est différent. Il assure les concerts avec nous depuis The Speed Of Time et apporte beaucoup tant en live qu’en studio. Lorsque je lui ai demandé d’ajouter de la guitare sur les morceaux que j’avais composés pour Addicted To Addiction, il a su apporter sa touche personnelle tout en respectant l’esprit initial, et a vraiment réussi à sublimer les morceaux.



Vous aviez l'air bien en place sur scène tous les trois. Ça a été difficile de trouver cet équilibre, la bonne formule avec un nouveau membre ?
Nouveau, oui et non. On a rencontré Nico au retour de notre tournée mexicaine alors qu’on assurait la première partie de PUNISH YOURSELF en Belgique. Cela fait maintenant presque deux ans que Nico est avec nous sur scène, mais c’est en effet le premier album auquel il participe. Pour ce qui est de trouver un équilibre, ça s’est fait naturellement, au fil des dates.


Ton précédent album avait pour titre The Speed of Time, celui-ci s'appelle Addicted to Addiction… dans les deux cas, on peut rapprocher ces titres à ton rythme de travail : tu sors un album tous les deux ans. Comment fais-tu pour garder un tel rythme ?
Contrairement à certains qui centralisent la phase de composition sur une courte période précédant la sortie de l’album, je compose régulièrement au fil des semaines, ça ne me paraît donc pas si infernal ou intense comme rythme. L’avantage étant aussi que je travaille seul en studio, ce qui peut s’avérer être un gain de temps considérable. Je veux dire par là que je compose quand j’en ai envie, pas besoin d’être dépendant d’une ou plusieurs autres personnes pour mettre les choses en route.


N'as tu pas peur d'aller trop vite parfois ou de manquer de recul ?
Tu as certainement raison. Avec le recul, il y a certains choix que je ne referais probablement pas en ce qui concerne les précédents albums, notamment dans le choix des morceaux, le mastering ou même le chant.


J'ai eu l'impression que sur plusieurs morceaux, tu essayais de nouvelles choses, que ce soit les guitares, ou au niveau du chant. Avais-tu une envie consciente de tester et d'essayer des trucs différents, ou c'est venu naturellement ?
J’ai du mal à concevoir qu’un groupe sorte toujours la même recette. Pour moi, un groupe doit évoluer, tant musicalement que scéniquement et visuellement. J’avais envie de sortir d’une certaine zone de confort et tenter de nouvelles choses, en particulier concernant le chant, puisque, comme tu l’as compris, la guitare, c’est plutôt du domaine de Nico.


Est-ce qu'il y a des choses que tu aimerais essayer sur les futurs albums ?
Je suis encore en plein dans la promo d’Addicted To Addiction et je n’ai pas encore vraiment eu le temps de me pencher sur le sujet. Mais je trouverai bien quelque chose !


D'ailleurs, penses-tu déjà au successeur d’Addicted to Addiction ? Vu le rythme de CHEMICAL SWEET KID, tu dois bien avoir déjà quelques idées.
Du fait que je gère tous les aspects du groupe, dont le booking qui prend un temps considérable, et que nous avons quelques belles dates qui approchent, cela ne m’a pas encore laissé assez de temps d’y réfléchir sérieusement. Mais en toute honnêteté, je pense que le délai d’attente sera un peu plus long que par le passé.


Qu'as-tu de prévu pour CSK à court et moyen terme ?
J’espère tourner un nouveau clip dans les semaines à venir. Ça aurait d’ailleurs déjà dû être dans la boîte, mais on a du mal à faire coordonner nos agendas. On a quelques concerts à venir bien sûr, dont le Wave Gotik Treffen à Leipzig, Infest Festival en Angleterre et quelques dates en Allemagne avec GRAUSAME TÖCHTER et TYSKE LUDDER. Sans oublier ce week-end à Madrid.


Le look du groupe sur scène et les visuels d'au moins deux  de tes albums (Broken Wings et Addicted to Addiction) nous ont fait penser à l'univers de Tim Burton. Est-ce voulu ? Est-ce que c'est quelque chose que tu essayes de retranscrire dans ta musique, pourtant très dure et violente ?
Absolument pas. J’aime beaucoup Tim Burton, certes, mais je dois t’avouer avoir été le premier surpris de cette comparaison.


Quels sont tes objectifs pour l'avenir avec CSK ? Des choses que tu voudrais perfectionner, des choses que tu aimerais faire...
On a commencé à ajouter des vidéos lors de nos concerts et j’aimerais développer la partie scénique dans ce sens.


As-tu des choses que tu voudrais ajouter ?
Un grand merci à toi, à Verdammis et aux gens qui nous suivent ! Enjoy and be addicted !